Histoire du Québec

Piopolis

Municipalité de Piopolis

La municipalité de Piopolis fut constituée le 1er janvier 1880 sur une superficie de plus de 104 kilomètres carrés dans la région administrative de l’Estrie, sur la rive ouest du lac Mégantic, à environ 100 kilomètres de Sherbrooke. Piopolis regroupe environ 350 Piopolissoises et Piopolissois et fait partie de la municipalité municipale de comté du Granit.

La municipalité porte le nom du Pape Pie-IX et elle fut créée par des zouaves pontificaux canadiens de retour au pays après la guerre en Italie pour la défense des intérêts papaux. Au total, 14 zouaves se sont installés sur des terres données en cadeau par le gouvernement dans le cadre d’une politique de colonisation du milieu rural des Cantons de l’Est.

De ces 14 anciens combattants, une dizaine est restée, formant le noyau de la nouvelle municipalité de Marston-Sud, situé dans le Vieux-Village au coin du chemin actuel du Vieux-Village ou la route 263 et de la route des Pionniers.  En 1958, le village a été rebaptisé en souvenir de l’histoire de sa naissance. Néanmoins, la paroisse a toujours porté le nom de Saint-Zénon de Pioplis parce que Mgr Ignace Bourget, à l’instance duquel les zouaves canadiens ont été recrutés, leur a remis au moment de partir pour l’Italie, une médaille ou une relique de Saint-Zénon, un soldat romain, converti au christianisme.

Le premier téléphone a été installé à Piopolis en 1907 et les maisons de ce coin des Cantons de l’Est ont été pour la première fois éclairées par l’électricité en 1948 par la célèbre Shawinigan Water and Power Company.

L’économie de Piopolis se centre autour des différents secteurs de l’agriculture, tels que les cultures fourragères et céréalières, l’industrie laitière, l’élevage bovin et ovin, les produits maraîchers biologiques. L’exploitation forestière y est présente, ainsi que l’acériculture –  on y produit un excellent sirop d’érable. Il existe deux ou trois petites industries de production de meubles et de textiles.

Dernièrement, le tourisme se développe et les habitants du village affirment même que Piopolis est la capitale provinciale de la randonnée. En effet, le camping de Piopolis attire de nombreux vacanciers, tout comme sa plage et sa marina. La municipalité est liée au reste du pays par un réseau cyclable. C’est un centre de villégiature et on peut y louer des chalets, des kayaks, acheter des antiquités et des oeuvres d’artisanat dans ses boutiques (une d’entre elles vend de jolis cerfs-volants).

Historique de la municipalité de Piopolis

Sûrement l’un des noms municipaux les plus originaux du Québec, Piopolis a pour signification littérale “ville de Pie”, du latin “pius, pie” et du grec “polis” ville. Cette étymologie a pour support concret le fait que d’anciens zouaves pontificaux, défenseurs du pape Pie IX (1846-1878), lors de la troisième tentative de Garibaldi de prendre Rome en 1867, sont à l’origine de ce charmant petit endroit de l’Estrie.

Toutefois, on a beaucoup exagéré leur rôle véritable dans la fondation de la paroisse, car on en comptait sept en 1871 et deux qui cultivaient la terre en 1873. Or à cette date, on estime à 130 le nombre total de colons établis.

D’abord créée en 11880, comme municipalité du canton de Marston-Partie-Sud, nom qui évoque un village d’Angleterre, l’endroit n’allait prendre son nom actuel qu’en 1958, encore qu’un bureau de poste, ouvert en 1872 et une paroisse religieuse érigée la même année, Saint-Zénon-de-Piopolis, véhiculaient déjà cette appellation.

À leur départ pour Rome, monseigneur Bourget avait fait remettre à chaque zouave une relique de saint Zénon, alors réputé pour ses miracles. Ainsi doit s’expliquer le nom de la paroisse.

C’est sous l’égide de la Société générale de colonisation de Montréal, animée par l’abbé Edmond Moreau, que les zouaves déjà évoqués se sont installés à Piopolis. Rappelons qu’il s’agit d’un corps d’infanterie français fondé en 1831 en Algérie auquel Pie-IX a fait appel pour résister aux Garibaldiens désirant refaire l’unité de l’Italie. En 1868, 135 Canadiens français volontaires partent pour l’Italie et reviendront en 1871. Il faut toutefois signaler que quelques Écossais avaient déjà précédé les zouaves, occupant notamment la partie nord du canton et que la venue de ces militaires, fort importante sur le plan idéologique, mais assez faible numériquement, a été l’occasion d’affrontements alimentés par des divergences religieuses, linguistiques et un climat politique explosif.

On retrouve ce coquet endroit à 98 km à l’est de Sherbrooke, au sud de Lac-Mégantic, contigu à Frontenac. Le décor pipolissois a été planté au fond d’une baie minuscule, la baie de Piopolis. Il est niché sur le bord de la rive ouest du lac Mégantic, de la pointe sud de ce plan d’eau, jusqu’au-delà de la baie Victoria. Un hameau local conserve toujours quelques maisons, dont la constitution remonte à la fondation de la paroisse. Il a pour dénomination pertinente Vieux-Piopolis ou Vieux-Village.

Halte des Zouaves

Halte des Zouves. Source de la photographie : piopolis.ca.