Histoire du Québec

Rivières de l'Abitibi-Témiscamingue

Rivières de l’Abitibi-Témiscamingue

Voici quelques plans d’eau de la région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue.

Rivière Coacoachou

Alimentée par les lacs Sale, Coacoachou et Tshipitnauman, la rivière Coacoachou coule suivant une orientation nord-sud sur une distance d’environ 12 kilomètres et se déverse dans la baie du même nom, échancrure du littoral du Saint-Laurent, situé à une centaine de kilomètres à l’est de Natashquan sur la Basse-Côte-Nord. Plutôt étroit, le lac Coacoachou s’étend sur une longueur de 15 km et se déverse dans le lac Salé, élargissement de la rivière Coacoachou. Quant à la baie du même nom elle constitue, sur cette partie de la côte, le seul havre offrant un mouillage aux navires de moyen tonnage, mais son approche est rendue difficile par des nombreux haut-fonds et rochers. Les Montagnais de la région ont primitivement identifié cette rivière, voie d’accès à leur terrain de chasse, du nom de Natistagoua, qui signifierait “la rivière du caribou”. Jolliet s’arrête en 1694 au “havre de Natistagoua”. Une carte française de 1784 atteste cette appellation. Pour sa part, Thomas Wright mentionne “Natistagoet Harbour” sur une carte de 1790. Le nom de Coacoachou a fait son apparition sur une carte de Bayfield de 1833 pour désigner la baie. Le terme montagnais koakoachu ou  oacoacho désigne le carcajou ou diable sauvage, mammifère carnassier très rusé appelé aussi glouton. Le carcajou occupe une place importante dans les récits légendaires et les contes québécois, amérindiens notamment.

Rivière Kinojévis

La rivière Kinojévis arrose une partie de l’Abitibi, notamment les environs de Rouyn-Noranda. Ce cours d’eau de 140 km de long a joué un rôle majeur dans l’histoire de la région. En quête de gibier, les Algonquins utilisaient traditionnellement la rivière Kinojévis pour circuler entre les bassins de l’Harricana, au nord, et celui de l’Outaouais au sud, dont elle fait partie. La rivière Kinojévis prend sa source dans les lacs Preissac, Chassignolle, Fontbonne et Cadillac ; son courant emporte d’abord ses eaux vers le nord pour former un demi-cercle et revenir ensuite vers le sud.

C’est en remontant l’Outaouais et la Kinojévis que les travailleurs forestiers, les prospecteurs et les agriculteurs ont commencé à arriver dans la région au cours des années 1920. La navigation commerciale et le flottage du bois ont été facilités par l’élargissement de la rivière en plusieurs lacs : Routhier, Vallet, Kinojévis. La carte de John Bignell de 1895 identifie cette rivière sous le nom algonquin Kinojeviskaskatik, terme qui a rapport au brochet. Cette appellation est encore en usage chez les autochtones de la région selon une enquête toponymique effectuée en 1976. D’autres prétendent que Kinojévis est une adaptation du terme algonquin « kinojewich », qui signifie « mauvais brochet », ce qui rappellerait le mauvais goût du brochet qu’on y pêche.

La normalisation subséquente de l’écriture a ajouté l’accent sur le « e » pour en faire Kinojévis comme l’atteste le « Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec » de 1914. Les formes Kewagama, Ke-Wa-Gama, Kinoje Oskatig et Kinojovis ont également été relevées. Sur la rive orientale du cours d’eau, dans les cantons de Joannès et de Rouyn, on retrouve la forêt d’enseignement et de recherche de la Kinojévis établie par le ministère des Forêts en mai 1993. C’est à la demande du cégep de l’Abitibi-Témiscamingue que cette forêt a été créée sur un territoire qui couvre 410 ha.

Voir aussi :

Jadis, les Amérindiens ont utilisé ces cours d'eau pour leurs voyages à travers le continent. Photo : Nina Boer.
Jadis, les Amérindiens ont utilisé ces cours d’eau pour leurs voyages à travers le continent. Photo : Nina Boer.