Peuplement de la Nouvelle-France

Peuplement de la Nouvelle-France : Montréal devient la plus grosse agglomération

Voici le bilan du peuplement de la Nouvelle-France (de la vallée du Saint-Laurent) dans les trente ans de 1681 jusqu’à 1713.

Année – Québec – Trois-Rivières – Montréal – Total

1681 — — — 9,677
1685 1,205 227 (?) 724 10,725
1688 — — — 9,818
1692 1,570 343 801 11,065
1695 1,548 349 1,468 12,872
1698 1,988 358 1,185 13,815
1707 1,939 314 1,331 17,204
1713 1,945 312 2,529 (1712) 18,479.

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Ce qui frappe immédiatement, dans ce tableau, c’est le développement démographique de Montréal. Deux explications s’imposent : l’influence du péril iroquois qui cesse après 1698, la valeur stratégique de Montréal, appelée à devenir l’une des principales villes de la Nouvelle-France.

Trois-Rivières, poste plus ancien que Montréal et siège de l’un des trois gouvernements de la colonie, n’a guère prospéré depuis sa fondation. Notons que le Cap de la Madeleine, qui comptait 204 habitants en 1685, est en pleine décadence. En 1706, il faut joindre à sa population celle de Marsolet et de Linctotvpour atteindre 123.

Il ne fait pas de doute que la difficulté des communications représente le plus sérieux obstacle à la colonisation dans cette région. Pour se peupler, Trois-Rivières attend un chemin royal allant de Québec à Montréal.

La ville de Québec, bien que démographiquement supplantée par Montréal, n’en demeure pas moins la vraie capitale, tant par ses activités administratives que par ses institutions politiques, éducatives et religieuses. Les deux agglomérations voisines, Beauport et Beaupré, continuent de se développer normalement.

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Beaupré, en particulier, a doublé sa population depuis trente ans. La population totale des villes atteint 4,786, soit un pourcentage d’environ 25%. La proportion est beaucoup moindre dans les colonies anglaises où l’accroissement est extrêmement plus rapide. De 1680 à 1710, leur population est passée de 155,600 à 357,500.

Peuplement de la Nouvelle-France : Montréal : une des plus belles seigneuries

(Par Gédéon de Catalogne) — Le gouvernement de Montréal s’étend depuis le haut du Lac Saint-Pierre, en remontant au sud-ouest, jusqu’au Lac des Deux-Montagnes, où est la tête des habitations et où se termine l’île de Montréal, une des plus belles seigneuries du pays. L’île de Montréal appartient à MM. du Séminaire de Saint-Sulpice. Les premières habitations ont été concédées en 1653. Elle est divisée en six paroisses, savoir, Montréal, Lachine, Haut de l’Île, la pointe au Tremble, la Rivière des Prairies et la Mission du Sault-au-Récollet.

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La première est desservie par un des prêtres dudit Séminaire duquel dépendent les habitants le long du fleuve, depuis Verdun jusqu’à la Longue Pointe; en outre la moitié des Côtes St-Pierre et St-Paul, les Côtes de Notre-Dame des Neiges, de Liesse, des Vertus, St-Laurent, Ste-Catherine, St-Michel et la Visitation. La situation de la ville est fort agréable. Du côté du sud et du sud-ouest, est une très belle plaine qui se termine à la Rivière St-Pierre et Côte St-Paul, où les terres sont très fertiles en toutes sortes de grains et de légumes.

Derrière et autour de la montagne sont les côtes Ste-Catherine, Notre-Dame des Neiges, de Liesse et des Vertus, nouvellement établies.

Le commerce de cette place était autrefois très avantageux par le grand nombre de sauvages qui y descendaient des pays d’en haut, avec des canots chargés de pelleteries.

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Mais depuis que les congés que Sa Majesté avait accordés à la colonie ont été supprimés. Presque toutes ces nations vont porter leurs pelleteries aux établissements anglais. Soit à Orange ou à la Baie d’Hudson, où elles trouvent les marchandises de moitié meilleur marché qu’à Montréal. Cette suppression sert aussi de prétexte à un grand désordre, en ce qu’il y avait un grand nombre de voyageurs qui exploitaient ces congés, qui se trouvent sans occupation, ne pouvant se captiver à cultiver les terres, au contraire se débandant annuellement par troupes et à la dérobée pour porter des marchandises dans ces pays là où ils vivent en vagabonds et sans discipline.

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Voir aussi :

Voici le bilan du peuplement de la Nouvelle-France (de la vallée du Saint-Laurent) dans les trente ans Cathédrale Sainte-Anne
Ruines du passé. Photo de Histoire-du-Québec.ca.

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