Le recensement de 1921 au Québec (les Grandes mesures de 1920 – 1925)
Le recensement de 1921 démontre que la population urbaine est devenue plus importante que la population rurale. Alors qu’en 1911, les villes regroupaient 48,2% de la population totale de la province de Québec, 10 ans plus tard, on y retrouve 56% des 2 361 199 habitants. Non seulement on émigre vers les villes, mais l’importance du Québec au sein du Canada diminue. En effet, en 1871, la population du Québec représentait 32,3% de la population canadienne. En 1881, 31,42%. Ensuite, en 1901, 30,7%. Puis, en 1911, 27,83% et, en 1921, seulement 26,87%.
Les deux sexes sont une représentés de façon à peu près égale : en 1180028 hommes et 1181 171 femmes. De toutes les provinces canadiennes, le Québec est l’une de celles où l’écart, dans ce secteur, est le plus mince. Selon l’historien Terry Copp, « chez les salariéss, la famille moyenne comptait 4,4 personnes, dont 1,4 salarié. Le revenu familial des travailleurs rémunérés à l’heure dans le secteur manufacturier était en moyenne de 1484$ par année, soit 28,54$ par semaine ; dans la construction, il était de 1482$, soit 28,50$. Alors, dans les transports, de 1535, soit 2952$. Le revenu familial moyen était beaucoup plus près du budget minimum en 1921, qu’il ne l’avait jamais été auparavant.
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Le second semestre de l’année 1920 et l’année 1921 sont marqués par une courte période de crise économique. Le pourcentage de la main-d’œuvre syndiquée en état de chômage, en mai 1920, n’est que de 2,54. En décembre, il atteint 19.6%; en juin 1921, il monte à 20,7%, pour atteindre son sommet, en décembre, avec 26,8%. La chute est aussi rapide que la montée, puisque les statistiques de juin 1922 ramènent le taux de chômage à 5,4%. En décembre 1924, il fera un bond jusqu’à 22,4%.
Le long règne du gouvernement Taschereau commence donc sous le ciel plutôt sombre. Le nouveau premier ministre du Québec devine qui qu’il prend les rênes du pouvoir à un moment important. Il déclare, le 17 avril 1921, au congrès de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, association fondée en 1907 et qui regroupe les mouvements féminins canadiens-français catholiques : « Nous sommes actuellement à la croisée des chemins : le stat quoi ou la rupture du lien fédératif, l’annexion aux États-Unis ou l’indépendance. »
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Pour lui, une plus grande liberté d’action du Canada vis-à-vis de la Grande-Bretagne est devenue nécessaire, mais il ajoute :
Une profonde transformation du régime actuel est cependant susceptible de se produire, le jour où les provinces de l’Est trouveront que leurs jeunes sœurs de l’Ouest exigent plus que leur part. Je ne veux pas parler politique, mais la le grand problème du Canada n’est-il pas actuellement celui de sa politique ferroviaire? La mainmise de l’État sur un grand nombre de nos réseaux de chemins de fer a peut-être sauvé les provinces de l’Ouest de la banqueroute qui les menacait. Pourtant on a jeté sur le dos des vieilles provinces un fardeau qui menace de devenir trop lourd malgré toute la bonne volonté qu’elles peuvent avoir. Plusieurs ses demandent, non sans anxiété, si ce n’est pas là une première brèche et une forte brèche au pacte fédératif.
Pour en apprendre plus :
Extrait de Jacques Lacoursière. Histoire populaire du Québec. 1886 à 1960. Tome 4. Les Éditions du Septentrion. 1997.
