Histoire du Québec

L'Habitation et le Fort Saint-Louis

Premières constructions à Québec

Comme Champlain était s’établir à Québec avec l’intention d’y demeurer, il vit immédiatement à son installation. Dés journée de son arrivée il fit commencer la construction de son habitation.

Je cherchai lieu propre pour pour notre habitation, dit-il, mais je n’en pus trouver de plus commode ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, laquelle était, remplie de noyers. Aussitôt j’employais une partie de nos ouvriers à les abattre pour y faire notre habitation, l’allure à scier des bois, l’autre fouiller la cave et faire des fossés et l’autre à aller quérir nos commodités à Tadoussac, avec la barque. La première chose que nous fîmes fut le magasin pour mettre nos vivres à couvert, qui fut promptement fait par la diligence d’un chacun et le soin que j’en eus.”

C’est durant l’été de 1620, des son retour en Nouvelle-France, que Samuel de Champlain, muni d’une commission de lieutenant du duc de Montmorency, le vice-roi, commença la construction du Fort Saint-Louis.

“J’établis cette demeure, écrit-il, en une situation très bonne, sur une montagne qui commandait sur le travers du fleuve Saint-Laurent, qui est un des lieux les plus étroits de la rivière”.

Le nom de la rue “Sous-le-Fort” nous renseigne sur le site précis du Fort Saint-Louis soit à peu près du site du monument Champlain.

Les premiers occupants qu’y plaça le commandant furent son officier de confiance, Du Mai, son beau-frêre Eustache Boulle, quatre Récollets et une douzaine d’hommes.

En 1623, “l’incommodité que l’on éprouvait à monter la montagne, pour aller au Fort Saint-Louis, me fit entreprendre d’y faire un petit chemin pour y monter avec facilité” – l’escalier d’aujourd’hui y remplace la montée abrupte et “incommode” : le petit accès facile d’alors, c’est, la partie inférieur de la Côte de la Montagne, entre la rue Notre-Dame et l’escalier.

Trois ans plus tard, le petit fort commencé en 1636 jugé insuffisant, fut rasé et reconstruit à plus grande échelle : “Sa figure est selon l’assiette du lieu que je ménagais avec deux petits demi-bastions bien flanques…

La ruine du petit fort ternit en partie à refaire le plus grand, qui était édifié de fascines, terres, gazons et bois, ainsi qu’autrefois j’avais vu pratiquer, qui étaient de très bonnes forteresses, attendant qu’un jour on la fit revêtir de pierres à chaux et à sable qui n’y manquent point.”

Il est probable que Champlain habita le fort Saint-Louis quelque temps avant l’arrivée des Kirke. Louis Kirke l’occupa de 1629 a 1632. Emery de Caen en reprit possession en 1632 et Champlain s’y de nouveau en 1633. Il y mourut, le 25 décembre 1635.

Agrandi, transformé, incendié, le fort érigé en 1620 par Samuel de Champlain, après avoir servi de palais résidentiel aux gouverneurs français et anglais jusqu’en 1834, a fait place, en 1892, au majestueux Château Frontenac, sur un site historique et panoramique qui ne s’oublie pas.

lettre parlementaire
Terrasse Dufferin sur laquelle on peut voir les ruines du fort Saint-Louis. Photo de Megan Jorgensen.