Victoire française à Oswégo

Éclatante victoire française à Oswégo

Victoire à Oswégo : Un riche butin et plus de 1,600 prisonniers anglais.

L’obstacle le plus dangereux sur la route menant à la vallée de l’Ohio et du Mississipi vient de disparaître. Par un effort conjugué des troupes régulières, des miliciens et des sauvages, les trois forts anglais situés sur les bords du lac Ontario ne sont plus que ruines. Ainsi se réalise un vieux rêve du gouverneur Vaudreuil.

L’importance stratégique d’Oswégo méritait toute l’attention du nouveau chef des armées, M. le marquis de Montcalm. Dès son arrivée au pays, le gouverneur lui a fait part de son désir de voir disparaître les postes anglais qui, dans la région du lac Ontario, pouvaient exercer une grande influence sur les populations indiennes des Grands Lacs. De plus, un développement de ces postes aurait pu signifier la brisure entre l’Ohio et la colonie du Saint-Laurent.

Les fortifications anglaises dans cette zone du lac Ontario comprenaient trois forts.

*

Le FORT ONTARIO, à l’embouchure de la rivière Oswégo, était de construction assez récente. Il avait la forme d’une étoile. Le tour était en pieux de 18 pouces de diamètre, équarris sur deux côtés. Un fossé de 18 pieds de largeur par 8 de profondeur l’entourait.

Le FORT GEORGE ou nouveau Chouaguen n’avait de fort que le nom. Quant au FORT PEPPERELL ou vieux Chouaguen, c’était le plus important. « Il consistait en une maison à mâchicoulis, aux murs de trois pieds d’épaisseur, percés de meurtrières au rez-de-chaussée et au premier étage. Elle était entourée d’une muraille épaisse de trois pieds et haute de dix, crénelée et flanquée de deux grosses tours carrées. » (voir plan).

L’armée française arriva dans la région des opérations dans la nuit du 9 au 10 août. Elle se composait d’environ 3,300 hommes : soit 1,550 réguliers, un nombre à peu près égal de miliciens et 250 sauvages. Les miliciens et les sauvages, sous la direction de M. de Rigaud, le frère du gouverneur Vaudreuil devaient se rendre par eau, à une petite baie située à environ un mille et demi du fort Chouaguen. On eut quelques difficultés à effectuer le débarquement, mais ce fut une réussite.

*

Les Anglais n’ont appris que dans la soirée du 10 la marche française. Il était maintenant trop tard pour demander du secours. D’ailleurs leurs messagers tombèrent aux mains des Français. On commença, le 12, par l’attaque du fort Ontario. Le feu des canons français fut des plus nourris. Le 13, le chef des assiégés anglais, le lieutenant-colonel James Mercer, donna l’ordre de quitter le fort Ontario pour se retrancher dans le fort George.

Au cours de la nuit du 13 au 14 août, on dressa les derniers plans d’attaque, on transporta les canons aux endroits les plus propices. Malheureusement, un orage changea la terre en boue. Aux premières heures du jour, le 14, Rigaud et ses hommes traversèrent la rivière et vinrent prendre position derrière les forces anglaises. Au moment où Mercer allait déclencher une contre-attaque, un boulet le coupa en deux. Avant midi, le successeur du courageux officier anglais, se rendant compte de l’inutilité d’une plus longue défense, décida de se rendre. On procéda ensuite à la démolition des forts. Le butin saisi est très considérable.

Des récits contradictoires, attribuant la victoire soit aux réguliers soit aux miliciens et aux sauvages, ont cours dans la colonie. La rencontre de plusieurs témoins oculaires nous laisse croire que les efforts conjugués des divers groupes sont responsables du succès français.

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Voir aussi :

Victoire française à Oswégo

Laisser un commentaire