Histoire du Québec

Lacs du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Quelques uns des lacs de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Lac Suzor-Côté

C’est en circulant entre Québec et le lac Saint-Jean, dans la réserve faunique des Laurentides, que le voyageur voyageur découvre le lac Suzor-Côté à l’est de la route, à environ 10 km au nord du mont Apica. On peut s’adonner à la pêche à la truite mouchetée , tout en séjournant dans les camps bâtis sur ses rives. Ce petit plant d’eau se décharge par un ruisseau dans la rivière Pikauba. Sur une carte de 1914, il porte le nom de lac des Brûlés, alors qu’en 1942, il est désigné sous celui de Suzor-Côté. Entre-temps on l’a aussi connu sous les appellations de Lac des Arpentages et de Lac des Arpenteurs. Son nom honore la mémoire d’un célèbre artiste québécois, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1869-1937). Il s’initia très jeune à la peinture en participant à la décoration de l’église d’Arthabaska, son village natal. À l’âge de 20 ans, il étudia à Paris, capitale mondiale des arts. Les relations de sa famille avec sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada de 1896 à 1911, lui facilitèrent par ailleurs les contacts dans divers milieux.. À partir de 1908, maîtrisant le pastel et l’huile, il travailla dans ses ateliers de Montréal et d’Arthabaska. Il excellait dans le paysage et le portrait. Il illustra aussi plusieurs livres. Plus tard, il se mit à la sculpture, notamment dans les bronzes, insufflant une vie nouvelle aux sujets ruraux de ses toiles. Il obtint plusieurs prix importants, entre autres, une médaille de bronze à l’Exposition internationale de Paris en 1900. Peintre de terroir , portraitiste, décorateur d’églises et sculpteur, Suzor-Côté a laissé une œuvre empreinte d’une grande poésie.

Lac de la Traverse

D’une superficie de 1,5 km2, ce lac, long de 3,4 km et large de 1 km, se retrouve à quelque 75 km au sud-ouest de la ville de Saint-Félicien, dans la MRC du Domaine-du-Roy, il se décharge dans le lac Alfredo qui rejoint la rivière levé sur des cartes dès 1931, le toponyme semble avoir été retenu pour décrire sa localisation dans l’interfluve séparant des rivières Windigo Nord-Ouest et Cabeloga. Le spécifique Traverse sert à désigner plusieurs lieux situés dans la plupart des régions du Québec.

Lac du Texas

Ce petit lac de forme arrondie est situé à 75 km au sud-est du point de rencontre des rivières Manouane et Péribonka, à 12 km au sud-ouest du lac Portneuf, principale source de la rivière du même nom, sur la Côte-Nord. Son nom lui a été donné, sans raison connue, par une compagnie forestière de Forestville au milieu des année 1980. Ce toponyme rappelle probablement l’État américain de ce nom.

Lac Vermont

Alimenté par les lacs Jumeaux, le lac Vermont présente une forme allongée, complétée de deux baies étroits dont l’une sert de décharge vers la rivière de la Boiteuse, laquelle se jette dans le lac Onatchiway. Cette nappe d’eau située à 50 km au nord de Chicoutimi s’étend sur 9 km 2 de superficie et sur 10 km de longueur. L’appellation rappelle le sieur Rousseau de Vermont, nommé lieutenant au régiment de la Sarre le 1er novembre 1755. Cette dénomination a été adoptée en 1948 dans le but d’éliminer l’un des nombreux Lac Vert de la toponymie officielle du Québec.

Lac Rouvray

La plus grande nappe d’eau de la ZEC Onatchiway étend ses 21 km2 dans un environnement sauvage, à quelque 100 km au nord de Chicoutimi. Le lac Rouvray présente une configuration très irrégulière qui épouse les formes du relief ; il est divisé par une presqu’île d’une superficie considérable. Cette étendue lacustre, connue avant 1948 sous le nom de Lac aux Huards, ou Lac des Huards, a été dénommée Rouvray pour rappeler un personnage qui a participé à la bataille des Plaines d’Abraham en 1759. Lieutenant de la compagnie de Champredon du régiment de la Sarre depuis 1756, Laurent-François Lenoir de Rouvray fut blessé et pris par les Anglais qui s’emparèrent de la maison où il s’était réfugié. Désolé de la capture d’un valeureux officier, le chevalier de Lévis proposa au général Murray un échange de prisonniers, ce qui fut agréée. Rouvray fut promu capitaine au cours de l’année suivante.

Lac Bernay

Au sud-ouest de la rivière aux Outardes et à l’ouest du lac Plétipi, dans lequel il se déverse par le lac Maublant, ce lac du SAguenay-Lac-Saint-Jean se situe au sud-est des rivières Savane et du Cran Cassé. Approuvé en 1945 par la Commission de géographie, ce nom est emprunté à une ancienne seigneurie du Bassin parisien, propriété de la famille de Charles Huaulty de Montmagny (vers 1583-1653). Bernay est aujourd’hui chef-lieu d’arrondissement de l’Eure. Officier de marine, membre de l’Ordre de Malte, Huault de Montmagny arrive au Canada en 1636 et succède à Samuel de Champlain à la direction de la colonie. Premier gouverneur et lieutenant général en titre de la Nouvelle-France, il le demeure jusqu’en 1648 et participe à la fondation de Ville-Marie, aujourd’hui Montréal, en 1642. Il fut le premier à recevoir le surnom d’Onontio que, par la suite, les Indiens attribuèrent à tous les gouverneurs de la Nouvelle-France. Ce lac est aussi identifié par les Montagnais comme Nakoshkan Shakikan, lac du cimetière.

Lac Spénard

En décembre 1968, la Commission de géographie rendait officielle la désignation de ce lac, situé à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Roberval, , ville riveraine du lac Saint-Jean. Une carte géologique avait précédemment mentionné ce nom en 1963 alors qu’une autre carte, en 1957, indiquait plutôt Lac Hand. La variante Lac Sabot a également été relevée. Le toponyme évoque Gilbert Spénard, patriote emprisonné à Montréal pendant l’insurrection de 1837-1838.

Lac Éros

Petite nappe d’eau de la réserve faunique Ashuapmushuan située à 50 km au nord-ouest du lac Saint-Jean. Les amateurs de pêche et de plein air peuvent se rendre à ce lac, jumelé au lac Psyche, en empruntant une route secondaire. Ce toponyme, ainsi que quelques autres identifiant des entités voisines, puise dans la mythologie grecque. Officiel depuis 1972, il rappelle le dieu de l’Amour (Cupidon, chez les Romains). Né du chaos, Éros était vénéré sous le nom de Protogonos, c’est-à-dire le premier-né, et c’est pourquoi on le représentait sous les traits d’un enfant. Le dieu de l’Amour joue un grand rôle dans le mythe de Psyche, ce qui explique sans doute le nom attribué au lac jumeau. En montagnais, le plan d’eau est connu comme Kanishulamatsh Shakahikan, aux deux lacs.

Lac Étienniche

Situé dans la partie nord de la ZEC des Passes, à près de 100 kilomètres au nord du lac Saint-Jean, ce plan d’eau s’étire du sud au nord sur 14 kilomètres de long ; il a une largeur de 2 kilomètres. Il forme, au sud-ouest, une grande baie qui reçoit les eaux de la rivière D’Ailleboust. Il se décharge vers le nord-est par la rivière Étienniche et par la rivière au Serpent, un des affluents de la rivière Péribonka. Le nom Rivière Étienniche paraît au Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec (paru en 1914) et désignant, à cette époque, à la fois le tributaire et l’émissaire du lac. Ainsi, ce recueil mentionne que « L’arpenteur J. Maltais qui a relevé (1912) cette rivière sur un parcours de vingt milles et demi, rapporte qu’elle traverse plusieurs grands lacs. » Le nom Lac Étiennish, qui figure sur la carte régionale Côte Nord du St-Laurent (1934) voit sa graphie modifiée en Étienniche en 1948 par la Commission. La même année, cet organisme désignait la section de la rivière en amont du lac Étienniche, comme la rivière D’Ailleboust, la rivière Étienniche se voyait donc réduite à une longueur d’environ 7 km. Selon le père Joseph-Étienne Guinard, le terme -ich est un diminutif signifiant « petit », ce qui laisse croire que Étienniche serait un hybride français-amérindien qu’on pourrait interpréter par lac du petit Étienne ou petit lac Étienne. Une enquête toponymique réalisée en 1981 chez les Montagnais de la région à permis de recenser le nom Katshinuashpikakamits, Shakahikan, qui se traduit par « las ces montagnes ».

Lac en Étoile

Cette minuscule nappe d’eau est située dans la section sud-ouest de la ZEC du Lac-de-la-Boiteuse, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Chicoutimi. Descriptif, son nom fut proposé par la direction de la ZEC et accepté par la Commission de toponymie en 1985. Le lac a en effet la forme d’une étoile ou d’une astérie-échinoderme appelé communément « étoile de mer » à quatre branches. Le spécifique Étoile désigne plus d’une trentaine d’entités géographiques officielles du Québec, surtout des lacs.

Lac Blondelas

Dans le canton de Dosquet, les environs du lac Blondelas ont été le site d’importantes coupes forestières, il y a quelques décennies, afin d’alimenter les usines de Saint-Félicien, à 75 km plus au sud. Depuis les années 1970, la forêt est en régénération et des camps privés de chasse et de pêche ont pris la relève de l’exploitation forestière. Même si l’état des chemins rend l’accès parfois difficile, les amateurs apprécient ce plan d’eau de 2,4 km2 qui se décharge vers la rivière Nistocaponano, dans le bassin de la rivière Mistassini. Ce lac porte le nom d’un capitaine de brulôt, petit navire chargé de matières combustibles et destin à incendier les bâtiments ennemis. Lors du siège de Québec en 1759, le sieur Blondelas commandait la gabare L’Entreprenante, embarcation à voiles et à rames qui servait à décharger les grands vaisseaux. Le lac est également connu sous les appellations Lac Attrape à Ours et Lac Bleu.

Lac des Cygnes

Au coeur d’une région accidentée et sauvage, à environ 90 km au sud-est du lac Mistassini, dans la région du lac Saint-Jean, s’étend le lac des Cygnes. Alimenté au nord par les lacs Bernard et des Îles, cette nappe d’eau se déverse dans la rivière Mistassini suivant une orientation ouest-est. Le lac des Cygnes présente de nombreuses îles, presqu’îles et baies Il couvre une superficie de 10 km2, une longueur de 8 km et une largeur de 2,3 km. Le nom de cette entité hydrographique est connu depuis le Régime français puisqu’on retrouve Lac de Signes sur une carte de Seutter de 1728 pour identifier ce lac. Le père jésuite Pierre-Michel Laure (1688-1738) note le toponyme en inscrivant Lac des Cygnes sur ses cartes de 1730-1731 et 1732. Bien attesté dans la toponymie québécoise, le cygne siffleur (Cygnus columbianus) est un grand oiseau aquatique, au cou très long, aux longues ailes pointues et au plumage entièrement blanc. Il séjourne au lac des Cygnes, étape dans sa migration entre le Grand Nord et le littoral de l’Atlantique. Variante : Lac Swan.

Lac des Sélaginelles

Cette petite nappe d’eau qui alimente la rivière Boisvert se trouve dans la partie nord-ouest de la réserve faunique Ashuapmushuan, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Chibougamau. L’abondance de sélaginelles sur ses rives lui a valu ce nom attribué par le Service de la faune vers 1970 et approuvé l’année suivante. Cette plante ressemblant à des mousses est de petite taille et affectionne les lieux humides et ombragés des régions froides de l’est et du nord du Québec. Il s’agit alors de la sélaginelle sélaginoide. Par ailleurs, la sélaginelle des rochers affectionne les milieux secs.

Lac Saxophone

Ce toponyme d’origine métaphorique identifie un lac situé dans la partie orientale de la ZEC Martin-Valin, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Chicoutimi. D’une longueur de 1,5, le lac Saxophone se déverse dans le bras des Murailles, affluent de la rivière Sainte-Marguerite. Dans le silence de la forêt boréale, le lac Saxophone évoque, on le devine, plutôt la forme que le son de cet instrument de musique inventé – le croirait-on, – par un flûtiste français. Officiel depuis 1983, le toponyme décrit la forme du lac qui épouse grossièrement celle d’un saxophone.

Lac de la Brimbale

Ce toponyme, vraisemblablement anecdotique, désigne un petit plan d’eau du canton de Saint-Hilaire, à environ 20 km au sud de la ville de Métabetchouan et du lac Saint-Jean. Ces eaux viennent grossir celles de la rivière à la Carpe, affluent de la Métabetchouane. En plus du sens français courant de levier pour puiser de l’eau, le terme “brimbale” ou encore “brinqueballe” désigne au Québec une sorte de perche permettant, en hiver, de pêcher le poisson grâce à un trou découpé dans la glace. Le toponyme, reconnu officiellement en 1981, s’inspire vraisemblablement de ce dernier sens.

Lac des Cantons

Les cantons de Cazeneuve, Mignault, Aigrement et Denaut se partagent cette nappe d’eau de la réserve faunique Ashuapmushuan. Elle reçoit, entre autres, le trop-plein du lac Aigremont et se déverse dans la Petite rivière du Chef, affluent de la rivière la Loche, qui se jette dans la rivière Ashuapmushuan. Proposé en 1972, cet hydronyme traduit la position centrale du lac, sur la frontière séparant les quatre cantons signalés. Cette position lui vaut également le nom de Lac la Ligne. Le canton – on l’a appelé township de 1763 jusqu’au dernier quart du XIXe siècle – est une division territoriale, de forme généralement rectangulaire, servant à l’arpentage et à l’affectation des terres de la Couronne. On dénombre 1549 cantons au Québec.

Lac de la Perdrix Blanche

Situé à une distance de quelque 50 km au nord du lac Saint-Jean, ce lac s’étend sur une superficie de 2,4 km2. Il se décharge vers le sud dans la rivière aux Rats par la rivière de la Perdrix Blanche ; celle-ci, longue d’environ 30 km, est mentionnée par Eugène Rouillard dans son Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec, publié en 1914. Cette désignation, connue depuis au moins le début du XXe siècle, évoque un oiseau de la toundra, le lagopède des rochers (Lagopus mutus), communément appelé « perdrix blanche ». Ce gallinacé vit dans les régions arctiques et alpines de l’hémisphère Nord, au-dessus de la ligne des arbres en haute montagne en été et plus bas en hiver. Plusieurs toponymes du Québec comportent le spécifique Perdrix Blanche, notamment des lacs et des cours d’eau.

Lac Perdu

À 25 km à l’est du lac Manouane, dans le territoire non organisé de Mont-Valin au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le lac Perdu constitue, avec le lac Manouanis, l’une des principales sources de la rivière Betsiamites. Sa superficie de 6 km2 permet aux pourvoyeurs d’accueillir, par hydravion, les amateurs de pêche au brochet, à l’omble de fontaine et au touladi qu’on y trouve, de même que les amateurs de chasse au caribou et à l’orignal qui fréquent les environs. Outre sa superficie, le lac a pour caractéristiques principales de se déverser par deux très courtes décharges (3 et 2 km) avec rapides et d’être séparé de la rivière Betsiamites par une paroi rocheuse qui le rend, d’une certaine façon, invisible ou à l’écart de celle-ci. En ce sens et même s’il porte officiellement le nom de Lac Perdu depuis le 7 avril 1945, il n’est pas étonnant de constater qu’on le dénomme aussi Lac Écarté et Unitakan Shakahikan, en montagnais, qui signifie chose perdue. Cette façon d’identifier les entités géographiques, et plus particulièrement les lacs, en rapport à leur isolement ou à leur éloignement est fréquente dans la toponymie du Québec. On retrouve d’ailleurs dix-sept lacs Écarté, huit lac Isolé, six lacs Éloigné et trois lacs Égaré. Toutefois, ce sont les lieux géographiques qui portent le déterminant Perdu ou Lost qui sont les plus nombreux puisqu’on en dénombre 131 dénommés ainsi officiellement. De ce nombre, 113 (86%) sont des lacs. Parmi les plus connus, on retient le village de Lost River situé dans la municipalité du canton de Harrington, à 35 km au nord-ouest de Lachute. Ce village tire d’ailleurs son nom de la rivière Perdue qui y coule avant de disparaître sous la terre après s’être engagée dans un abri-sous-roche. C’est vers 1850 que Neil Bethune et Donald McQuaig, les premiers colons-venant de Glenelg en Écosse, s’y installent. Dès 1875, un bureau de poste dessert la population. Il fermer ses portes en 1969.

Lac Clarence-Gagnon

Ce petit plan d’eau, dont le nom apparaît sur une carte dès 1943, se décharge dans la rivière Pika, affluent de la rivière Pikauba, dans la partie nord de la réserve faunique des Laurentides. Facilement accessible, il borde à l’ouest la route qui mène de Québec au Lac-Saint-Jean. Un camp sportif, Le Gite—du-Berger, installé sur sa rive nord, accueille les amateurs de chasse et de pêche. Le toponyme évoque un peintre de grande renommée, Clarence-Alphonse Gagnon, né en 1881 à Montréal. Élève de William Brymner à l’École de l’Art Association of Montréal, il commence à peindre de façon autonome dans Charlevoix vers 1900. Un mécène lui permet alors d’aller étudier à Paris, à l’académie Julian. Il se distingue notamment en remportant une médaille d’or à l’Exposition internationale de Saint-Louis en 1904. Par la suite, il adapte les techniques impressionnistes à la lumière et aux couleurs du paysage québécois, s’enracinant à Baie-Saint-Paul, où il passe beaucoup de son temps. De 1922 à 1936, il séjourne souvent en Europe où il produit un grand nombre d’oeuvres. Plusieurs livres illustrés par lui connaissent un franc succès, en particulier le roman « Maria Chapdelaine ». Peu avant sa mort à Montréal en 1942, il expose la maquette d’un village québécois typique, dont il souhaite faire un musée en plein air. Ses œuvres se retrouvent notamment à Paris, Londres, Florence, Dresde, Venise et, bien entendu, dans les grands musées canadiens et québécois. Variantes : Lac à la Baguette ; Lac Boucher ; Lac Muir ; Lac à la Raquette.

Camp sportif Le Gîte-du-Berger

Cette appellation s’applique à un camp sportif construit sur les rives du lac Clarence-Gagnon, dans la partie nord de la réserve faunique des Laurentides. Il est situé en bordure de la route Québec-Lac-Saint-Jean, à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Hébertville. Le mot Gîte évoque bien l’objet de sa désignation car le site a longtemps fait partie d’un réseau de relais rudimentaires pour les voyageurs qui, à pied, en raquettes ou à cheval, se rendaient de Québec au Lac-Sainte-Jean par le chemin du Gouvernement, puis par le chemin des Poteaux. On y trouve actuellement huit chalets rustiques pour accueillir les amateurs de chasse et de pêche qui y séjournent en saison. De là, ils ont accès à un territoire d’environ 35 à 40 km de rayon. Plusieurs de ces chalets ont été érigés au cours des années 1940 ; c’est alors que le nom de ce camp est apparu, d’abord sous la forme abrégée Le Gîte. Même si la route n’était pas complétée, la fréquentation était toutefois élevée, car le potentiel giboyeux du secteur était très connu. Quant au mot Berger, son origine de même que le moment de son insertion dans le toponyme demeurent inconnus.

Lac Crève-Cheval

Au sud-est de La Baie, dans la région du Saguenay, ce petit lac, tout en longueur, se déverse dans la rivière Ha ! Ha ! Laquelle se jette dans la Grande Baie. Un employé de la compagnie forestière Price baptisa ainsi cette entité géographique après avoir failli perdre son cheval à proximité. Jusqu’au milieu du XXe siècle, le travail demandé aux chevaux dans les chantiers en forêt était tel que plusieurs crevaient, mouraient, enlisé dans les fondrières ou les savanes. Le toponyme Lac Crève-Cheval paraît dans des documents de 1925, mais on aura relevé aussi les formes Lac à Cheval et Lac Bonneau depuis ce temps.

Lac Frappe-à-Bord

Long d’environ 1 km, le lac Frappe-à-Bord se trouve à quelque 50 km au nord de Chicoutimi. Le frappe-à-bord, ou frappe d’abord, est un taon qui s’attaque principalement aux chevaux et aux chevreuils sans pour autant négliger les humains. De cet insecte aux ailes rayées et aux yeux présentant des reflets métalliques, on dit qu’il frappe d’abord sa victime avant de la piquer violemment, laissant la douloureuse impression de s’être fait arracher une parcelle de peau. Ce québécoisme a été retenu en 1985 par les autorités de la ZEC Onatchiway pour désigner un lac, en même temps qu’une série d’autres noms portant sur le thème des méfaits de cet insecte. Ainsi, se trouvent, à proximité, les lacs de la Piqûre, de la Morsure, du Dard, du Venin et de la Boursouflure.

bord du lac

Bord du lac. Illustration par Megan Jorgensen.