La vie des Amérindiens

Voici plusieurs histoires fascinantes et peu connues tirées de la vie des Amérindiens d’une époque révolue. Nous espérons qu’elles vous plairont.

Chez les Hurons – un noviciat préparatoire au mariage

LA HURONIE — Il y a chez les Hurons quelque chose de bizarre dans les fréquentations préparatoires au mariage. Lorsqu’une fillette atteint l’âge de onze, douze ou treize ans, elle commence à avoir des serviteurs, c’est-à-dire des compagnons qu’elle essayera d’attirer par ses bonnes grâces. Elle se mettra alors en ménage avec celui qu’elle aura choisi. La plupart, sauf les plus sages, ne demandent pas le consentement de leurs parents.

Le nouvel amoureux présentera à la fille quelques colliers, chaînes et bracelets de porcelaine. Si la fille trouve ce serviteur agréable, elle acceptera le présent. Cela fait, ils vivront ensemble pendant quelques jours, sans dire un mot.

Après huit ou quinze jours de vie commune, s’ils se rendent compte d’une incompatibilité de goûts ou de caractère, la jeune fille quittera son serviteur. Ce dernier partira alors à la recherche d’une autre épouse. Ces essais se poursuivent jusqu’à la découverte du mari parfait… ou presque. Il va sans dire que certaines prennent du temps avant de se décider. Nombreuses sont celles qui n’arrêtent leur choix qu’après une cohabitation avec au moins une vingtaine de prétendants.

Ce genre de noviciat n’assure pas nécessairement la fidélité après le mariage. Au contraire, il arrive souvent qu’après le mariage les anciens prétendants reviennent essayer de reconquérir le coeur de leur flamme S’il arrive que la jeune fille ait plus que deux prétendants en meme temps, c’est à elle seule que la décision incombe.

De la porcelaine, toujours de la porcelaine

Québec (DNC) — Bien peu nombreux sont les Françaises de Paris qui ont eu la chance de voir des Indiennes. Ce qu’elles imaginent n’est pas nécessairement la vérité. Il est rarement question, ici, de rivalités vestimentaires entre deux femmes sauvages. Les hommes, en général, semblent se préoccuper davantage de leurs habits, de la couleur de leur visage.

Elles sont vêtues comme les hommes, sauf qu’elles ceignent toujours leurs robes. Ces robes, habituellement de peau de bête, leur descendent jusqu’aux genoux. Elles ne manifestent aucune honte à montrer le buste : cela leur paraît naturel.

Les Huronnes, surtout, affectionnent au plus haut point les chaînes et les colliers de porcelaine, qu’elles mettent sur leurs robes, qu’elles attachent à leur ceinture. Elles s’en servent même comme parure de tête, en plus des pendants d’oreilles.

Même si elles doivent vaquer aux menus soins du ménage, couper le bois, etc., elles trouvent encore le temps de peigner, teindre et graisser leur chevelure. Pour les danses, les Indiennes attachent leurs cheveux en touffe avec une corde de peau d’anguille. Il sied bien de porter sur le dos des plaques d’un pied carré couvertes de porcelaine.

Un collier de têtes d’Iroquois – le dernier chic

Tadoussac — Même si la Montagnaise aime à avoir la tête sur les épaules, elle ne semble pas avoir objection à porter un collier de têtes d’Iroquois.

Au retour de la guerre contre les Iroquois, l’été dernier, Champlain se rendit chez les Montagnais de Tadoussac. Le spectacle qui s’offrit à lui ne fut pas des plus plaisants,
mais il reflète bien les us et coutumes des peuples des terres nouvelles.

Dès que les canots furent en vue du port, les femmes s’assemblèrent sur le rivage. A mesure qu’ils s’approchaient, l’agitation croissait tant dans les canots que sur la grève. A
bord, les sauvages piquèrent au bout des bâtons les têtes d’Iroquois. Au milieu des chants et des danses, les femmes se jetèrent à l’eau et coururent au devant des canots.

Les guerriers leur remirent alors les bâtons supportant les têtes. Les femmes, à demi-nues et ruisselantes, arrachèrent les têtes des piques et se les pendirent autour du cou, comme si c’eût été un collier de pierres précieuses.

Espérons qu’un jour, grâce au travail des missionnaires, ces sauvages finiront par acquérir un certain respect pour un cadavre humain. Même si ce corps est celui d’un ennemi.

Les spécialistes que le Boréal Express avait envoyés à travers tout le pays pour y mener une enquête ethnologique scientifique
Les spécialistes que le Boréal Express avait envoyés à travers tout le pays pour y mener une enquête ethnologique scientifique.

À compléter la lecture :

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

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