Le surpeuplement au XVIe siècle

Un nouveau danger pour le Canada : le surpeuplement !

« L’augmentation constante de la population constitue un grave danger ».

La population du Canada atteint un point critique : 220,000 habitants !

STADACONNE (de nos envoyés spéciaux) — Un des chefs indiens les plus influents a dit la crainte qu’il éprouve devant la montée constante du chiffre de notre population. Le chef, qui nous a demandé de taire son nom, soutient que la population atteint déjà dans l’Est la cote critique. On ne saurait la voir dépasser sans un danger réel pour la vie de ceux qui occupent actuellement le territoire.

Le chef nous a expliqué que ce danger existe surtout en fonction des habitudes économiques de certaines peuplades. C’est le cas singulièrement des indiens des tribus nomades des boisés de l’Est et des indiens des plaines de l’Ouest. Les indiens nomades des boisés de l’Est vivent exclusivement des produits de leur pêche ou de leur chasse.

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Afin de subvenir à ses besoins essentiels, chaque tribu occupe un vaste territoire qu’elle parcourt continuellement, à la recherche du gibier. La propriété du territoire de chasse et de pêche est reconnue d’une façon tacite par toutes les autres tribus. Cette propriété est d’ailleurs un bien qui vient des ancêtres et personne n’ose en discuter la réalité.

de la vallée du Saint-Maurice, suffit à peine à nourrir ses quatre mille habitants. Quant au territoire des Ojibway qui s’étend au nord-ouest des Grands-Lacs, il est déjà surpeuplé avec ses vingt mille indiens. Souhaiter que la population augmente dans ces conditions c’est appeler la mort par la famine. Ceci peut être un sujet de difficultés. Si la population d’une nation augmente, elle risque de ne plus pouvoir s’alimenter. En effet les territoires actuellement disponibles sont tous occupés de sorte qu’aucune tribu, aucune nation ne peut agrandir le sien.

Comme nous lui demandions qu’elle était la population maximum qu’on pouvait théoriquement accepter sur un territoire, le chef nous répondit que cela est relatif et dépend de la richesse de la faune qui occupe ce territoire. Ainsi, selon lui, le territoire algonquin Le problème est le même pour les indiens des plaines de l’Ouest. Ces gens ne vivent que de la chasse au bison et si la population augmente, les troupeaux de bisons, si vastes qu’ils soient, ne pourront pas suffire.

Nos enquêteurs nous ont assuré que ce problème a fortement attiré leur attention. L’un d’entre eux nous a même affirmé qu’il ne faudrait pas qu’un facteur imprévisible vienne briser l’équilibre actuel des peuplades, car ce serait un désastre pour les nations dont nous venons de parler.

Le surpeuplement au XVIe siècle
Illustration : Voici une magnifique vue d’un village Cri (Algonquin) du nord des Grands-Lacs. Un timbre représentant ce village amérindien, peinture de Paul Kane. Timbre postal du Canada. Image libre de droit.

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Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

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