Ordre de Bon-Temps

La joie de vivre : L’Ordre de Bon-Temps fondé par Champlain

Paris, 1609. (De notre attaché à la Cour) — Ces jours derniers, nous avions le plaisir de rencontrer, à Fontainebleau, le sieur de Champlain. Nous en avons profité pour nous informer sur la fondation d’un Ordre d’un genre un peu spécial : l’Ordre de Bon Temps.

Il est vrai que, depuis deux ans, les activités de cette organisation semblent réduites au minimum. Fondé à Port-Royal, au début de l’hiver 1606, l’Ordre avait pour but de veiller à la bonne table de l’habitation. C’est vraisemblablement la première société gastronomique en Nouvelle-France.

Chaque soir, à la fin du banquet, l’on mettait au cou d’un des membres le collier de l’Ordre. C’était le signe qu’il devait être en charge de la préparation des mets pour le jour suivant. Ainsi chacun des membres devenait, à tous les quinze jours, l’Architriclin ou Maître d’hôtel.

D’après Lescarbot, les repas servis valaient avantageusement ceux des meilleures tables de la rue des Ours à Paris.
Pas une seule fois, au déjeuner, l’on manqua de saupiquets de chair ou de poissons. Le midi et le soir : un festin !

C’était à qui ferait préparer le plat le plus original. Et quel cérémonial ! Celui qui portait le collier, l’Architriclin, s’avançait solennellement, la serviette sur l’épaule, le bâton d’office à la main. Tous les membres de l’Ordre suivaient, chacun portant un plat. Le dessert était servi de la même façon, mais avec un peu moins de brio.

La viande fraîche abondait : canards, outardes, oies grises et blanches, perdrix, élans, ours, lapins, chats sauvages, castors. Souvent même de l’esturgeon. Le gigot d’élan et la soupe à la queue de castor étaient de beaucoup les mets les plus appréciés.

De nombreux sauvages assistaient à la cérémonie. Pour les récompenser, les membres de l’Ordre leur distribuaient gratuitement le pain.

Même si souvent le foie geignait, la santé rayonnait. Point de scorbut ! Voilà qui est remarquable !

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

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Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Un moment de la réunion des membres du "club" (de l'ordre) du Bon-Temps. Gravure de l'époque, source de l'image : Boréal Express.
Un moment de la réunion des membres du « club » (de l’ordre) du Bon-Temps. Gravure de l’époque, source de l’image : Boréal Express.

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