Histoire du Québec

Rivières du Nord-du-Québec

Quelques-unes des rivières du Nord du Québec

Le Québec et notamment le Grand Nord possèdent d’imposantes rivières, longues, fougueuses, puissantes.

Rivière du Vent d’Ouest

La rivière du Vent d’Ouest prend naissance immédiatement à l’ouest de la ligne des crêtes des monts Torngat, dans le Nord-du-Québec, à 40 km à l’ouest de la mer du Labrador. Elle serpente en direction sud-ouest à travers les monts Torngat sur quelque 30 km et aboutit dans la rivière Alluviaq ; elle atteint à environ 10 km au sud-est du fjord Alluviaq, conduisant directement, 35 kn vers l’ouest, à la baie d’Ungava. Cette appellation a été attribuée au cours d’eau en 1956 par des arpenteurs effectuant des relevés dans cette région. Ils désiraient ainsi signaler les nombreux vents d’ouest qui s’engouffraient dans la vallée profonde de la rivière, avec la force d’un ouragan, et qui nuissaient sérieusement à leurs travaux de terrain et au maintien du camp de base.

Rivière Tournemine

C’est dans la partie est de la municipalité de Baie-James, à 12 km à l’est du lac Albanel, que le lac Tournemnine se décharge dans la rivière Témiscamie par;la rivière Tournemine. Une grande presqu’île donne à ce lac une forme en U. À mi-parcours, soit environ à 8 km, la rivière Tournemine forme le lac Louis-Jolliet. À 4 km en amont de son embouchure, un passage particulièrement tortueux de son cours oblige les adeptes du canot à utiliser le portage Windigo sur 1,5 km. Ce toponyme accepté en 1945 évoque la mémoire de Marguerite de Tournemine, veuve de François Massuel et seconde épouse (1596) du marquis de La Roche de Mesgouez (1540?-1606). Ce dernier devint vice-roi de la Nouvelle-France en 1578 et lieutenant général des pays du Canada, de Terre-Neuve, de Labrador et de Norembégue en 1598, nom lui conférant, notamment, le monopole de la traite des fourrures. Variante : Rivière Tétépiskaw.

Rivière Wawagosic

D’une longueur d’au moins 120, cette rivière, qui coule du sud au nord à travers les marécages du nord de l’Abitibi, rejoint la rivière Turgeon juste avant que celle-ci ne se jette dans l’Harricana, tributaire de la baie James. Quant au lac Wawagosic, situé dans le sud-est du canton de Bacon, il se déverse dans la rivière de même nom par la rivière Tangente. Explorée en 1908, la rivière portait également le nom de Rivière Croche dans les rapports d’arpenteurs. Le nom algonquin pour décrire ce trait physique est wawagotig, rivière en zigzag. Wawagosic est plutôt employé par les Algonquins de Pikogan pour identifier le lac aux bords sablonneux avec plusieurs îles. Cette dernière signification s’applique fort bien à la rivière dont les bords argileux et sans roches ont été remarqués dès le début du XXe siècle.

Rivière Nutillilik

Ponctuée de plusieurs élargissements qui donnent lieu à des lacs homonymes, la rivière Nutillilik s’écoule en direction est-ouest pour se déverser dans la rivière George. Tout au long de son sinueux parcours d’une longueur de près de 20 km, les eaux dévalent une pente en gradin appelée Grand escalier de la Nutillilik. En inuktitut, Nutillilik, signifie là où il y a de l’omble de fontaine (Salvelinus) fontinalis), espèce de truite saumonée propre aux rivières du Québec nordique. Ce nom a été reconnu officiellement en 1983.

Rivière Sorehead

Coulant dans l’extrême nord du Québec, la rivière Sorehead effectue une course de 120 km avant de se déverser dans la baie Neakogut, échancrure de la baie d’Hudson, à 20 km au sud-est de la pointe Demers. En fait, elle est la plus importante des rivières qui se jettent dans la baie Neakogut, située au sud du village nordique d’Akulivik, et la superficie de son bassin-versant atteint 2 106 km2. Cette dénomination est inscrite sur une carte géologique de la côte est des baies d’Hudson et James tracée en 1903 et qui accompagne le rapport d’Albert Peter Low. Ce géologue-explorateur avait alors longé la côte à bord du Neptune. Il est possible que l’attribution du toponyme soit liée à l’une des définitions de l’expression anglaise sorehead, c’est-à-dire personne qui rouspète facilement, qui se met rapidement en colère. En effet, étant donné le tracé particulièrement tortueux et les nombreux rapides de la rivière Sorehead, on peut imaginer qu’elle ait suscité la colère, la mauvaise humeur aux voyageurs qui tenaient de s’y frayer un passage.

Rivière Romanet

Bordant la réserve de chasse et de pêche Intowin, dans la région administrative du Nord-du-Québec, le lac Romanet, d’une superficie de 88 km2, donne naissance à la rivière du même nom qui coule sur près de 50 km. La rivière Romanet traverse, en direction nord-ouest, une région au relief accidenté où des sommets atteignent près de 750 m. Elle se déverse à 175 km au sud de la baie d’Ungava, dans le lac Nachicapau. Son cours, particulièrement agité, redouble d’ardeur dans les cinq derniers kilomètres où se succèdent une trentaine de rapides. La désignation de ces deux entités hydrographiques honore la mémoire de Louis Romanet, l’un des fondateurs, au début du XXe siècle, du comptoir de la compagnie Revillon Frères à Fort-Chimo, village dénommé aujourd’hui Kuujjuaq. Pour leur part, les Nasapis identifiaient ce cou4rs d’eau sous la dénomination de Atikus Kakutapulasit, un jeune caribou s’est noyé.

Ruisseau Soupras

À quelque 15 km au sud de la rivière aux Mélèzes, dans le Nord-du-Québec, une série de petits lacs déversent leurs eaux dans la rivière Du Gué par le ruisseau Soupras.. Long d’envrion 20 km et coulant vers le sud, ce ruisseau trouve son embouchure à environ 300 km au sud-ouest de la baie d’Ungava. Le toponyme rend hommage à Eustache Soupras, marchand et patriote emprisonné à Montréal lors de la Rébelllion de 1837-1838.

Rivière Savalette

Affluent de la rivière à la Baleine, dans le Nord du Québec, la rivière Savalette s’y déverse à 5 kilomètres au sud-ouest du lac Champdoré, à environ 300 km au sud de la baie d’Ungava. Plusieurs grands plans d’eau grossissent ces eaux, tels les lacs McCabé, Elsie et Savalette, ainsi que d’autres de moindre importance, notamment les lacs La Freydière, Flotte et Balthazar. D’une longueur d’environ 75 kilomètres, cette rivière dont l’origine du nom est inconnue, prend sa source dans le lac Magrardet. De nombreuses îles et une multitude de rapides en perturbent le cours, particulièrement dans ses 25 derniers kilomètres. Officialisé en 1947, ce toponyme apparaît sur les cartes du Québec quelques années auparavant.

Rivière Sculpin

Le lac Au,wautimat Plyaw et ses tributaires donnent naissance à la rivière Sculpin, un petit cours d’eau d’environ 25 kilomètres de longueur, qui se déverse juste qu sud du village cri de Wemindji, au centre de la côte orientale de la baie James. Ce nom a été attribué à la rivière en raison de la présence dans ces eaux d’une espèce de poisson vertébré à grosse tête appelé sculpin, nom anglais de chabot. Il existe divers types de poisson de cette espèce au Québec dont, notamment, le chabot, le chabot tacheté et le chabot visqueux que l’on retrouve dans le secteur la baie James. L’appellation paraît sur une carte datée de 1903, qui accompagne le rapport que le géologue Albert Peter Low a rédigé à la suite de l’exploration, à bord du « Neptune », des côtes de la baie d’Hudson et de la baie James.

Rivière Pépeshquasati

La rivière Pépeshquasati prend sa source dans une zone d’altitude relativement élevée, à la limite ouest de la réserve faunique des Lacs-Alabanel-Mistassini-et-Waconichi. Elle draine de nombreux petits cours d’eau et rejoint la rivière Nelson avant de se déverser dans la partie nord du lac Mistassini. Le toponyme Pépeshquasti, aussi comme sous les variantes Papachouésati ou Papaskwasati signifierait arbre pelé, sans écorce, peuplier sans écorce ou encore tronc d’arbre cassé. Ce toponyme paraît sous la forme “Pechpaskouachiteats” sur la carte de 1732 du père Laure.

Rivière Chibougamau
Le lac du même nom représente la source principale de ce cours d’eau de plus de 200 km de longueur. Sortant de la partie sud du lac aux Dorés, dans le canton d’Obalski, la rivière Chibougamau forme par la suite le lac Merrill, puis arrose le canton de Scott au nord. Les lacs Ledden, David, Simon, Scotte, Gwillim. Chevrillon, Barlow, Opémisca et Michwacho sont autant de cuvettes dans lesquelles s’élargit la rivière. Son point d’arrivée se trouve dans la rivière Opawica. Extérieure au bassin hydrographique du lac Mistassini, la rivière Chibougamau ne semble pas avoir été utilisée par les premiers explorateurs et voyageurs se rendant à la baie James. C’estait de même sur son cours, au lac Chevrillon d’aujourd’hui, qui fut établi le Rush Lake Post, par la Compagnie de la Baie d’Hudson, en 1815. Une carte dressée l’année suivante par James Clouston de cette compagnie, mentionne la forme Capacomou River.

Rivière Rupert

La rivière Rupert compte parmi les plus grands cours d’eau du Québec avec ses 483 km qui séparent sa source principale, dans les lacs Mistassini, Albanel et leurs tributaires, de son embouchure à l’ouest dans la baie de Rupert. À la sortie du lac Mistassini, la rivière forme un bon nombre de grands lacs aux îles nombreuses, tel un véritable labyrinthe. Sise au sud-est de la baie James, la baie de Rupert, large de 16 km à son entrée et longue de 32 km dans les terres, constitue la plus grande échancrure de la côte dans laquelle se déversent, en plus de la Rupert, les rivières Nottaway, Broadback et Pontax. Cette désignation honore la mémoire de Robert de Bavière (1619-1682_, dit le prince Rupert, général et amiral, troisième enfant d’Élizabeth Stuart, sœur de Charles Ier d’Angleterre et de Frédéric V, Électeur palatin. Lorsque le 2 mai 1670 son cousin, le roi Charles II d’Angleterre, octroie aux Associés de la Compagnie de la Baie d’Hudson une charte royale, Rupert en devient le premier gouverneur, assisté de sept directeurs. Cette charte leur confère plein pouvoir sur un territoire s’étendant de la baie James à l’est jusqu’aux Rocheuses, à l’ouest. Les terres tributaires de la baie d’Hudson prennent alors le nom de Rupert. Ils y établissent des forts et des comptoirs commerciaux, notamment celui de Rupert House, à l’embouchure de la rivière Rupert où se trouve aujourd’hui le village cri de Waskaganish. La carte du père Pierre-Michel Laure de 1732-1733 indique R. Rupert tandis que le cartographie Nicolas Bellin inscrit R. Rupert ou R. Nemiscau dans un document de 1744.

Rivière Machisipi

Tributaire de la rivière Broadback qui se jette dans la baie de Rupert, la rivière Machisipi reçoit les eaux de plusieurs petits ruisseaux et traverse, sur tout son parcours, des zones marécageuses dont le marais Kamikaschekach. Elle coule vers le nord en une succession de rapides jusqu’à son confluent situé à 20 km au sud-est du village cri de Waskaganish. Ce cours d’eau, difficile d’accès et peu canotable, mérite bien son appellation d’origine crie qui signifie “mauvaise rivière”, de “matsh”, mauvais et “sipi”, rivière. Ce toponyme a été recueilli récemment.

Rivière Du Gué

Important tributaire de la rive droite de la rivière aux Mélèzes, dont l’embouchure se trouve à quelque 170 km au sud-ouest de Kuujuaq, cette rivière imposante est large de 200 à 400 m, parfois même jusqu’à 1 km et semée de bancs de sable en aval du point de confluence avec la rivière Delay. Plus en amont, le cours d’eau se resserre, s’encaisse et sa vitesse s’accélère dans cette section, la rivière prend l’aspect d’un chapelet de rapides et de rochers. La rivière tire son nom de Pierre Du gué (ou Dugué) de Boisbriand (1675-1736), qui prit part, en 1696, à l’expédition d’Iberville ayant pour mission de reprendre le fort York à la baie d’Hudson. La Commission de géographie du Québec a accepté le nom Rivière Du Gué en 1951. On le retrouve orthographié sous la forme Rivière Duguay sur la carte intitulée Québec feuillet nord publiée en 1914 par le ministère des Terres et Forêts. La version de 1935 de cette carte présente « Duguay R. » comme identification du cours d’eau. Sur la carte du district d’Ungava incluse dans le neuvième rapport de la Commission de géographie du Canada préparé par James White (1911), c’est le toponyme Kenogamistuk qui désigne la rivière. De son côté, le « Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec » (1914) présente la forme Rivière Kénogamistuk. Enfin, les Naskapis d’aujourd’hui désignent la rivière du Gué sous le nom de Kutiwanistikw, c’est-à-dire la rivière où l’on fait du feu.

Rivière De Troyes

Alimentée par plusieurs étendues d’eau situées au sud du lac à l’Eau Claire, la rivière De Troyes parcourt une distance d’environ 75 km en direction ouest, parallèlement à la rivière à l’Eau Claire, et se jette dans le lac Guilaume-Delisle, vaste nappe d’eau pénétrée par les eaux de la baie d’Hudson, dans le Nord-du-Québec. Plusieurs rapides importants ponctuent son cours. Désirant rendre hommage à un personnage historique de la Nouvelle-France qui s’est distingué par ses exploits dans cette région, les autorités toponymiques ont approuvé le nom De Troyes pour désigner ce cours d’eau. Dès 1914, la carte du feuillet nord de la province de Québec publiée par le ministre des Terres et Forêts indiquait R. de Troyes comme désignation de la rivière. Le capitaine Pierre de Troyes, dit chevalier de Troyes, arrivé à Québec à l’automne de 1685, commanda une expédition militaire destinée à s’emparer des postes de traite établis par la Compagnie de la Baie d’Hudson, au printemps 1686. Parmi ses officiers, on comptait trois frères Le Moyne. Après la capture de Moose Factory ou Saint-Louis, de Fort Rupert et de Fort Albany, il regagna Québec. L’année suivante, il participa à la grande offensive menée par le gouverneur Denonville contre les Iroquois qui incitaient les tribus des Grands Lacs à livrer leurs fourrures aux traiteurs anglais de la côte atlantique. De Troyes est décédé du scorbut et de malnutrition le 8 mai 1688, à Niagara. Son Journal et relation de voyage du Nord demeure un document important pour l’histoire, la géographie et la toponymie. Comme l’atteste un rapport du géologue Albert Peter Low, daté de 1898, cette rivière était primitivement désignée sous le nom amérindien de wiachuan. Ce nom cri veut dire « la chute brillante » allusion à la série de rapides marquant l’embouchure de la rivière.. On connaît aussi les graphies Wiyaschum et Wiyascun. Pour leur part, les Inuits appellent cette rivière Katattulialuk, qui veut dire, en parlant de la rivière, « celle qui a une grande chute ».

Rivière Domanchin

Prenant sa source à proximité du lac Le Bel, ce petit cours d’eau parcourt une distance de plus de 25 km en direction nord-ouest avant de se jeter dans la baie d’Hudson, 50 km au nord de l’embouchure de la Grande rivière de la Baleine. Le toponyme apparaît sur une carte géographique de 1951. Il honore la mémoire de maître Domanchin qui, dès 1651, a exercé les fonctions de substitut de notaire et de garde-noble en Acadie. Matawaw Sipis est le nom cri de ce cours d’eau, il signifie “le ruisseau de la jonction”. De leur côté les Inuits l’appellent Kingittualuarusiup Kangirsungata, de signification inconnue, ou encore Ikirasaaruup Kuunga, “la rivière de la petite passe”, faisant allusion au passage Mantounuk, le chenal situé entre les Mantounuk Islands et la côte de la baie d’Hudson.

Rivière Falcoz

Ce tributaire de la rive droite de la rivière George, dans le Nord-du-Québec, a son embouchure à la hauteur du lac Slanting, lequel lac constitue un élargissement de la George, en amont des collines Hadès, à quelque 240 km au sud-est de Kuujjuaq. Longue de plus de 150 km, la rivière Falcoz a sa source dans les hautes-terres du plateau de la George. Elle tient son nom, approuvé en 1963 par la Commission de géographie, de Mathieu Flacoz (1702-1763) et directeur spirituel des religieuses de l’Hôtel-Dieu de cette ville (1748-1763). Les Naskapis connaissent au moins deux noms pour la rivière : Uetatshikueutu Ushipissim, qui veut dire « petit ruisseau d’un homme », celui-ci étant surnommé Uetatshikuetu, c’est-à-dire « celui qui écorche les pattes de caribou pour en faire des sacs. » On connaît aussi le nom Pishemesseun dont la traduction serait « pour faire sécher le poisson ». De leur côté, les Montagnais l’appellation Uashekemu : la rivière où l’eau est claire.

Rivière Frémin

Appartenant au bassin hydrographique de la rivière aux Mélèzes, ce tributaire de la rivière Delay et sous-affluent de la rivière Du Gué parcourt 57 km entre le lac Frémin et son embouchure, située à quelque 240 km au sud-ouest de Kuujjuaq. Le lac mesure quant à lui 4,4 km sur 1,8 km. Le nom Frémin rappelle la mémoire de Jacques Frémin (1628-1691), jésuite, qui exerça son apostolat chez les Onontagués, les Goyogouins et les Agniers surtout, trois nations iroquoises qui occupaient des territoires aujourd’hui compris dans l’État de New York, au sud et au sud-est du lac Ontario : les premiers, près de la ville de Syracuse, les seconds, à l’est du lac Cayuga et les troisièmes, non loin de la ville d’Utica. Frémin s’est signalé par son courage et son bon sens. Le nombre d’autochtones qu’il a baptisés pourrait atteindre 10 000. La Commission de géographique de Québec a approuvé le nom de la rivière en 1963 et celui du lac en 1972, sous la forme Fremin, sans accent.

Rivièère Giard

La rivière Giard, anciennement appelée Rivière Menouaw, fait partie du vaste bassin hydrographique alimentant le réservoir Opinaca, situé dans la région de la Baie-James. Ce cours d’eau, d’environ 30 km de longueur, prend sa source dans le lac Kaupitatin et coule en direction ouest pour se déverser dans le lac Monouow, nappe d’eau maintenant inondée par les eaux du réservoir Opinaca. Pour les besoins gouvernementaux, la Commission de géographie a approuvé, en 1962, le nom de Giard, en l’honneur du docteur Louis Giard (1809-1887), qui fut secrétaire du Bureau d’éducation du Bas-Canada (1848-1836), organisme devenu le département de l’instruction publique en 1856 ; il y occupa aussi le poste de secrétaire jusqu’en 1882.

Rivière Gipouloux

Orienté ouest-nord-ouest, ce cours d’eau d’une trentaine de kilomètres de longueur serpente à travers un relief rocheux dont certains sommets le dominent d’environ 90 mètres. Il se jette dans le lac Ell, étalement du réservoir Opinaca qui a inondé les premiers kilomètres en aval de son embouchure. Cette rivière, qui coule à environ 170 km à l’est du village cri d’Eastmain, doit son nom à Amable Gipouloux, arpenteur qui résidait à Laprairie en 1798 lorsqu’il signa un procès-verbal d’arpentage avec Étienne Guy. Il est décédé en 1809, âgé d’environ 72 ans. Ce toponyme a été adopté en novembre 1962 par la Commission de géographie du Québec.

Rivière Gladel

La rivière Gladel, d’une longueur de 80 km environ, coule vers l’ouest, et, après avoir décrit une boucle vers le nord, revient vers le sud et débouche dans la baie d’Hudson, à 45 km au sud-est d’Inukjuak. Sur les trente premiers kilomètres de son parcours, à partir de sa source qui est à 108 m d’altitude, elle est davantage une succession de lacs qu’un cours d’eau bien défini et se distingue mal des innombrables plans d’eau qui l’environnent. Ce toponyme évoque la mémoire de Jacques-Joseph Gladel (1701-1749), né dans le diocèse de Clermont (France). Entré chez les Sulpiciens, il a été ordonné au Canada en 1725 et a exercé son ministère à Montréal, Sainte-Anne-de-Bellevue, Lachine et Pointe-Claire. Variante : Rivière Dusiurac ; Quillinaap Kuunga.

Rivière Gasnault

Ce tributaire droit de la rivière George, dans le Nord-du-Québec, dont l’embouchure se trouve à près de 150 km au sud-sud-est de Kangiqsualujjuuq, délimite le flanc sud-ouest des Pyramides, ces monts qui évoquent par leur forme les monuments qui servaient de tombeau aux pharaons d’Égypte. Approuvé en 1963, le toponyme Rivière Gasnault (1694-1749), prêtre sulpicien qui fut desservant, vicaire et curé de plusieurs paroisses de ce qu’on appelait alors le gouvernement de Montréal. Les Naskapis L’appelaient Mitschu Shipi, la rivière à l’aigle. Ce toponyme paraît désigner simultanément le cours d’eau dénommé officiellement Rivière Mitshu, tributaire de la rivière Gasnault, et le cours inférieur de cette dernière. Le nom naskapi évoque un aigle qui a inspiré jadis la peur aux populations locales et dont on a fini par incendier L’arbre où il logeait, sur les bords du lac Noeud Coulant (dans le cours de la rivière Mitschu), au lieu dit Mitshu Kaiskuashuant, c’est-à-dire, « endroit où un aigle a été brûlé ».

Rivière Griault

Cette rivière d’environ 100 km de longueur et reliant le lac Uchikuchasuw et le réservoir LG Deux est inondée sur 20 km en aval de son embouchure par les eaux de ce réservoir. D’orientation générale est ouest, elle irrigue un plateau rocheux s’élevant au moins jusqu’à 350 m et sa source se situe à 55 km au nord du barrage LG-Quatre. Le nom qui l’identifie officiellement depuis 1986 est celui de Jean-Baptiste Griault (1758-1814), prêtre ordonnée à Québec en 1783. Jusqu’à sa mort, il a exercé son ministère comme curé à Saint-Nicolas (1783-1786), à Yamachiche (1786-1788), à Laprairie (1788-1792) à Cap-SAint-Ignace (1792-1806) et à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (1806-1814) où il mourut. Variante : Washadimi.

Ours

Les ours. Photographie de Histoire-du-Québec.ca.