Kitcisakik

Communauté algonquine de Kitcisakik

Kitcisakik est une petite communauté située à l’intérieur de la Réserve faunique de La Vérendrye, sur une presqu’île du Grand Lac Victoria, en Abitibi-Témiscamingue. La population de Kitcisakik est d’environ 350 personnes. Tous les résidents sont des Algonquins de la nation de Anicinapek.

La communauté est située à environ 65 kilomètres de Val-d’Or. Les principales langues parlées sont l’algonquin et le français.

Kitcisakik possède un centre de services près du réservoir Dozois, comprenant une station d’essence, un dépanneur, un casse-croûte et une boutique desservant les pêcheurs et les chasseurs qui fréquentent ces lieux ou qui se rendent à la pourvoirie de Dorval-Lodge, situé dans la réserve de La Vérendrye.

La communauté a une école primaire et une bibliothèque.

Pour l’instant, les résidents de Kitcisakik attendent avec impatience de recevoir le statut officiel de Réserve indienne, qui est établi par le Ministère des affaires indiennes et du Nord Canada (AINC).

Les Anicinapek de Kitcisakik n’ont jamais quitté leur terre ancestrale et ils entendent bien continuer à vivre sur leur territoire traditionnel. Le premier poste de traite a été établi sur le Grand Lac Victoria en 1785 (ce lac porte le nom de Mistawak, signifiant «grande étendue d’eau» en algonquin). Le premier missionnaire sulpicien, le père Louis-Charles Lefebvre, y vient en 1838. Toutefois, comme la communauté ne possède pas de statut officiel, elle n’a pas accès aux aides financières pour les services de base comme le logement, l’approvisionnement en eau, l’assainissement et autres.

Les logements actuels sont pour la plupart de simples abris d’une seule pièce, chauffés au moyen d’un poêle à bois, sans eau courante ni toilettes intérieures.

Historique de l’établissement amérindien Kitcisakik (ancienne Grand-Lac-Victoria)

Situé à 66 km au sud de Val-Or, en Abitibi, Grand-Lac-Victoria n’est pas une réserve indienne au sens de la Loi sur les Indiens. Dans le langage administratif, on désigne l’endroit sous l’appellation d’établissement amérindien. Les quelque 300 Algonquins qui s’y regroupent font partie de la seule bande encore véritablement nomade au Québec et la cinquantaine de camps de bois rond construits sur la rive du lac ne sont habités qu’entre mai et septembre.

Le reste de l’année, mis à part les jeunes qui retournent sur les bancs d’écoles situées en dehors de l’établissement, tous ses habitants se dispersent sur les territoires de chasse et de trappe. Au XVIIIe siècle, le site constituait déjà un lieu de rencontre important pour les Algonquins du Haut-Outaouais qui s’y réunissaient à chaque été pour de grandes festivités. Ces retrouvailles annuelles expliquent sans doute l’établissement d’un poste de traite dès 1785. C’est un sulpicien, Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille (1795-1838) qui est le premier missionnaire à s’y établir en 1836. Désigné d’abord sous l’appellation de Grand-Lac, Grand Lake puis Grand-Lac-Victoria à partir des années 1860, cet établissement porte, en langue algonquine, le nom de Kitci Sagik ou de ses variantes Kachisagi, Kitchisaking, Kitsisagig, Kitchisakik, Kitchisagi et Kitci Saki ; « kitci » signifie « grand » et « saki », « embouchure » ou « ouverture ». C’est précisément en face du village que s’élargit la rivière des Outaouais pour former le Grand lac Victoria, d’où l’origine de l’appellation. Préoccupés depuis plusieurs années par les questions de santé, les intervenants locaux ont réussi à attirer chez eux, en septembre 1988, 250 spécialistes internationaux en santé mentale réunis à Val-d’Or et à échanger avec eux tant sur le sujet de la santé que sur celui de leurs activités traditionnelles.

Fort Témiscamingue
Fort Témiscamingue. Un attrait touristique de la région. Image libre de droits.

Laisser un commentaire