Seigneuries en Nouvelle-France

Un inventaire des seigneuries de la colonie de la Nouvelle-France

M. Gédéon de Catalogne, sous-ingénieur de la Nouvelle-France à Montréal, a fait parvenir, le 7 novembre de 1712, au ministre des colonies françaises un intéressant mémoire sur les Seigneuries.

L’assistant de M. Levasseur de Néré a dressé une carte très détaillée des seigneuries des trois gouvernements, celui de Québec, celui des Trois-Rivières et celui de Montréal. Nous donnons ci-contre les plans des deux premiers gouvernements. Quant à celui de Montréal, il nous a été impossible de nous le procurer.

Arrivé au pays depuis trente ans, M. de Catalogne a déjà oeuvréd dans plusieurs domaines. Il a fait partie des expéditions de M. de la Barre, du Chevalier de Troyes, de M. Denonville. En 1695, il fut chargé de la reconstruction de l’Hôpital général de Montréal. Il s’engagea par contrat avec l’ancien curé de Montréal, M. Dollier de Casson, à creuser un canal à Lachine; mais la mort de ce dernier arrêta les travaux qui n’ont pas repris depuis.

*

Il est rumeur qu’au cours de la prochaine année on fasse appel à l’ingénieur-cartographe pour effectuer des travaux à la redoute du Cap-aux-Diamants.

Voici le texte de la lettre envoyée au Ministre par M. de Catalogne. Monseigneur, J’avais prétendu, en levant les plans des seigneuries et habitations de Québec, les Trois-Rivières et de Montréal en Canada, donner à Votre Grandeur une juste idée de Tordre de son établissement. Je me suis aperçu que, pour les rendre intelligibles, il en fallait détailler seigneurie par seigneurie, les productions naturelles et accidentelles, la qualité et propriété des terres, les noms et qualités des seigneurs, par quelle communauté les paroisses sont desservies, et à chacune ses propriétés.

Par ce moyen, si le copiste des derniers plans a été fidèle, Votre Grandeur connaîtra mieux le Canada que ceux qui l’ont fréquenté pendant plusieurs années.

J’avais eu dessein de marquer sur les plans les étendues des terres réduites à la culture par chaque habitation, mais il aurait fallu un temps très considérable. Outre que les déserts s’augmentent tous les jours. J’ose me flatter, Monseigneur, que Votre Grandeur sera satisfaite de mes explications et du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être Votre très humble, très obéissant et très soumis serviteur, Catalogne.

À Québec, le 7e novembre 1712.

Seigneuries de la Nouvelle-France : Ce que M. de Catalogne pense de la Nouvelle-France

— M. de Catalogne amené, à la suite de son enquête sur la situation de la colonie, à faire un certain nombre d’observations pouvant améliorer l’état de la Nouvelle-France. Voici, en vrac, quelques unes de ces remarques.  » Que par rapport à la grande étendue que l’on a donnée à l’établissement il n’y a pas le quart des ouvriers. Et qu’il faudrait pour bien étendre et cultiver les terres.  » Que les laboureurs ne se donnent pas assez de soin pour cultiver les terres. En fait, étant certains que la semence d’un minot de blé sur de la terre cultivée comme en France produira plus que deux autres comme on sème en Canada.

« Que, comme les saisons sont trop courtes et souvent très mauvaises. Alors, il serait à souhaiter que l’Eglise permette les travaux indispensables que les fêtes d’été obligent de chômer. Étant très vrai que depuis le mois de mai que les semences commencent jusqu’à la fin de septembre il n’y a pas donc quatre-vingt-dix jours de travail. Cela alors par rapport aux fêtes et au mauvais temps. C’est pourtant dans cet espace de temps que roule la solidité de l’établissement.  » Il faudrait assujettir les habitants à travailler à la culture des terres. Cela donc en les privant des voyages qui les dispensent de travailler. Et cela parce qu’un voyage de deux ou trois mois leur produit 30 ou 40 écus. En perdant la saison du travail à la terre, qui les fait demeurer en friche. « 

*

Assujettir les habitants à élever. Nourrir des bêtes à cornes au lieu du grand nombre de chevaux qui ruinent les pacages. Qui entraînent les habitants à de grosses dépenses. Tant pour leurs équipages qui sont fort chers que pour la grande quantité de fourrage et de grain. Il faut pendant sept ou huit mois de l’année. Très vrai que l’entretien d’un cheval coûte autant qu’à deux bœufs.  » Châtier sévèrement tous ceux qui seront con vaincus de fraude, mauvaise foi, et d’imposture. Il s’agit-là d’un mal qui commence à être bien enraciné et qui indubitablement le privera de tout commerce « .

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Carte du gouvernement des Trois-Rivières qui comprend en descendant le fleuve St. Laurent depuis la sortie du lac St. Pierre jusqu'à Ste. Anne. Levée en 1709 par les ordres de Monseigneur le comte de Ponchartrain commandeur des ordres du Roy ministre et secrétaire d'État par le St. Catalogne, lieutenant des troupes et dressée par Jean Baptiste.
Carte du gouvernement des Trois-Rivières qui comprend en descendant le fleuve St. Laurent depuis la sortie du lac St. Pierre jusqu’à Ste. Anne. Levée en 1709 par les ordres de Monseigneur le comte de Ponchartrain commandeur des ordres du Roy ministre et secrétaire d’État par le St. Catalogne, lieutenant des troupes et dressée par Jean Baptiste.

Laisser un commentaire

Exit mobile version