Siècle des tramway et traversiers

Tramways et traversiers à Montréal au XIXe siècle

En plus de ces grands moyens de transport pour le trafic continental et maritime qui passe par Montréal, il convient de mentionner le service de transport urbain.

C’est en 1861 que l’on établit une première ligne d’omnibus sur la rue Notre-Dame. Trois ans plus tard la (( City Passenger Railway )), au capital de $240,000., construisit dix milles de voie ferrée à traction animale; mais durant l’hiver, on était forcé de reprendre le service des omnibus.

La Compagnie des « P’tits Chars », comme on disait alors, fondée par des Canadiens et commanditée par le Séminaire, fut longtemps une entreprise conduite par les nôtres.

En 1892, la Compagnie inaugurait son système de tramways électriques, qu’elle n’a cessé depuis de perfectionner, au point d’en faire un des mieux organisés du continent.

Il y a quelques années, on a commencé un service parallèle d’autobus à essence, puis à traction électrique, mais sans voie ferrée, qui devra quelque jour remplacer le tramway, comme partout ailleurs.

Une autre institution, également fondée par des Canadiens, la Compagnie de Transport Provinciale, exploite plusieurs lignes extérieures d’autobus, réunissant toute l’Ile et même tout le district de Montréal à la métropole.

À rapprocher de tous ces réseaux modernes, les moyens de communication de fortune du siècle dernier.

Sous le régime français, on ne connut que l’antique diligence à deux ou parfois quatre chevaux. L’Ile de Montréal ne communiquait avec le continent que par le moyen de canots, de barques ou de chalands à rames où à voiles.

Tout autour de nie, sur différents points, des particuliers prenaient contrat des seigneurs pour avoir le droit de traverser piétons et attelages sur le St-Laurent et la rivière des Prairies. Sous le régime anglais, on devait s’adresser aux commissaires de la paix pour obtenir ce droit exclusif.

C’est autour de 1825 ou 1830, croyons-nous, que l’on commença d’utiliser les traversiers à traction animale, que l’on appelait » horse-boat » ce que l’on ne prit jamais la peine de traduire, pas plus d’ailleurs que l’antique « steam-boat » qui vînt après. Le premier disparut avec le siècle dernier, le second n’existe plus comme traversier.

Tout cela est devenu inutile depuis que douze grands ponts modernes et spacieux relient l’Ile de Montréal, dans toutes les directions au continent qui l’entoure.

(D’après Camille Bertrand, « Histoire de Montréal », volume 2, 1942).

Voir aussi :

Tramway
Tramway de Montréal, image de l’époque, photographie libre de droit.

Laisser un commentaire