Histoire du Québec

Matagami

Ville de Matagami

La ville de Matagami, connue comme la Porte de la Baie James, a été constituée en 1963 sur une vaste superficie de près de 65 kilomètres dans la région administrative du Nord-du-Québec. La ville regroupe environ 2 mille Matagamiennes et Matagamiens et c’est une véritable ville-nature avec ses dizaines de sentiers pédestres et de motoneige.

Matagami est un territoire multiculturel où cohabitent des Inuits, des Cris, des gens d’origine européenne et asiatique. C’est un endroit parfait pour découvrir la culture amérindienne.

Le territoire de la région est parsemé d’une multitude de lacs et de rivières, et de nombreux pêcheurs et chasseurs s’y rendent pour se livrer à leurs occupations favorites, tant en été qu’en hiver.

Ce territoire était occupé par les peuples autochtones depuis longtemps et, au XVIIe siècle, les Cris y faisaient la traite des fourrures avec des Européens dans les environs de la Baie James. Ils descendaient jusqu’en Abitibi et au Témiscamingue pour des échanges commerciaux (les Cris représentaient une grande partie des habitants de Matagami depuis la naissance de la ville, même si, depuis 1975, un mouvement de migration a eu lieu vers la communauté de Waswanipi). Des Iroquois venaient également régulièrement dans la région.

Le nom de Matagami a été emprunté à la langue crie et signifie «la rencontre des eaux» en raison de la présence du lac Matagami, point de rencontre des rivières Allard, Bell et Waswanipi.

Le géologue Robert Bell explore ces terres dès 1895, et vers 1912 on commence une première exploration dans l’espoir de trouver des diamants, mais sans succès. Au fil des ans, on tente de nouvelles recherches et finalement, les données recueillies par les équipes de prospecteurs permettent de déceler la présence de gisements d’argent, de cuivre, d’or, de zinc et d’autres minerais. En 1957, on découvre une demi-douzaine de gisements et les gens commencent à affluer dans la région.

En 1961, le village de Matagami est créé et deux ans plus tard, en 1963, la jeune localité est incorporée en ville. La rivière Bell, qui traverse la ville, porte le nom du docteur Robert Bell.

Dès 1917, une compagnie de pêche, la Nottaway Fish Compagny (qui deviendra la Quebec Fisheries Ltd. dans les années 1930), y opérait mais, jusqu’au début des années 1960, on était loin d’imaginer qu’une ville importante y verrait le jour.

En 1959, une route asphaltée est construite, reliant Amos et Matagami (avant, on n’y accédait que par hydravion). En 1960, trois mines ouvrent leurs portes à Matagami: Lac Mattagami, Orchan et New Hosco. Le principal actionnaire était l’entreprise Noranda, en partenariat avec d’autres sociétés. En 1979, Noranda Ltd. devient propriétaire exclusif des mines.

Outre le secteur des mines, on a développé à Matagami l’exploitation forestière représentée aujourd’hui par l’entreprise Produits forestiers Domtar inc.

Rappelons que dans les années 1960, le projet de construction d’une centrale hydroélectrique dans la Baie James a créé une importante controverse au Québec.

Aujourd’hui, on retrouve à Matagami la plupart des services offerts dans les grandes villes, tels qu’un centre de santé, un CLSC, un aréna, des garderies, un centre jeunesse, des résidences pour personnes âgées, des écoles, etc.

Le coût des immeubles y est moins élevé que dans la plupart des villes du Québec. Le revenu familial moyen est assez haut et se situe dans les premiers rangs de la province.

La distance entre Matagami et Montréal est d’environ 780 kilomètres, la distance entre Matagami et Québec est de 1022 kilomètres.

Parmi de nombreux attraits, remarquons l’Église œcuménique, construite en 1969 comme lieu de culte commun pour les catholiques, anglicans et luthériens.

Canton La Forest

À 45 km au nord-ouest de Matagami et à 160 km au nord d’Amos, ce canton renferme plusieurs cours d’eau et lacs appartenant au bassin supérieur de la Nottaway. Adopté en 1950, ce toponyme évoque le souvenir de Gabriel Testard de La Forest (1661-1697). Né à Ville-Marie (Montréal), ce jeune militaire participe à diverses expéditions visant à assurer la protection des postes de traite. Sous la direction de Pierre Le Moyne d’Iberville, il contribue, en 1694, à la capture du fort Bourbon (York Factory) alors occupé par les Anglais. Devenu commandant du fort, Testard de La Forest devra capituler au début de septembre 1696 après trois jours de canonnade par cinq vaisseaux anglais commandés par William Allen. Ce dernier, au mépris des termes de la capitulation, confisqua les fourrures et conduisit le commandant français et ses hommes en Angleterre. Testard de La Forest devait mourir à Londres l’année suivante.

Canton de Montviel

Désigné en 1950 par la Commission de géographie, ce canton, situé à quelque 70 km à l’est de Matagami, se trouve à l’est du lac au Goéland et au sud du lac Maicasagi. Il est arrosé par la rivière Nomans. Le toponyme évoque François-Xavier Vassal de Monviel ou Monviel (1759-1843). Né à Boucherville, Notviel fit d’abord carrière dans l’Armée active et prit part aux campagnes contre les Américains en 1776. Réformé en 1790, il se lança dans le commerce et occupa quelques fonctions administratives dans la région de Montréal, notamment celles de juge de paix et de commissaire à la construction des églises et des presbytères (1813-1828). Poursuivant sa carrière militaire dans la milice, il en fut adjutant général en 1811. Le canton de Vassal, en Abitibi, célèbre la mémoire de son père, François-Germain Vassal de Montviel ou Monviel. Proclamé en 1965.

Canton de Noyon

À quelques kilomètres au sud de Matagami, dans la région administrative du Nord-du-Québec, se trouve ce canton dont la désignation remonte à 1946. Les rivières Bell et des Indiens arrosent le sud-est du territoire, les autres secteurs du canton étant généralement marécageux. Le toponyme évoque Jacques de Noyon (1668-1745), coureur de bois, voyageur et sous-officier dans les troupes de la Marine. Dès 1688-1689, il passe l’hiver avec les Assiniboines du lac La Pluie, dont on considère qu’il est le découvreur. Ses voyage l’amènent dans l’Outaouais, dans la région des Grands Lacs et en Nouvelle-Angleterre mais ne semblent pas contribuer à son enrichissement puisque, pratiquement toute sa vie, il est criblé de dettes et en difficulté avec ses créanciers. En 1704, il épouse Abigail Stebbins, connue en Nouvelle-France sous le nom de Marguerite Stebens, à Deerfield (Massachusetts). Or, deux semaines plus tard, Noyon et sa femme sont faits prisonniers lors du fameux massacre de Deerfield, perpétré par un parti de Français et d’Abénaquis sous la conduite de Jean-Baptiste Hertel d Rouville. Le couple eut au moins treize enfants.

Lac Paradis

Le lac Paradis sur la route pour se rendre à Matagami. Photo par © Martine St-Laurent. Ce lac est profond de 18 mètres et sa superficie est de moins d’un quart de kilomètre carré. C’est un lac dont le fond est fait de serpentine (pierre à savon) c’est ce qui lui donne sa couleur verte. Des truites ont été introduites dans le lac et elles n’ont pas l’air d’être incommodées par la couleur de l’eau.