Histoire du Québec

Premiers Américains

Les premiers Américains

Bien que découvert depuis bon nombre d’années par les explorateurs, le Nouveau Monde demeurait une terre fantastique aux yeux de la plupart des Européens. C’est en 1585 qu’un artiste, le peintre anglais White, débarqua sur l’île Roanoke au large de la Caroline du Nord, avec mission de peindre d’une façon véridique les habitants, la faune et la flore du Nouveau Monde. Publiées par las suite, des reproductions de cette oeuvre suscitèrent un très vif intérêt, en permettant aux Européens de se faire pour la première fois une idée visuelle des habitants du Nouveau Monde. White fit en tout trois voyages en Amérique, le dernier en tant que gouverneur de la Colonie Perdue de l’^le de Roanoke. Méconnus pendant des siècles, ses tableaux sont considérés de nos jours comme de véritables œuvres d’art dans leur genre.

Ils ressuscitent les jours où Anglais et indigènes d’Amérique se trouvèrent face à face pour la première fois.

Les Indiens de l’Île Roanoke s’enfuirent à la vue des premiers navires anglais qui pénétraient au mouillage. Progressivement, les Anglais les amadouèrent en leur offrant de la verroterie et des poupées.

L’observation des moeurs de indigènes les surprit chaque jour d’avantage. Ces « sauvages » étaient doux et une certaine solidarité régissait leurs rapports.

Vivant de la pêche et de la chasse, ils résidaient dans de petits villages, dont le plus grand n’avait que trente feux.

Quoique la vie de chaque communauté fût harmonieuse, les tribus connaissaient des sautes d’humeur et tel village attaquait par surprise un groupe voisin. Pour parer à de telles éventualités, de nombreuses agglomérations étaient entourées de palissades de pieux effilés.

Ce village qui ne comptait que dix-huit huttes était défendu par une palissade percée d’une porte étroite. Les huttes recouvertes de nattes tressées amovibles pour permettre l’aération et l’éclairement de l’intérieur.

Ce village qui ne comptait que dix-huit huttes était défendu par une palissade percée d’une porte étroite. Les huttes recouvertes de nattes tressées amovibles pour permettre l’aération et l’éclairement de l’intérieur.

Des chants autour d’un feu de camp. Pour s’assurer la protection des dieux contre les périls de la vie quotidienne et rendre grâce à ces divinités, Indiens et Indiennes se groupaient pour chanter autour d’un feu de camp. Ils s’accompagnaient avec des crécelles, sorte de gourdes remplies de graines.

Des chants autour d’un feu de camp. Pour s’assurer la protection des dieux contre les périls de la vie quotidienne et rendre grâce à ces divinités, Indiens et Indiennes se groupaient pour chanter autour d’un feu de camp. Ils s’accompagnaient avec des crécelles, sorte de gourdes remplies de graines.

guerrier indien

Guerrier indien

Le peintre anglais White a pris pour sujets cette squaw et son enfant et ce guerrier indien. Bon observateur, White ne fut pas un grand peintre ; les Indiens ont plutôt l’air d’Anglais musclés, portant arc en flèche.

Le peintre anglais White a pris pour sujets cette squaw et son enfant et ce guerrier indien. Bon observateur, White ne fut pas un grand peintre ; les Indiens ont plutôt l’air d’Anglais musclés, portant arc en flèche.

Aquarelles par John White (1577-1590, British Museum, Londre(Lee Boltin). D’après L’Âge des Découvertes par John R. Hale et les Rédacteurs des Collections Time-Life, 1967.

Des armes effrayantes pour les Africains

Aux yeux de ces talentueux artistes de Benin, royaume du Niger, les Européens paraissaient impressionnants, mois par la couleur de leur peau que par leur armement. Ces bronzes et ces ivoires africains représentent, avec un grand luxe de détails, des arbalètes, des fusils à mèche, des sabres et des poignards, alors que les visages de ceux qui en sont armés (à droite) ne sont guère que des masques. La méticulosité de la représentation des armes s’explique peut-être. Chez les primitifs, la croyance veut qu’en dessinant un objet on parvienne à capter son pouvoir magique et les Africains du XVIe siècle désiraient ardemment, sans nul doute possible, exorciser le terrible pouvoir des armes à feu des Européens.

Quels que fussent les mobiles qui conduisirent à la production de telles gravures, il reste que les Portugais furent impressionnés par la maîtrise de ces artisans. Ils commencèrent par les former afin de leur permettre de produire et de décorer ces articles utilisés en Europe, tels que cuillers ou salières qui, expédiés au Portugal, furent très appréciés en tant que richesses des terres nouvellement découvertes.

D’après L’Âge des Découvertes par John R. Hale et les Rédacteurs des Collections Time-Life, 1967.

Soldats portugais portant une arquebuse, Bénin, Afrique occidentale, bronze, fin du XVIe siècle. British Museum. Londres (Werner Forman). Sur cette plaque de bronze de Benin, on distingue un soldat européen (à droite) tenant d’une main une arbalète minutieusement dessinée et de l’autre ses munitions.

Soldats portugais portant une arquebuse, Bénin, Afrique occidentale, bronze, fin du XVIe siècle. British Museum. Londres (Werner Forman). Sur cette plaque de bronze de Benin, on distingue un soldat européen (à droite) tenant d’une main une arbalète minutieusement dessinée et de l’autre ses munitions.

  Récipient africano-portugais fabriqué peut-être par des artisans africains résidant au Portugal (ivoire, fin du XVIe siècle, British Museum, Londres (Arnold Newman). Sur cet ivoire africain, décorant une salière cylindrique, un chevalier et son valet sont armés d’un sabre et d’une lance.

Récipient africano-portugais fabriqué peut-être par des artisans africains résidant au Portugal (ivoire, fin du XVIe siècle, British Museum, Londres (Arnold Newman). Sur cet ivoire africain, décorant une salière cylindrique, un chevalier et son valet sont armés d’un sabre et d’une lance.