La famille de Louis Hébert choisit de vivre au Canada
Le premier seigneur de la Nouvelle-France mériterait une statue seulement pour avoir enduré pendant dix années les vexations des représentants et des commis des compagnies de commerce. Pendant dix ans, en effet, Hébert n’a rien pu obtenir (ou si peu). Son souvenir est toujours vivace chez ceux qui sont demeurés à Québec.
Il aurait pu facilement succéder à son père au titre d’apothicaire de la reine. Mais il a préféré la vie difficile et mouvementée des pays neufs. Il fut le premier colon français à vivre quelque temps en Acadie. Dès 1604, à l’âge de 29 ans, il accompagna le sieur de Monts dans un voyage au Nouveau Monde.
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Il y a douze ans, par suite d’une rencontre avec Champlain, il accepta de s’établir en Amérique. Il choisit Québec, cette fois. Alléché par les promesses fallacieuses de la Compagnie du sieur de Caen, il quitte joyeusement Paris avec sa femme, Marie Rollet, et ses trois enfants. Rendu à Honfleur, lieu d’embarquement, il se rend compte que les conditions ne sont plus les mêmes. C’est le début de l’opposition de la Compagnie à sa traversée. On le force presque à signer un acte par lequel il accepte de travailler sous les ordres des commis à Québec.
Moyennant une faible rétribution, il devra remettre à la Compagnie tout le fruit de son travail. Il sera, en outre, obligé de soigner tous les malades, et ce sans salaire.
À cause de son instruction, il est nommé, en 1620, procureur du roi en Nouvelle-France. On lui concède, un peu plus tard, deux fiefs. Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, De Caen cherche à le vexer. Brûlé voulant prêter 100 écus à Hébert, sans intérêt, De Caen l’oblige à le faire, à un taux de 25%. Le même bas personnage défend au premier colon de Québec de faire venir de France une charrue.
Épuisé, mais toujours confiant en l’avenir de la colonie, Louis Hébert mourait à l’âge de cinquante-deux ans, le 23 janvier 1627, laissant, outre son épouse, un fils, Guillaume, et
une fille, Guillemette.

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