La prise du Fort Frontenac : la revanche des troupes anglaises de Carillon. Sieur de Courville…
Malgré la facilité avec laquelle les Anglais la réussirent, on peut considérer la prise du fort Frontenac, en 1758, comme un coup de maître. C’est du moins ce que nous pouvons conclure des avis exprimées l’année suivante par des officiers anglais de la garnison de Québec.
C’est le lieutenant-colonel John Bradstreet qui eut, semble-t-il, l’idée de cette attaque contre le fort Frontenac. Tandis que les Français s’attendaient à un retour offensif de la puissante armée d’Abercromby sur Carillon, le général mettait 3,600 hommes à la disposition du lieutenant-colonel pour s’emparer des positions françaises du lac Ontario. L’armée anglaise avait perdu 600 hommes dans les portages. Pourtant, elle débarqua, le 25 août 1758, sur les rives du lac Ontario, à un mille du fort.
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Le mouvement de ce corps d’armée était inattendu par les Français. Tellement inattendu que Bradstreet trouva le fort presque démuni de garnison. Le commandant du fort, le sieur Pierre-Jacques Payan de Noyan, n’avait sous ses ordres que 110 hommes. Dont 30 seulement étaient des soldats réguliers.
Face aux 3,000 hommes de Bradstreet, Noyan n’avait vraiment qu’une solution : capituler. C’est ce qu’il fit le 27 au matin. Pour cet officier de carrière, à la fois soldat, poète, savant naturaliste et médecin amateur, capituler sans tirer un coup de feu fut la suprême humiliation. Malgré ses 63 ans et ses infirmités, M. de Noyan était en effet un officier hautement apprécié. En fait, il était capable d’actions militaires héroïques.
La capitulation de Frontenac mit entre les mains anglaises un butin d’une richesse inouie : 800,000 livres de fourrures et de marchandises de traite, 60 canons, 16 mortiers, 9 bateaux armés, une quantité inestimable de poudre et de vivres. Frontenac servait de plaque tournante aux mouvements des troupes françaises des Grands-Lacs et du Sud-Ouest. Ces pertes considérables affaiblirent énormément les défenses françaises de la frontière ouest.
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Le coup de Bradstreet, si facile qu’il devait être dans son dénouement, n’en constituait pas moins un apport précieux à la stratégie anglaise. Il privait les défenses françaises d’une forte proportion de leurs vivres et de leurs munitions, il libérait le lac Ontario de la flotte française et isolait totalement Niagara, principal poste de défense sur cette frontière.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
