Le référendum en novembre 1979 ?

Le référendum sur la souvernaité-association – le 15 novembre 1979 ? (Texte paru dans La Presse, le 17 juillet 1978)

De l ’avis même du ministre des Affaires intergouvernementales, M. Claude Morin, la date du référendum sur la souveraineté-association n’est pas encore choisie. Ce qui n’empêche pas tous et chacun d’avoir sa petite idée sur ce sujet et d’émettre sa théorie sur l’avantage de choisir telle date par rapport à telle autre. Le leader du gouvernement à l ’Assemblée nationale, M. Claude Charron, vient, pour sa part, de commettre un lapsus fort significatif à ce sujet alors que, dans une entrevue qu’il accordait récemment à la revue.

Mainmise, il a lancé en plein milieu d’une envolée: «Ce qu’on va proposer aux Québécois le quinze nove… pas le quinze novembre???! tout un lapsus… je ne voudrais pas vous le dire tout de suite…»

Dans les milieux péquistes, plusieurs sont effectivement partisans de la tenue du référendum le 15 novembre 1979, exactement trois ans après a prise du pouvoir par le Parti québécois.

Cette date, explique-t-on, serait particulièrement attrayante en ce sens qu’elle permettrait aux dirigeants péquistes de profiter des effets psychologiques de la victoire du 15 novembre 1876 et de tracer toute une série de parallèles publicitaires ou autres entre cette victoire électorale et celle, désirée, du 15 novembre 1979.

Une outre hypothèse

Par contre, bon nombre de militants péquistes estiment que le référendum devrait se tenir au cours de la Semaine du patrimoine, c’est-à-dire dans les jours qui suivent la fête de la Saint-Jean. Le choix d’une date entre le 24 et le 30 juin aurait l’avantage pour le Parti québécois de faire coïncider le choix constitutionnel de la population avec le sentiment de nationalisme québécois qui se dégage inévitablement de ces festivités et de la publicité qui les entourent.

Comme on sait, le gouvernement a dépensé beaucoup d’énergie à préparer les fêtes de cette année, allant même jusqu’à inventer, sous le prétexte du 370èmranniversaire de la ville de Québec, la fête du retour aux sources pour amener à Québec des francophones d’un peu partout en Amérique du Nord. Selon un proche collaborateur du ministre Charron, les fêtes de l ’an prochain seront encore plus grandioses et il ne serait pas impossible qu’on imagine d’organiser au Québec une fête nationale de la francophonie, telle la Superfrancofête qui avait eu lieu dans la ville de Québec, en 1974. Comme on s’en doute bien, toutes ces fêtes permettraient au gouvernement de tenir son référendum dans une atmosphère de liesse et d’internationalisme, ce qui ne nuisait certainement pas à la thèse souverainiste.

Israël et le Québec

Non seulement le président du Canadian Jewish Congress, le rabbin W. Guntheut, dit-il comprendre le désir d’émancipation des Québécois, mais il va plus loin en affirmant qu’on pourrait comparer les sentiments qui animent les indépendantistes québécois à ceux que ressentaient les Juifs à la veille de la création de l’État d’Israël.

Dans un récent article du New York Times, on peut lire les propos suivants du rabbin Plaut: «Les partisans de René Lévesque puisent dans une passion profondément enracinée pour la culture et la tradition française, et pour eux la séparation et l’indépendance ont une dimension messianique, une dimension de salut. Donc, les Québécois ne s’arrêtent pas aux arguments économiques rationnels, pas plus que les Juifs de 1947 auraient pu être dissuadés de l’établissement de leur propre État parce que celui-ci n’aurait pas été économiquement rentable, ou encore trop difficile à défendre.»

Environnement et publicité

Au cours d’un Lac-à-l’Épaule, qu’il tenait, ces jours derniers,avec ses haut-fonctionnaires, le ministre délégué à l’Environnement, M. Marcel Léger, leur a annoncé qu’une importante campagne de publicité en faveur de la protection de l’environnement sera lancée au plus tard en janvier prochain. Les trois principaux thèmes de cette campagne seront : «L’environnement, un droit», «L’environnement, un bien collectif» et «L’environnement, chacun est responsable». La campagne se terminera en mai (mois de l’environnement) par l’adéquation «environnement égale qualité de vie».

Les prédictions de Maurice Bellemare

Le député unioniste de Johnson, Maurice Bellemare, est passé maître dans l’art de faire des prédictions. Au cours d’une récente entrevue qu’il accordait, à LA PRESSE, M. Bellemare a soutenu que le Parti québécois, déclenchera de nouvelles élections avant même la tenue de son référendum sur la souveraineté-association. Selon M. Bellemare, ces élections auront lieu sur le dos des syndicats après que le gouvernement aura laissé se détériorer ses relations avec les employés du secteur public.

Pierre-Paul Gagné.

référendum de 1995
Le référendum de 1995 se termine sur une quasi-égalité entre les deux camps. En fait, les votes annulés étaient même plus nombreux. Photo : histoire-du-quebec.ca.

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