Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys et son œuvre

Marguerite Bourgeoys était venue à Montréal pour y faire l’école. C’était une pieuse fille de Troyes, en Champagne, que M. de Maisonneuve avait amenée avec lui en 1653. Bien que l’île de Montréal eût été donnée aux Associés pour la conversion des sauvages et l’instruction des Français, ces deux œuvres n’avaient pu jusqu’alors être entreprises. Les sauvages, on l’a vu, venaient à Ville-Marie en maraudeurs plutôt qu’en néophytes. Quant à l’éducation des blancs, bien d’autres préoccupations en retardèrent l’organisation, même la plus rudimentaire. Mademoiselle Bourgeoys fut la première à réaliser sur ce point les desseins des fondateurs de Montréal

(Quatre ans après mon arrivée, écrit-elle, M. de Maisonneuve voulut me donner une étable de pierre pour en faire une maison et y loger les personnes qui feraient l’école. Cette étable avait servi de colombier et de loge pour les bêtes à cornes. Il y avait un grenier au-dessus, où il fallait monter par une échelle par dehors pour y coucher. Je la fis nettoyer, j’y fis faire une cheminée, et tout ce qui était nécessaire pour loger les enfants. J’y entrai le jour de Sainte-Catherine-de-Sienne. Ma sœur Picaut demeurait alors avec moi; et là, je tâchai de recorder le peu de filles et de garçons capables d’apprendre.) (Abbé Faillon: « Histoire de la Colonie française» vol. Il, p. 285.)

La première école de Montréal était fondée par Marguerite Bourgeoys, le 30 avril 1658.

Lors d’un voyage en France, Marguerite Bourgeoys ramena avec elle trois compagnes pour son œuvre d’enseignement primaire. Edmée Chastel, Catherine Crolo et Marie Raisin arrivèrent à Ville-Marie à l’automne de 1659. Elles formèrent avec la fondatrice la première communauté canadienne: la Congrégation de Notre-Dame.

Dans le même temps qu’elle établissait l’œuvre des écoles, Sœurs Bourgeoys faisait commencer l’érection d’une chapelle, dédiée à Notre-Dame de Bonsecours.

Les habitants y contribuèrent d’abord librement de leur travail; et les notables, le gouverneur tout le premier, fournirent les matériaux requis. M. l’abbé de Queylus, supérieur du Séminaire, mit cependant quelque obstacle à cette œuvre et l’on dut en suspendre les travaux jusqu’après son départ définitif en 1672, alors que l’entreprise put être continuée sans nouvelle interruption, jusqu’à son entier parachèvement.

Cette chapelle, incendiée en 1754, a été reconstruite en 1771. C’est l’église actuelle; mais les transformations qu’on lui a fait subir ont singulièrement altéré l’apparence et la simplicité de la première construction.

Cette vénérable relique du passé reste aujourd’hui cachée sous des revêtements d’un goût douteux.

(Extrait de l’Histoire de Montréal par Camille Bertrand, archiviste, paléographe aux Archives nationales, tome premier (1535-1760).

Un établissement religieux à Montréal. Photo de Histoire du Québec.ca.
Un établissement religieux à Montréal. Photo de Histoire du Québec.ca.

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