Premiers partis au Bas-Canada

La formation des premiers partis politiques au Bas-Canada

Les députés de la Chambre d’assemblée se regroupent peu à peu en fonction des intérêts qu’ils défendent. Ils forment alors deux principaux partis, le British Party et le Parti canadien.

Le British Party

Le British party également appelé Tory Party ou parti des bureaucrates est principalement composé de conseillers et de députés britanniques. Il est soutenu par les marchands britanniques, mais aussi par quelques seigneurs et notables canadiens. Le British Party défendre les idées conservatrices, ainsi que des politiques d’assimilation de la population canadienne.

Le Parti canadien

Le débat sur la langue illustré par le peintre Charles Huot. Aujourd’hui, cette œuvre se trouve au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale à Québec.
De leur côté, les députés canadiens forment le Parti canadien soutenu par les seigneurs, la bourgeoisie professionnelle et la population canadienne-française. Ce parti défend des idées réformistes qui s’opposent souvent aux politiques des administrateurs britanniques.

Les partis politiques et les journaux

Le débat sur la langue illustré par le peintre Charles Huot. Aujourd’hui, cette œuvre se trouve au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale à Québec.
Les querelles entre le British Party et le Parti canadien amènent la création des journaux d’opinion. En 1805, des partisans du British Party fondent the Québec Mercury, un journal qui défend les positions des administrateurs et des marchands britanniques. En 1806, en guise de réponse aux opinions exprimées dans ce journal, le chef du Parti canadien, Pierre-Stanislas Bédard, fonde Le Canadien. Ce journal reflète les opinions de la bourgeoisie professionnelle canadienne-française et dénonce l’absence de réels pouvoirs accordés à la Chambre d’assemblée. La publication de ces deux journaux contribue à augmenter les tensions entre les Britanniques et les Canadiens, tant au Parlement qu’au sein de la population.

Les conflits entre le Parti canadien et le gouverneur Craig

Entre 1808 et 1810, les députés du Parti canadien multiplient leurs revendications à la Chambre d’assemblée. Par exemple, les députés refusent qu’un juge proche du gouverneur et qui un marchand d’origine juive siègent à l’Assemblée. Ils dénoncent également le fait que le gouverneur cède gratuitement des terres aux Britanniques et aux Loyalistes, mais pas aux Canadiens. Le parti réclame aussi que la Chambre d’assemblée puisse vérifier les dépenses du gouvernement.

Nommé gouverneur général en 1807, James Henry Craig congédie les fonctionnaires qui soutiennent les opinions du Parti canadien et dissout la Chambre d’assemblée à deux reprises, forçant ainsi la tenue d’élections. Craig espère que le British party fasse élire une majorité de députés, mais ces espoirs sont à chaque fois déçus. En 1810, le gouverneur durcit sa position. Il accuse deux députés du Parti canadien de trahison, les fait emprisonner et fait fermer le journal Le Canadien. Il déclenche ensuite de nouvelles élections, les troisièmes en deux ans. Une fois de plus, le Parti canadien remporte une majorité de sièges. Il s’agit de sa plus forte majorité depuis la création de la Chambre d’assemblée : 38 élus sur une possibilité de 50. Même les deux députés emprisonnés sont réélus.

En 1811, pour freiner l’influence du Parti canadien, Craig demande à Londres des réunir les deux Canadas en une seule colonie et d’abolir leurs chambres d’assemblée, mais sa demande est rejetée. Le Royaume-Uni ne veut pas aggraver les tensions dans la province, car un nouveau conflit se prépare contre les Américains. Pour conserver la fidélité des Canadiens en cas de conflit, Londres demande au gouverneur de libérer les deux députés emprisonnés et d’adopter une attitude plus souple envers la Chambre d’assemblée.

Notes

The Quebec Mercury et Le Canadien. Ce sont les deux journaux publient des articles d’opinion qui mettent en évidence l’opposition entre le British Party et le Parti canadien

Siéger : Détenir un poste ou une fonction dans une assemblée

Source du texte : Le Québec en deux temps. Par Virginie Krysztofiak, Paul Ste-Marie, Raymond Duchesne, Geneviève Goulet. Éditions Pearson, 1989.

Pour en apprendre plus :

partis politiques
Québec fantaisiste. Illustration : AI.

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