Puériculture amérindienne

Petit traité de puériculture amérindienne

La façon dont les Indiens élèvent leurs enfants est tout à fait différente de celle employée par les Européens. La première nourriture que nous donnons à un poupon, c’est du lait, et autant que possible le lait de la mère. Les Indiens de l’Acadie commencent d’abord par donner au nouveau-né de I huile de poisson ou de la graisse fondue de quelque animal. Ce n’est qu’ensuite que le bébé commence à téter.

On l’emmaillote dans des peaux de renards, de cygnes, d’oies ou d’outardes, et on lui met sur le derrière un paquet de mousse, pour l’empêcher de gâter de si beaux langes.

Puériculture amérindienne

Son berceau est une espèce de boîte plate sans dessus, dont la planche du fond a deux crochets au bout d’en bas et une petite de bois au bout d’en haut, qui traverse et déborde de trois à quatre doigts, pour y attacher une bande de peau en forme de bretelle, qui sert à la porter. L’enfant est dans cette machine bien garrotté, ayant seulement la tête libre. Sa mère le porte partout où elle va, et ils sont toujours dos à dos. Quand elle veut s’en décharger, elle ne le couche jamais, mais elle le plante debout contre tout ce qu’elle rencontre de commode pour cela, ou bien elle le pend à tout ce qui peut le porter.

À la naissance du bébé, si c’est un garçon, on fait festin; au contraire, si c’est une fille, on a du chagrin. Si quelque sauvage ou sauvagesse, faisant une course, entre dans la cabane, et voyant l’enfant nouveau né, le prend dans ses bras et le caresse, le père et la mère lui font un présent, pour reconnaître ses marques d’amitié.

À la première dent de l’enfant, on fait festin, et les dents des vieux solemnisent la fête. On y mâche beaucoup, et on se réjouit ainsi de voir que le petit se servira bientôt des siennes. Quand il marche seul, on festoie encore et l’on danse bien à cette fête.

Chez les Indiens, on peut considérer l’enfant comme le roi du foyer.

Puériculture amérindienne
Illustration : Crédit Samuel de Champlain, 1612. Source Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Tiré du récit « Les voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada faits par le Sr de Champlain ». Paris, Chez Pierre Le-Mur, 1632, p. 291.

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

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