Histoire du Québec

L'historique des naufrages au Québec

Naufrages au Québec, leur histoire

Si on essaie de classer les naufrages survenus au Québec par leur importance ou encore par leur nombre de victimes, on aurait de la peine à déterminer le plus tragique ou le plus impressionnant.

Par exemple, de 1736 à 1898, uniquement dans les parages de l’Île d’Anticosti surnommée Le Cimetière du Golfe, près de 400 personnes se sont noyées et pas moins de 138 embarcations ont été perdues. Et il ne s’agit que des environs d’Anticosti.

Les naufrages restés dans l’histoire comme les plus impressionnants sont les suivants :

En 1711, l’armada de sir Howenden Walker, composée de quinze vaisseaux de guerre et soixante-neuf transporteurs, s’abîme au milieu de l’Île-aux-Œufs, à proximité de l’Île d’Orléans. Huit navires s’échouent sur les rochers, plongeant dans l’éternité jusqu’à mille hommes. Mais la destinée fatale de l’armada ne s’arrête pas là. Le reste de la flotte rebrousse chemin vers Boston, base de cette flotte. À l’entrée du port de Boston, la poudrière du vaisseau amiral de l’armada explose, et 400 marins sont tués.

Le 1er septembre 1729, un bâtiment de guerre français, L’Éléphant, fait naufrage près de l’île-aux-Grues. Ce navire amenait à Québec des personnages importants comme Mgr Pierre-Herman Dosquet, quatrième évêque de Québec, l’Intendant Gilles Hocquart et le lieutenant de vaisseau Louis-Philippe de Rigaud de Vaudreuil, fils aîné de l’ancien gouverneur de la Nouvelle-France. L’équipage et les passagers sont sauvés par miracle.

Le 14 novembre 1736, le navire français La Renommée, parti de Québec pour La Rochelle le 3 novembre 1736, s’échoue à la pointe méridionale de l’île d’Anticosti. Parmi les 60 marins et passagers, un petit nombre réussit à atteindre l’île d’Anticosti où ils passent l’hiver sans provisions, sans feu et sans vêtements chauds. Ils sont nombreux à mourir sur l’île et les quelques survivants de la Renommée ne reviendront à Québec que le 13 juin 1737.

Une autre tragédie a lieu au cours de l’automne 1755, quand la frégate française la Macrée heurte l’îlot de Gros-Mécatina, dans le bas du Golfe du Saint-Laurent, et fait naufrage. Près de cent marins perdent la vie, les autres sont recueillis par des pêcheurs qui transportent les rescapés vers Québec. Mais en arrivant à l’Île Saint-Barnabé, un des bateaux heurte un récif et coule immédiatement, entraînant des dizaines de marins au fond de l’eau.

On peut encore citer le naufrage du navire L’Auguste, survenu le 16 octobre 1761. L’un des rares survivants est le général de La Corne, un des héros de la guerre de Sept ans. Au total, sept personnes ont survécu à la catastrophe et 144 y trouvent la mort, dont les enfants et le frère du général.

Une autre tragédie aux dimensions similaires a eu lieu le 28 avril 1847. Cette année-là, le voilier Carrick est parti du port irlandais de Sligo avec des émigrants chassés par la famine. Le Carrick se trouve dans le golfe du Saint-Laurent, quand une violente tempête le pousse sur un récif tout près de Cap-des-Rosiers. Sur les 187 passagers, il n’y a que 48 survivants.

Mais le naufrage le plus célèbre est peut-être celui qui survient le 29 mai 1914 au large de Sainte–Luce. Ce jour-là, le paquebot anglais L’Empress of Ireland sombre dans les profondeurs du golfe du Saint-Laurent, causant la mort de mille personnes.

naufrages au Québec

Histoire des naufrages au Québec, littoral du Bas-St-Laurent. « Celui qui a fait un naufrage tremble devant des flots tranquilles. » (Ovide, poète latin). Photo : © Histoire-Du-Quebec.ca.

Municipalité de L’île d’Anticosti

Magnifique territoire couvert de forêts dont la superficie d’un peu plus de 8 000 km carrés représente une fois et demie celle de l’île du Prince-Édouard, l’île d’Anticosti s’étire dans l’estuaire du Saint-Laurent à la hauteur de Havre-Saint-Pierre et de Natashquan sur la Côte-Nord, à 600 km à l’est de Québec. Transformée en territoire municipal en 1902, à l’occasion de l’adoption d’une loi pour séparer l’île du comté de Saguenay, il n’existait aucun conseil élu, à l’origine, pour présider aux destinées des Anticostiens. Le nom du lieu apparaît tôt dans l’histoire, vers 1586, dans le Grand Insulaire d’André Thevet : « les sauvages nomment Naticousti », sur une carte de 1600 du Hollandais Heylyn (Anticostie) » et chez Champlain sir des cartes dressées en 1612 et 1613 (Anticosti et Anticostie). Pour sa part, Cartier avait, en 1535, nommé ce territoire Isle de l’Assomption, nom dont l’usage semble s’arrêter en 1656.

Il faut en outre retenir que, de 1534 à 1763, Anticosti faisait partie de la Nouvelle-France, avant d’être annexée deux fois à Terre-Neuve (1763-1774- et 1809-1825), pour revenir au Bas-Canada, puis être rattachée définitivement au Québec en 1867. La nature et le sens du toponyme Anticosti entretiendraient, selon toute vraisemblance, un rapport avec une langue amérindienne, étant donné que les formes Anticosti, Ntiskotek et variantes se succèdent sans doute l’adaptation du second. Or, les Montagnais, selon le père Char;es Arnaud (1826-1914), ont toujours identifié l’île sous le nom de Notiskuan, « lieu où l’on chasse l’ours », devenu aujourd’hui Natashquan, chez ceux de la Basse-Côte-Nord, avec le même sens. De manière paradoxale, et en dépit du fait que Baie aux Ours a figuré sur certaines cartes, il ne reste que peu d’ours sur l’île.

Dès la fin du XVIIe siècle, le territoire était habité et son premier seigneur a été Louis Jolliet (1680). En 1882, on procédait à l’érection canonique de la paroisse de Notre-Dame-de-l’Assomption, appellation invoquant le nom primitif de l’île, acquise en 1974 par le gouvernement du Québec après sa vente, en 1926, à l’Anticosti Corporation qui l’avait acquise de la famille d’Henri Menier, propriétaire depuis 1895. La présence, en abondance, du cerf de Virginie, de l’orignal, du capelan, du hareng, du saumon, de l’omble de fontaine, etc. permet de préserver ce paradis faunique. D’ailleurs, le surnom des gens de la municipalité, des Chevreuils, demeure éloquent à cet égard. Le nome même d’Anticosti évoque encore l’ombre de Louis-Olivier Gamache, le croque-mitaine moitié feu-follet, moitié loup-garous, mort en 1854, qui hante toujours les lieux selon certains. Les très nombreux naufrages signalés près de ses côtes ont valu à l’île le titre peu rassurant de Cimetière du Golfe.

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