Histoire du Québec

Musique, peinture et théâtre en France au XIXe siècle

La musique, la peinture et le théâtre en France au XIXe siècle

La musique française jusqu’en 1870

L’influence de Gluck se fait sentir au début du 19e siècle avant que ne s’affirment l’opéra romantique et le « poème symphonique. Initié par Berlioz.

L’héritage du XVIIIe siècle

Étienne Mehul (1763 – 1817) est marqué par l’ « Iphigénie en Tauride » de Gluck créé à Paris en 1779. Auteur du « Chant du Départ » (1794), il compose une vingtaine d’opéras et d’opéras-comiques dont « Joseph en Égypte » (1807. des ballets et des symphonies.

Luigi Cherubini (1760 – 1842), d’origineitalienne, et directeur du Conservatoire, est d’abord un continuateur de Gluck. Il annonce cependant l’orchestration de Berlioz, insistant en particulier sur le rôle des instruments à vent. Il introduit les dialogues parlés dans l’opéra (« Médée », 1797), et écrit de la musique religieuse.

François Boieldieu (1775 – 1834). Il est professeur de piano au conservatoire, Maître de chapelle du Tsar Alexandre 1er en 1804, avant de devenir le compositeur attiré de Louis XVIII. Son œuvre principale est « La Dame Blanche » (1823) qui fait de l’opéra comique un genre majeur.

L’opéra romantique

Esprit Auber (1782 – 1871) est surtout connu par son opéra « L Muette de Portici », composé en 1828. Celui-ci inaugure le genre du grand opéra romantique. De plus, son thème (la dénonciation du despotisme) aurait contribué à provoquer la révolte bruxelloise de 1830.

Giacomo Meyerbeer (1791 – 1864), d’origine allemande, connaît le succès à Paris, à partir de 1826. Ses opéras s’échappent du baroque pour devenir des « œuvres totales », reposant sur l’utilisation de toutes les potentialités orchestrales et sur des effets scéniques sophistiqués. Il rencontre un vif succès avec « Robert le Diable » (1831), « Les Huguenots » (1836), « Le Prophète » (1849), mais est vivement critiqué pour son manque de « profondeur » et ses effets « faciles » trop « spectaculaires ».

Jacques Halévy (1799 – 1862). Il est l’élève de Cherubini. Son œuvre majeure (« La Juive », 1835) annonce cependant une nouvelle expression vocale accompagnée d’une orchestration plus légère que l’on retrouvera chez Gounod et Bizet.

Hector Berlioz (1803 – 1869). Il est le premier grand compositeur français du XIXe siècle, malgré de nombreux échecs en France de son vivant.

La Symphonie fantastique (1830), le Requiem (1837), Benvenuto Cellini (1838), Roméo et Juliette (1839), La Damnation de Faust (1846), Les Troyens (1858 et 1865) qui rejoignent le romantisme littéraire, sont l’occasion d’un renouvellement de l’orchestration et constituent le point de départ du « poème symphonique », exaltant la tension dramatique. On lui doit également divers écrits sur la musique.

Jacques Offenbach (1819 – 1880). Maître de l’opéra-bouffe, il crée le théâtre des Bouffes-Parisiens, écrit une centaine d’opérettes, pièces légères, rythmées et humoristiques. Les plus célèbres sont « La Belle Hélène » (1864), « La Vie parisienne » (1866), « La Périchole » (1868), au lignes mélodiques d’une grande facilité

La musique en France après 1870

Si l’opéra continue à séduire le public, l’inspiration musicale se diversifie et laisse apparaître une musique intimiste.

La musique symphonique

Edouard Lalo (1823 – 1892) ne connaît le succès que tardivement avec sa Symphonie espagnole (1873).

Camille Saint-Saëns (1835 – 1921), virtuose du piano, compose des concerti pour cet instrument, des poèmes symphoniques (« La Danse Macabre »), et sa troisième « Symphonie avec orgue » (1886).

S’illustrent également César Franck (1822 – 1890) avec la « Symphonie en ré mineur » (1888), Vincent d’Indy (1851 – 1931) avec la « Symphonie cévenole » (1886), et Ernest Chausson (1855 – 1899); Léo Delibes (1836 – 1891) enrichit le répertoire de la danse avec Coppélia (1870) et Sylvia (1876).

L’opéra

Charles Gounod (1818 – 1893). Il compose plusieurs œuvres aux lignes mélodiques originales, « Faust » 91859), « Roméo et Juliette » (1867) et « Mireille » (1864), à partir d’un poème provençal de Mistral.

Georges Bizet (1838 – 1875). Il crée plusieurs opéras comiques (« Les Pêcheurs de perles », 1863), la musique de scène pour « L’Arlésienne » et son célèbre « Carmen » (1875). Jules Massenet (1842 – 1912). Il produit des œuvres sensibles : « Manon » (1884), « Werther » (1892), « Thaïs » (1894), « Sapho » (1897) et « Don Quichotte » (1910).

Léo Delibes avec « Lakmé » (1883), Lalo avec « Le Roi d’Ys » (1888), Saint-Saëns avec « Samson et Dalila » (1877) et Ambroise Thomas avec « Mignon » (1866) ajoutent de beaux fleurons au genre; mais Debussy avec « Pelléas et Melisande » (1902) et Gabriel Fauré avec « Pénélope » (1913) font réellement entrer l’opéra dans le XXe siècle.

Des modernes

Gabriel Fauré (1845 – 1924), auteur d’un célèbre Requiem (1888) compose de nombreuses mélodies pour piano et voix et se tourne surtout vers la musique de chambre, musique idéalisée, très ascétique.

Claude Debussy (1862 – 1918), dont on ne mesure qu’aujourd’hui la modernité, est le créateur d’une expression nouvelle utilisant pleinement la puissance évocatrice du piano (Estampes, 1903, Images 1905 – 1908). Mais il compose aussi pour l’orchestre comme en témoignent « Prélude à l’après-midi d’un faune » (1894), « Nocturnes » (1899), « La Mer » (1905), « Images » 91907 – 1912) et « Jeux » (1913).

Maurice Ravel (1875 – 1937), compose la plupart de ses œuvres avant 1914, bien que les plus célèbres (« La Valse », le « Boléro ») soient postérieures. Il écrit des pièces pour piano (« Gaspard de la nuit », 1908, « Miroirs » 1905) et pour orchestre (« Rhapsodie espagnole », 1908, ainsi que la symphonie chorégraphique « Daphnis et Chloé », 1912, pour les Ballets Russes).

En marge

Les opérettes d’Emmanuel Chabrier 91841 – 1894) (« L’Étoile », 1877), et d’André Messager (1853 – 1929) (« Vérponique », 1898), les mélodies d’Henri Duparc (1848 – 1933) (« L’Invitation au voyage, 1870), la musique dépouillée et originale d’Erik Satie (1866 – 1925) (« Les Gymnopédies », 1888)

Les spectacles en France après 1870

Vers la fin du XIXe siècle, le théâtre connaît des formes nouvelles, le cinéma grand public apparaît et le music-hall remplace le « café-concert ».

Un nouveau théâtre

Une expression théâtrale, dégagée de l’académisme classique voit le jour après 1880.

André Antoine (1858 – 1943) crée en 1887 le « théâtre libre », pour faire de cet art un « laboratoire » de recherche, en réaction contre le souci commercial des directeurs de théâtre, et l’ouvre au « naturalisme littéraire » : « L’Assommoir » d’Émile Zola est joué au théâtre Antoine en 1900. Parallèlement le théâtre d’Art de Paul Fort *1872 – 1960), fondé en 1890, réagit contre le réalisme des naturalistes en revenant à une expression purement poétique.

Georges Feydeau (1862 – 1921) écrit de nombreux vaudevilles, comédies et pièces en un acte où il fait preuve d’une grande maîtrise des effets comiques, et de la peinture caricaturale. On lui doit entre autres, « Un fil à la patte » (1894), « Le dindon » (1896), « La Dame de chez Maxime » 1899), « La Puce à l’oreille » (1907).

Tristan Bernard (1866 – 1947) fait preuve dans son théâtre d’un humour teinté d’ironie qui le rend vite populaire (« L’Anglais tel qu’on le parle », 1899, « Triple patte », 1905).

Alfred Jarry (1873 – 1907) est l’auteur du célèbre « Ubi roi » joué en 1896 au théâtre de l’Oeuvre, et suivi d’« Ubi enchaîné » (1900). Fondateur de la « pataphysique », il fait preuve d’un sens exceptionnel de la dérision.

Jacques Copeau (1879 – 1949) ouvre en 1913 le théâtre du Vieux Colombier, pour redonner à l’auteur dramatique toute sa place; on y jouera aussi bien Molière, Shakespeare que les pièces de Paul Claudel.

La reine du théâtre : Actrice aux qualités de diction et d’expression dramatique exceptionnelles, Rosine Bernard dite Sarah Bernhardt (1844 – 1923), joue à l’Odéon et à la Comédie-Française à partire de 1862 (« Phèdre », « Hernani », « Ruy Blas »); elle effectue ensuite de nombreuses tournées à l’étranger puis monte « Lorenzaccio », « La ville morte ». Après 1898, elle interprète au théâtre des Nations, « Hamlet », « L’Aiglon »…

Le cinéma

Après les expériences des Frères Lumière et de Georges Méliès, la production cinématographique se développe rapidement: Charles Pathé crée en 1900 une maison de production aux dimensions internationales, Léon Gaumont construit le studio des Buttes-Chaumont (1906) et la société concurrente Eclair voit le jour en 1907. La France compte ainsi 300 salles en 1910.

De ces premières années du cinéma grand public, on peut retenir les séries policières èa épisodes : « Nick Carter », 1909, de Victorin Jasset (1862 – 1913), « Fantomas », 1913, de Louis Feuillade (1873 – 1925).

Le music-hall

Le music-hall moderne prend la suite des « cafés – concerts » (qui offraient un spectacle aux consommateurs assis autour de tables) à partir de la fin du Second Empire : en 1869, les Folies-Bergère ouvrent leurs portes et Mistinguette et Maurice Chevalier y animent une revue dès 1911; Bobino se déplace rue de la Gaité en 1880; le Casino de Paris s’installe rue de Clichy en 1890, et L’Olympia se transforme en 1893.

La peinture en France jusqu’en 1860

Avec la Restauration s’amorce une diversification de l’inspiration picturale, qui se poursuit au début du Second Empire mais qui reste figurative jusque vers 1860.

Avec la fin de l’Empire s’effectue une rupture thématique brutale, comme en témoigne l’évolution des grands maîtres qui se sont illustrés sous Napoléon, bien que les références gréco-romaines subsistent. Le classicisme n’est toutefois définitivement délaissé qu’après 1870.

François Gérard (1770 – 1837), le peintre de « La Bataille d’Austerlitz », devient le portraitiste des souverains de la Restauration. Il produit également une « Isabey », synthèse significative de réalisme et de romantisme.

De même Théodore Géricault (1791 – 1824), abandonnant les thèmes militaires, réalise en 1820 son célèbre « Radeau de la Méduse » et donne une suite de tableaux à dominante macabre (« Têtes de suppliciés », portraits de fous).

 Carl Vernet se reconvertit également dans le portrait des grands et les scènes de chasse (« Portrait du duc d’Angoulième », « Chasse de Louis XVIII »). Son fils Horace Vernet (1789 – 1863) reste fidèle à la peinture des faits d’arme napoléoniens (« Iéna », « Wagram », « Le Grenadier de Waterloo ») et peint les nouvelles aventures militaires françaises en Algérie et en Crimée, mais réalise aussi un « Portrait de Charles X ».

Les nouveaux maîtres comme Igres ou Delacroix s’éloignent définitivement du genre guerrier mais aussi du portrait et de l’émotivité romantique.

Dominique Ingres (1780 – 1867). Élève de David, il débute sous l’Empire et compose dès lors de nombreux portraits. Si l’on trouve son œuvre l’évocation de la mythologie grecque (Oedipe et le Sphinx), il est également attiré par le thème religieux (« Jésus au milieu de docteurs ») et par la sensualité orientale (« Le Bain turc », « L’Odalisque à l’esclave »). Cela le rend finalement plus proche du romantisme de Delacroix (qu’il condamne pourtant) que du classicisme antique dont il se réclame.

Eugène Delacroix (1798 – 1863). Ami de Géricault, admirateur de Michel-Ange et de Velasquez, il s’oppose au classicisme défendu par Ingres, et ose une peinture engagée ( « Les massacres de Scio », dénonçant le massacre des Grecs, « La liberté guidant le peuple », à la gloire des insurgés de 1830). Mais l’on trouve aussi chez lui les mêmes thèmes que chez Ingres : l’Antiquité (« La Mort de Sardanapale »), la Bible (« La lutte de Jacob avec l’Ange »), l’Afrique (« Les Femmes d’Alger ») mais aussi le Moyen Âge (« La Bataille de Taillebourg »). Souvent discuté, Delacroix bénéficie pourtant de nombreuses commandes de l’État, et triomphe lors de l’exposition universelle de 1855.

Louis Boulanger (1806 – 1867). Il maintient le genre historique et l’inspiration de la Renaissance italienne, avec sa « Procession des députés en 1789 » ou « L’Assassinat de Louis d’Orléans par le Duc de Bourgogne ». Mais il est aussi le portraitiste des romantiques et des écrivains de son temps (Victor Hugo, Balzac, Alexandre Dumas)

La cathédrale du Sacré-Coeur à Paris. Photographie de Megan Jorgensen.

La cathédrale du Sacré-Coeur à Paris. Photographie de Megan Jorgensen.