Système routier en Nouvelle-France

Un système routier s’élabore en Nouvelle-France

Système routier : Le plus ancien règlement concernant nos voies publiques porte la date du 13 mai 1665. Le Conseil supérieur régla alors que toutes personnes, qui avaient ou qui auraient des clôtures à faire sur le bord du fleuve, devaient les mettre en sorte qu’il restât deux perches libres au-dessus des plus hautes marées pour la liberté tant du passage des charettes et des bestiaux que de la navigation.

Ce règlement, établi pour toutes les paroisses qui bordaient le fleuve Saint-Laurent, fixait donc sur la grève un chemin de deux perches de largeur, soit trente-deux pieds français, au-dessus des plus hautes marées. Voilà en quelque sorte le premier chemin du Roi de la colonie. Jusque là, les Canadiens avaient utilisé surtout les rivières, « ces grands chemins qui marchent » selon le mot de Pascal.

L’apparition du cheval provoqua, semble-t-il, un intérêt accru pour l’entretien de chemins carrossables, en remplacement des quelques sentiers grossièrement tracés.

À Québec, les habitants de la Côte Sainte-Geneviève et de la route Saint-Michel, dont Nicolas Gaudry, Jean Jobin, Pierre Maufé, Pierre Duval, Louis Sédillot, Noel Morin, Noel Pinguet, réclamèrent auprès du Conseil Souverain l’entretien d’une voie de dix-huit pieds de largeur, protégée d’un clos de perches ou autrement, pour prévenir les dégâts par le bétail. Cette demande fut agréée sur recommandation du sieur Damours, conseiller. Les colons se voient depuis forcés d’entretenir les routes dont ils font usage, c’est-à-dire, raser et arracher les souches, abattre les buttes et combler les trous et les ornières.

Amélioration du réseau fluvial : un canal à Lachine ?

L’importance des cours d’eau pour assurer les communications en Nouvelle-France n’est pas à démontrer. Il faut donc prendre au sérieux tous les projets, si étonnants soient-ils, qui sont susceptibles d’améliorer ce réseau intérieur. La vitalité du commerce en dépend largement, comme toute l’entreprise de colonisation.

C’est ainsi qu’il convient de considérer attentivement l’idée lancée récemment par l’abbé Fénelon Salignac de construire un canal pour franchir les rapides de LaChine; de même pour celle de Talon qui ambitionne de corriger quelques uns des obstacles naturels de la route de l’Outaouais.

“Entre les cataractes et le Montréal, il y a beaucoup de rapides et de chutes d’eau, écrit-il, qui interrompent la navigation de ces sauvages, au point qu’ils se sont quelquefois rebutez de descendre jusqu’à nous pour nous apporter leurs pelleteries. On peut à ce qu’on m’assure en beaucoup d’endroits corriger ce défaut de navigation et on me sollicite de le faire, m’assurant que les sauvages qui seront avantagés par ce travail, payeront volontiers quelque droit léger sur les pelleteries qu’ils transporteront. Je demande à Sa Majesté si elle trouvera bon qu’on fasse l’un et que pour soulager ses dépenses on profite de l’autre”.

Enfin pour permettre à la Nouvelle-France de communiquer plus facilement, et à l’année longue, avec l’extérieur, il importe que l’intendant donne suite à son intention d’établir des ports ouverts sur la mer.

À défaut de l’Hudson, il est urgent de se rabattre sur l’Acadie.

Voir aussi :

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Routes en Nouvelle-France
Carte des routes en Nouvelle-France.

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