Histoire du Québec

Ordres et communautés religieuses

Ordres et Communautés religieuses à Montréal au XIXe siècle

L’autorité épiscopale, en exercice depuis 120 ans, s’est entourée d’auxiliaires réguliers et séculiers de caractères variés. Les communautés à Montréal sont nombreuses, leurs œuvres diverses. Nous ne tenterons pas ici de faire l’histoire, même en résumé, de toutes les institutions de la ville. Il convient cependant de souligner d’un mot l’existence et les œuvres des principales.

Les admirateurs de Mgr Bourget mettent volontiers en tête de ses œuvres apostoliques l’établissement d’institutions religieuses de toutes sortes. C’est en effet durant son long épiscopat que les communautés d’hommes et de femmes se fondent ou s’établissent dans la métropole du Canada.

Les premiers arrivés sont les Frères des Écoles chrétiennes, dont il avait déjà été question cent ans auparavant. Appelés par les Messieurs de St-Sulpice pour ouvrir de petites écoles, ils commencèrent leur enseignement en 1837, sous les auspices du séminaire. Ils font aujourd’hui partie du personnel de la commission générale des écoles catholiques. En 1888, ils fondèrent leur Mont-Saint-Louis, où se donne un cours scientifique, préparant aux écoles spécialisées de l’Université. Ce fut longtemps la seule institution du genre. Son programme comporte ce que l’on est convenu d’appeler l’éducation primaire supérieure; mais la philosophie et la langue latine, portées au programme depuis quelques années, font du Mont-Saint-Louis une institution d’études secondaires modernes, comme il en existe en France, et que l’université de Paris sanctionne d’un diplôme de baccalauréat moderne, permettant, à l’égal du baccalauréat classique, l’entrée aux facultés de droit et de médecine.

Les Jésuites arrivèrent à leur tour en 1842. Œuvres sociales et de piété, missions paroissiales, enseignement classique avec deux collèges français, Sainte-Marie et Jean-de-Brébeuf, et un collège anglais, Loyola, se partagent leurs soins. En 1889, le ministère Mercier leur fit tenir $400 000. en compensation partielle pour la perte de leurs biens, confisqués par l’État en 1760. Le riche héritage de leur institut, accumulé au cours des siècles dans toutes les branches de l’intellectualité humaine, fait des Jésuites des éducateurs expérimentés et sûrs.

L’année précédente, la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée s’installait à St-Hilaire, puis à Montréal en 1848. Au contraire des Jésuites, dont notre ville est restée le centre d’œuvres multiples, les Oblats ont étendu par tout l’Ouest canadien, d’Ottawa à Vancouver leur champ d’action missionnaire et éducatrice.

Par la suite, Montréal recevait les Dominicains, les Rédemptoristes, les Franciscains, les Capucins, la Compagnie de Marie, les Pères du St-Sacrement, les Pères Blancs d’Afrique; le Séminaire des Missions étrangères est la seule fondation canadienne.

À ces ordres de prêtres vinrent se joindre autour de 1850, deux communautés mixtes, composées de pères et de frères; ce sont les Clercs de St-Viateur et la Congrégation de Ste-Croix, qui s’emploient à l’éducation de la jeunesse.

L’enseignement primaire étant confié aux religieux, plusieurs communautés de Frères furent appelées à prendre leur part de l’œuvre commune. Tour à tour nous arrivèrent les Frères du Sacré-Cœur, les Frères Maristes, les Frères de l’Instruction chrétienne, les Frères de St-Gabriel; enfin les Frères de la Charité et les Frères de St-Jean-de-Dieu qui s’occupent des œuvres d’hospitalisation.

Aucun de ces instituts religieux n’est de fondation canadienne. Ils viennent tous de France. Aujourd’hui l’élément français est disparu de presque partout, et l’on peut dire que ces communautés sont présentement canadiennes. Elles restent toutefois soumise à la direction générale étrangère.

Si nous passons maintenant aux communautés de femmes, nous constatons qu’elles sont plus nombreuses que les instituts d’hommes, et que plusieurs parmi les plus importantes et les plus prospères sont des fondations montréalaises.

Durant tout le régime français, aux Religieuses de l’Hôtel-Dieu arrivées de France, étaient venus s’ajouter deux établissements locaux, les Dames de la Congrégation, pour l’enseignement des filles et les Sœurs Grises de madame d’Youville, pour les œuvres de charité. Depuis 1843, une vingtaine de communautés nouvelles se sont fondées ou établies à Montréal.

La première, croyons-nous, est celle des Sœurs de la Providence, fondée par Mgr Bourget et madame Gamelin en 1843. Les grandes maisons de charité publique sont confiées par l’État à leurs soins: l’hôpital des incurables, l’hôpital des maladies mentales, maison de détention des femmes, et combien d’autres, moins pénibles, mais tout aussi charitables.

Cette même année, mademoiselle Eulalie Durocher, sous la direction des Oblats, commençait un nouvel institut d’enseignement sous le nom de Sœurs de Jésus-Marie.

Leur couvent d’Hochelaga fut longtemps célèbre. Elles ont aujourd’hui à Outremont un bel établissement d’études secondaires pour jeunes filles.

En 1848, l’évêque Bourget approuvait la fondation des Sœurs de la Miséricorde par madame Rosalie Jetté.

Leur principal établissement de la rue Dorchester hospitalise mères et enfants, dont les familles ne peuvent elles-mêmes prendre soin.

En 1850, la mère Marie-Anne, avec l’assentiment de l’Ordinaire, jetait les bases d’un troisième institut pour l’éducation des jeunes filles, connu sous le nom de Sœurs de Sainte-Anne. Comme les autres communautés enseignantes, elles dirigent quelques écoles primaires dans la
ville, mais leur grand couvent, le Mont-Ste-Anne, est situé dans la banlieue, à Lachine.

Le Sulpicien Antoine Mercier fondait à son tour en 1857 l’institut des Petites Filles de St-Joseph, dont l’établissement, attenant à la chapelle de Notre-Dame de Lourdes, s’occupe de lingerie sacrée et d’ornements d’église.

Enfin les Sœurs du Précieux-Sang sont aussi une fondation canadienne. Leur nom indique assez leur caractère d’institution contemplative.

Parmi les congrégations étrangères, chargées de l’enseignement ou d’œuvres charitables, mentionnons les Sœurs du Sacré-Cœur, au Saut-au-Récollet, ainsi qu’à Outremont; les Sœurs du Bon-Pasteur, pour le relèvement des jeunes filles, les Sœurs de Ste-Croix, dans l’éducation primaire, les Sœurs de la Sainte-Famille, pour le soin des presbytères de séculiers et réguliers, les Carmélites de Reims, les Filles de la Sagesse, les Sœurs de L’Espérance, les Petites Sœurs des Pauvres, les Sœurs de Marie-Réparatrice, les Sœurs Consolatrices du Divin Cœur.

Voir aussi:

Église Marie-Reine-du-Monde
Église Marie-Reine du Monde. Photo d’Histoire-du-Québec.ca