Guerres iroquoises : Le massacre du 3 juin 1660
Massacré du 3 juin 1660 : C’est l’abbé Gabriel Souart qui a transcrit cette page des registres de l’État civil de la paroisse Notre-Dame (Montréal).
Le bon père a reçu ces nouvelles par un Huron qui s’était sauvé d’entre les mains des Iroquois qui l’avaient pris prisonnier au combat qui s’était fait 8 jours auparavant contre les dits Iroquois qui étaient au nombre de huit cents et dix-sept Français de cette habitation et quatre Algonquins et environ quarante Hurons au pied du Long Sault, que treize de nos Français avaient été tués sur la place et quatre emmenés prisonniers lesquels depuis nous avons appris par 4 autres Hurons qui se sont sauvés avoir été cruellement brûlés par les Iroquois en leur pays.
Or les noms des Français morts étaient :
Adam Daulat, commandant, âgé de 25 ans. (Il s’agit en fait de Dollard d’Ormeaux).
Jacques Brassier, 25 ans.
Jean Tavernier, dit La Cochetière, armurier, 28 ans.
Nicolas Tiblemont, serrurier, 25 ans.
Laurent Hébert, dit La Rivière, 27 ans.
Aloniers de l’Estre, chaufournier, 31 ans.
Nicolas Josselin, 25 ans.
Robert Jurie, 24 ans.
Jacques Boisseau, 23 ans.
Louis Martin, 21 ans.
Christophe Augier, dit des Jardins, 26 ans.
Etienne Robin, dit des Forges, 27 ans.
Jean Valets, 27 ans.
René Doucin, 30 ans.
Jean Le Compte, 26 ans.
Simon Grenet, 25 ans.
François Crusson, dit Pilote, 24 ans.
Dollard a sauve la colonie
Tous les personnages importants de la Nouvelle-France ont affirmé que la courageuse résistance de Dollard et de ses compagnons a sauvé la Nouvelle-France.
Les Cinq Nations avaient, depuis quelque temps, élaboré un plan d’attaque massive contre les trois principaux postes français. La faiblesse de nos défenses, la pauvreté de nos armements, la famine qui sévit depuis plusieurs mois, le petit nombre de nos soldats, tout indiquait que la colonie ne pouvait résister à l’assaut des guerriers de l’Iroquoisie.
Déconcertés par l’extraordinaire résistance d’une poignée de Français, les chefs des Cinq Nations ont pris la décision de retourner chez-eux plutôt que de s’attaquer aux postes de Ville-Marie, des Trois-Rivières et Québec.
N’eût été l’héroïque défense de Dollard et de ses seize compagnons contre les deux cents Onnontagués et les cinq cents Agniers, cette armée fondait sur notre territoire et rasait tous les établissements érigés en bordure du fleuve.
Le TE DEUM que, à la demande du gouverneur et de l’évêque, on a chanté dans les églises de la colonie, voulait, aux yeux des autorités, rendre hommage à Dollard et à ses compagnons qui ont servi de rempart contre l’invasion destinée à détruire la Nouvelle-France.
Témoignages des personnages
- LE GOUVERNEUR, COMTE D’ARGENSON: « C’est l’ordre de Dieu qui a détourné cet orage destiné à détruire la colonie. Les dix-sept français de Montréal, les quatre Algonquins et les quarante Hurons sont en quelque sorte les victimes de Dieu.”
- MARIE DE L’INCARNATION: “Il est certain que, sans cette rencontre, nous étions perdus sans ressource.”
- UN PERE JESUITE: “Tout était perdu s’ils n’eussent péri… et leur malheur a sauvé ce pays ou du moins a conjuré l’orage qui venait y fondre, puisqu’ils en ont arrêté les premiers efforts et détourné tout à fait le cours.”
- PIERRE ESPRIT RADISSON: “Notre descente du Long-Sault à Montréal, dernière étape de notre voyage de retour, s’est accomplie sans aucune difficulté, car tous les ennemis étaient partis chez-eux impressionnés par la lutte qu’ils avaient eue à soutenir contre Dollard et par les pertes qu’ils avaient subies dans ce combat”.
Pour en apprendre plus :
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.