À la Chambre des Communes, M. E. Lefrançois recommande la traduction simultanée et des pensions aux invalides
Traduction simultanée. OTTAWA, 11 décembre 1952. Du correspondant du Canada. — Pourquoi, maintenant qu’on y dispose d’un système perfectionné d’amplification du son, n’aurait-on pas aux Communes la traduction simultanée des discours qu’on y prononce continuellement dans l’une ou l’autre de nos deux langues officielles ?
Tous les députés, quelle que soit leur langue, pourraient ainsi entendre les orateurs dans la langue qui leur est la plus familière, leur langue maternelle, et il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’une mesure comme celle-là conduirait à plus de compréhension entre tous les Canadiens.
C’est là ce qu ’a proposé ce soir en Chambre, où il participait au débat sur l’adresse. M. J.-Eugène Lefrançois, libéral de Montréal-Laurier.
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Je souhaite, a-t-il précisé en faisant cette heureuse suggestion, que le gouvernement, après avoir gratifié d’un aussi parfait système d’amplificateurs que celui dont nous bénéficions depuis le début de la session, veuille bien nous favoriser d’un système de traduction simultanée qui permettrait à chacun d écouler tous les discours dans sa propre langue, quelle que soit celle de l’orateur. Je suis convaincu que cette innovation assurerait une meilleure compréhension entre tous les membres de cette chambre”.
On sait qie la traduction simultanée, en honneur aux Nations Unies, y donne d’excellents résultats. Cette façon de procéder a aussi déjà été utilisée avec beaucoup de succès à Ottawa, dans la salle des chemins de fer du parlement pendant la conférence du conseil de l’alliance do l’Atlantique-nord, il y a un an ou deux.
L’assurance-santé
M. Lefrançois parlé assurance-santé. Il a trouvé assez extraordinaire que les conservateurs, qui par principe s’opposent toujours à toute mesure de sécurité sociale, veuillent se faire aujourd’hui les champions de ce projet.
« En réclamant sa réalisation, a-t-il dit, nos adversaires ne font qu’approuver d’avance une législation que le gouvernement libéral nous donnera lorsque le moment sera venu de le faire. »
Le député de Montréal-Laurier a aussi insisté sur la nécessité de préparer l’avènement de l’assurance-santé en agrandissant nos hôpitaux. Il ne servirait de rien de monter le malade dans une ambulance, a-t-il souligné, s’il n’y a pas à l’hôpital un lit pour le recevoir. Et le gouvernement fait preuve de sagesse en réalisant étape par étape son programme de santé plutôt qu’en mettant la charrue devant les boeufs.
Les invalides
M. Lefrançois s’est enfin inquiété des invalides. À son sens, ils sont dans une situation encore bien plus pitoyable que les malades. Cela par ce qu’ils doivent traîner leur inhimité toute leur vie. On fait un travail remarquable pour les réhabiliter mais une grande proportion d’entre eux n’est pas réhabilitable.
Pour ceux-là, comme la déjà proposé M. Lionel Bertrand, libéral de Terrebonne, pourquoi ne créerait-on pas, comme c’est di ja le cas pour les aveugles, un système de pensions.
« S’il est un cas où la charité ne peut suffire à la tâche, a dit M. Lefrançois, c’est bien celui-là. Je suis convaincu que la population entière approuverait avec enthousiasme l’adoption d ’un système d’allocation aux infirmes ».
Le député de Montréal Laurier aussi fait un bel éloge du premier ministre, le T. H. Louis Saint-Laurent, et il a déclaré que comme en 1949, les électeurs de son comté se préparent à lui renouveler par une majorité éclatante, leur confiance.
