Histoire du Québec

Montérégie

Région administrative de la Montérégie

Bien qu’elle ne couvre que 11 788 kilomètres carrés de superficie, cette région administrative, créée en 1985, autrefois partie de l’ancienne région de Montréal, est la seconde du Québec par l’importance de sa population qui atteint environ 1 million 500 mille habitants (en 1991, la région ne regroupait que 1 million 198 mille habitants).

Son nom tout comme celui des collines Monérégiennes, a été construit sur la forme latinisée de Mont Royal (mons regius), ce qui traduit la très forte attraction qu’exerce l’agglomération montréalaise sur l’ensemble de cette région qui s’étend sur la rive sud du Saint-Laurent depuis la Yamaska jusqu’à la frontière ontarienne, y compris le triangle que forme la MRC de Vaudreuil-Soulanges.

La limite méridionale est formée par la frontière entre le Québec et les États de New York et du Vermont tandis que, du côté oriental, la région comprend, du nord au sud, les MRC d’Action, de La Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi qui la séparent de l’Estrie.

Plusieurs municipalités et quartiers urbains voisins du fleuve appartiennent à la banlieue proche de Montréal: Boucherville, Longueuil, Saaint-Brunp-de-Montarville, Saint-Hubert, Brossard, Châteauguay principalement. D’autres villes, un peu plus éloignées, forment une sorte de couronne satellite : Sorel, Saint-Hyacinthe, Belœil, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, Cowansville, Salaberry-de-Valleyfield et Vaudreuil pour ne nommer que les principales.

L’ensemble est fortement industrialisé, et dans presque tous les secteurs : produits chimiques, aéronautiques, mécanique, agro-alimentaire, textiles, vêtements.

La qualité des sols et du climat a permis l’établissement d’une agriculture hautement spécialisée, réputée pour la production laitière, l’élevage, les légumes et les fruits, les vergers de pommes tout particulièrement.

Très riche sur le plan historique et patrimonial, la région montérégienne renferme notamment la vallée du Richelieu, lien entre le lac Champlain et le Saint-Laurent, route empruntée par les Amérindiens, les Français, les Anglais et les Américains au cours d’expéditions qui ont justifié l’établissement de fortifications dont plusieurs sites ont été heureusement préservés. Routes, chemins de fer et liaisons aériennes ont fait de cette région une zone de passage entre Montréal et le Nord-Est des États-Unis, vers New York principalement.

Ville de Mont Saint-Hilaire

À environ 15 km au nord-est de Chambly et à 56 au sud de Sorel, bornée par Belœil à l’ouest, s’étend au pied de l’élévation du même nom la ville de Mont Saint-Hilaire, l’un des joyaux d’une région parsemée de vergers. Doté d’un décor enchanteur baigné par le Richelieu qui coule à proximité, l’endroit demeure depuis plus de deux siècles le centre de production de la pomme au Québec, la colonisation remontant à 1799 avec l’établissement d’une mission, Saint-Hilaire, devenue paroisse en 1827. Une première municipalité de village, détachée de la municipalité de paroisse homonyme créée en 1855, et qui avait été précédé par la municipalité de Rouville en 1845, a vu le jour en 1912 sous le nom de Saint-Hilaire, modifié en celui de ville de Saint-Hilaire-sur-Richelieu en 1963, laquelle, par suite d’une fusion intervenue en 1966 avec Mont—Saint-Hilaire, créée en 1950, a contribué à former la ville actuelle. D’abord attribué à la plus importante des huit collines Montérégiennes, ce nom qui apparaît en 1825 témoigne également de la dévotion de monseigneur Jean-François Hubert (1739-1797), évêque de Québec de 1788 à 1797, à l’endroit de Saint-Hilaire de Poitiers (vers 315-ver 367), évêque de Poitiers vers 350, qui s’est particulièrement illustré par la lutte farouche contre l’hérésie arienne, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père. Les Hilairemontais soulignent avec fierté que leur ville, qui fait aujourd’hui partie de la banlieue éloignée de Montréal, a vu naître le célèbre peintre automatiste de renommée internationale Paul-Émile Borduas (1905-1960). Mont Saint-Hilaire est un centre agricole régional caractérisé par la pomiculture et l’exploitation des produits de l’érable.

Lieu-dit La Pièce-des-Guérets

Le lieu-dit de La Pièce-des-Guérets se situe à moins de 1 km au sud du centre de Rigaud, dans la MRC de Vaudreuil,-Soulanges, à l’extrémité ouest du lac des Deux Montagnes. Une légende serait à l’origine du toponyme. En effet, on raconte qu’autrefois u cultivateur aurait transgressé la règle de l’époque en labourant son champ un dimanche, jour du Seigneur consacré au repos où travail était défendu. La punition divine se traduisit par une récolte de pierres arrondies, remplaçant les pommes de terre semées à cet endroit. La variante appellative également relevée. Le Champ-du-Diable illustre éloquemment cette interprétation populaire. Dans ce contexte, le mot pièce évoque un champ, alors que celui de guéret représente la terre labourée et non ensemencée ou encore la jachère. Il est bien connu que les labours ramènent à la surface les innombrables cailloux émoussés que renferment les dépôts morainiques. La légende peut donc avoir quelque fondement de nature pédologique. On peut noter que le terme guéret est peu usité dans la langue québécoise. Variantes : Le Champ-de-Patates ; Le Champ-des-Guérets ; Le Champ-des-Roches.

Mont Le Pinacle

Avec une altitude d’au moins 700 m, ce mont domine une région comprise entre Frelighsburg et Abercorn, dans la partie sud-est de la Montérégie. Le spécifique anglais Pinnacle est apparu vers le milieu du XIXe siècle pour identifier cette entité orographique. Dans cette langue, le mot est couramment utilisé comme synonyme de sommet, colline ou montagne. La forme française a été adopté en 1970 en raison d’un usage passablement généralisé. Au pied du Pinacle, sur le versant nord, se trouve le lieu-dit de Pinacle-Nord. Cette ancienne agglomération anglophone, qui a porté le nom de North Pinnacle, est née vers 1860 et a été desservie entre 1866 et 1913 par un bureau de poste du même nom. Variante : Roundtop.

Rivière aux Pins

Petit affluent du fleuve Saint-Laurent, la rivière aux Pins serpente en direction nord, à partir du centre de Boucherville, près de Montréal, jusqu’à son embouchure, face au secteur sud des îles de Varennes, à l’endroit appelé La Frayère. Comme la rivière coulait initialement parmi de nombreuses pins roues et blancs, cette appellation descriptive lui a été attribuée dès la fin du XVIIe siècle. Le cours d’eau a aussi été désigné Rivière De Muy, du nom d’un fief concédé en 1695 et situé près de son embouchure.

Rivière Pot au Beurre

La rivière Pot au Beurre, entre hydrographique prenant sa source dans le village de Sainte-Victoire, en Montérégie, se déverse à environ 20 km au nord-est, dans la rivière Yamaska. À 5 km en amont de son embouchure dans la municipalité de Saint-Michel-d’Yamaska, à la hauteur de la pointe de l’Île Saint-Jean, elle reçoit les eaux de la Petite rivière Pot au Beurre. L’origine de ce toponyme est obscure, mais on peut émettre l’hypothèse que les gens avaient probablement l’habitude de conserver leur beurre au frais l’été, en le déposant dans les eaux de cette rivière, d’où son appellation. Joseph Bouchette inscrit Rivière Pot au Beurre dans sa « Description topographique de la province du Bas-Canada » (1815. Il existe au Québec une autre rivière Pot au Beurre. Elle coule à la limite des municipalités de Saint-Pierre et de Sainte-Famille de l’île d’Orléans. On trouve une attestation de ce toponyme orléanais dans la délimitation de la paroisse de Sainte-Famille de 1722. Variantes : Première rivière Pot au Beurre, Ruisseau du Dragage.

Mont Saint-Hilaire

Haut de 403 mètres et atteignant un diamètre d’au moins 4 kilomètres, le mont Saint-Hilaire,

où se loge le lac Hertel, se dresse dans la plaine de Montréal à 2 kilomètres seulement à l’est de la rivière Richelieu. Comme s’est la plus importante des collines Montérégiennes, il est vraisemblable que c’est cette élévation que Champlain a voulu identifier sur sa carte de 1612, où sont indiqués les mots « mont fort », précisément tout près du Richelieu et au nord-est du bassin de Chambly. La première attestation cartographique précise de cet élément géographique revient à Joseph Bouchette qui écrit « Rouville or mount Belœil » sur sa carte topographique de 1815, et c’est depuis ce temps que cette imposante saillie du relief est identifiée de façon ambiguë.

Dans ses « Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada depuis dix ans (1863), Stanislas Drapeau parle encore du mont Rouville où fut érigé, en 1841, par monseigneur Forbin Janson, le célèbre monument de la Tempérance. Le spécifique Saint-Hilaire fut employé lentement après 1825, année de la requête d’érection canonique de la paroisse de Saint-Hilaire d’où le nom est tiré, mais surtout après 1845, année où la paroisse de Saint-Hilaire-de-Rouville devenait une partie de la municipalité de Rouville.

Le même spécifique Saint-Hilaire était substitué officiellement à celui de Belœil ou Rouville en 1916, et le générique Mont remplaçait celui de Montagne en 1921, ce qui n’a pas empêché, toutefois, de retrouver Montagne de Saint-Hilaire sur la carte du comté de Rouville en 1940 ni Colline de Saint-Hilaire ou de Belœil, sous la plus des géologues Dresser et Denis en 1946. L’imprécision qui affecte l’usage de ce toponyme s’explique par la présence du mont dans les limites de la seigneurie avec celle de Belœil au nord-ouest, et, finalement, de l’attraction du nom de la paroisse de Saint-Hilaire qui finit par s’imposer pour désigner le mont.

Typique pour sa faune, sa flore et ses témoignages d’activités humaines, l’ensemble du mont Saint-Hilaire constitue, depuis 1978, une réserve de la biosphère de l’Unesco, dans le cadre de son programme « L’homme et la biosphère ».

Vue aérienne de la rivière Richelieu. Source de la photo : commons.wikimedia.org/wiki/File:Rivi%C3%A8re_Richelieu_-_vue_a%C3%A9rienne_20170808.jpg Auteur : Pymouss.
Vue aérienne de la rivière Richelieu. Source de la photo : commons.wikimedia.org/wiki/File:Rivi%C3%A8re_Richelieu_-_vue_a%C3%A9rienne_20170808.jpg Auteur : Pymouss.