Les mouvements de dévotion au XIXe siècle au Québec
La seconde moitie du 19e siècle se caractérise au Québec par un renouveau spirituel. Pour encadrer les fidèles dans leurs dévotions, le clergé se charge d’établir des confréries, associations pieuses et congrégations, nouvelles ou anciennes. Le mouvement global de ce groupement extrait révélateur de l’ampleur du phénomène. Ainsi, alors qu’entre 1850 et 1925 le nombre de paroisses au Québec double, celui des confréries et associations pieuses se multiplie par cinq.
Les confréries
L’étude des données recueillies dans les rapports annuels des curés et langues Inter des archives paroissiales nous permettent d’identifier l’origine du phénomène de concentration des associations pieuses dans les anciens paroisses seigneuriales.
Caractérisées par une population nombreuse, une élite de notables et un clergé omniprésent (curés, vicaires prêtres œuvrant dans les différentes institutions, communautés vouées à l’enseignement)c ces paroisses sont en contact régulier avec toutes les régions. Ainsi, par exemple, dès 1843, on érige à Saint-Roch-des-Aulnaies, Rivière-Ouelle, Saint Denis et Sainte-Anne dans la Côte du Sud l’archiconfrérie de Très-Saint-Coeurd de Marie, deux ans à peine après l’érection par Monseigneur Bourget de cette confrérie dans la cathédrale de Montréal.
Les dévotions
La présence et l’expansion de certaines dévotions peuvent s’expliquer par les buts poursuivis par le clergé et les communautés religieuses locales. C’est-à-dire, imiter les vertus des personnes sacrées (la Sainte Famille). Honorer, prier et imiter les vertus de la Vierge (la Sainte-Vierge, les Enfants de Marie). Promouvoir la gloire de Dieu, le salut des âmes et le culte du Sacré-Cœur (le Sacré-Cœur). Veiller à la propriété et à l’ornementation de l’église (le Très-Saint-Sacrement).
D’autres, par contre, telles la Propagation de la Foi, le Denier de Saint-Pierre, L’œuvre de la Sainte-enfance ou de la Colonisation visent surtout à soutenir financièrement les œuvres de l’Église. La dévotion à la bonne Sainte-Anne et sa popularité croissante dans le dernier quart du 19e siècle semblent, pour leur part, s’associer à l’importance grandissante de Sainte-Anne-de-Beaupré comme Lieu de pèlerinage.
Les pèlerinages
Les pèlerinages traduisent une autre forme de piété fort populaire chez les habitants à cette époque. Ils visent en premier lieu à rendre un culte à Sainte Anne. Ou encore à la Vierge pour s’en attirer la protection. Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré et la chapelle de Notre-Dame de Lourdes à Saint-Michel, inaugurée en 1879. Ces lieux constituent certainement les lieux de pèlerinage les plus fréquentés par la population québécoise.
On nolise même des « vapeurs » pour transporter les pèlerins. Après le procession, les prières, les messes accompagnées de chants religieux, la bénédiction de Saint-Sacrement, on passe à des activités plus profanes. Telles comme les pique-niques et les promenades le long du quai. C’est ce que Pierre Boglioni et Benoît Lacroix appellent le « supplément joyeux ». C’est-à-dire, une occasion de plaisir dont se plaignent particulièrement les autorités religieuses.
Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.
