Histoire du Québec

Introduction à l'histoire

Introduction à l’histoire de la France

Quand en 476 le dernier empereur romain d’Occident est chassé par ses propres soldats, composés de « barbares » germaniques, l’organisation impériale n’est déjà plus, en Gaule comme dans les régions voisines, qu’un lointain souvenir. L’unité impériale repose en effet sur une armée, une règle de Droit, une administration. Or, depuis deux siècles, les invasions des peuplades germaniques (poussées vers l’Ouest par l’attrait des richesses des pays romanisés, puis menacées par les Huns) ont progressivement sapé les fondements de l’Empire et transformé la société gallo-romaine.

L’armée romaine s’est germanisée et Rome a confié aux peuples « barbares » confédérés la garde des frontières de l’Europe du Nord-Est, en contrepartie du droit de vivre à l’intérieur de l’Empire. Ceci n’est d’ailleurs que la reconnaissance d’un état de fait : l’incapacité pour Rome de maintenir militairement ces nouveaux venus hors de l’Empire. L’Empire Romain d’Occident n’est plus, au cœur du Ve siècle, qu’un cadre formel.

La preuve en est donnée quant Attila et ses Huns pénètrent en Gaule en 541. Seule une coalition de Germains (Francs, Wisigoth, Alains), certes commandée par le général romain Aetius, est capable de lui infliger la défaite (bataille des Champs Catalauniques, près de Troyes).

La fonction du roi

Sur le plan du droit, la tradition écrite, le respect de la propriété privée et des règles valables pour tous ceux qui vivent à l’intérieur de l’Empire sont battus en brèche par la diversité des lois coutumières des peuples germains. Leur sens de la propriété n’a que peu de rapport avec l’individualisme procédurier romain : il repose en fait sur la capacité à acquérir par la force et sur la solidarité collective. La notion même d’administration centrale n’a pas de raison d’être pour des peuples volontiers migrants où l’idée de pouvoir est étroitement liée à celle de chef guerrier, capable de défendre le groupe ou de lui permettre de conquérir de nouveaux espaces.

Le roi n’est donc accepté et reconnu que dans la mesure où il remplit efficacement cette fonction, tâche d’autant plus nécessaire que les règles successorales prévoient le partage du domaine entre les fils des grands. Le concept de « puissance publique » détachée de la personne qui la symbolise n’existe donc pas dans cette société qui identifie chef et territoire. La mort du roi s’accompagne donc du morcellement territorial et des rivalités entre héritiers, comme on le verra dès la mort de Clovis en 511 et encore après celle de Charlemagne, survenue en 814.

Conquête et partage

La raison principale de la faiblesse de ces échanges réside en effet dans le fondement même de la hiérarchie de ces sociétés germaniques conquérantes. C’est le système pillage-don, décrit par Georges Duby, c’est-à-dire prélèvement forcé et redistribution suivant un réseau de clientèle dont on achète ainsi la fidélité ou le dévouement.

Ce pillage est organisé sous la forme du paiement d’un tribut, ou réalisé à l’occasion de campagnes de grande envergure (comme durant l’expansion franque sous Clovis ou Charlemagne), ou d’opérations plus limitées destinées à mater des velléités d’indépendance d’autres communautés théoriquement soumises, ou encore grâce à des coups de main ponctuels.

Cela permet de répondre à un triple besoin :

  • fournir immédiatement un surplus, long à obtenir par des voies pacifiques, et qu’il est tentant de prendre là où il existe déjà ;
  • permettre au roi, et aux autres grands, de s’assurer la fidélité de leurs hommes en leur accordant une partie des richesses pillées : soit en partageant le butin, soit en nourrissant une masse de serviteurs ou des pauvres invités aux festins des grands, soit en distribuant aux guerriers une partie des terres conquises dont ils organiseront ensuite eux-mêmes la défense ;
  • maintenir le dynamique du groupe, et défendre l’image du guerrier détenteur de la force et du pouvoir. Il s’agit là de l’idéologie dominante, où l’on identifie puissance et capacité physique : le chef devant prouver sa valeur sur le terrain (n’oublions pas que durant près de mille ans les rois seront à la tête de leurs armées et souvent au cœurs de la mêlée).

Des temps difficiles

C’est durant ces siècles, mais durant ces siècles seulement, que s’observent à la fois la dureté de la vie quotidienne (due à l’insécurité et à l’insuffisance des biens de première nécessité), l’anarchie politique, la régression urbaine et culturelle, la faiblesse des échanges marchands, conduisant la plupart des unités économiques à l’autarcie et à l’autosubsistance.

L’image d’Epinal des serfs miséreux dont la maigre récolte est arrachée brutalement par les soudards du seigneur local exerçant son pouvoir tyrannique correspond à une partie de la réalité de ces temps difficiles : il en est de même pour celle des paysans en fuite devant l’approche des troupes ennemies, et allant chercher refuge au château voisin relevant à la hâte son pont-levis.

Mais ces aspects de la vie ne sont pas permanents, et tendront à s’estomper pour se faire exceptionnels durant les temps féodaux; en revanche, de nombreux épisodes de la « guerre de Cent Ans » et des XVIe et XVIIe siècles leur donneront une seconde existence.

L’Austrasie et la Neustrie : Le règne du meurtre et de l’agression

Après les partages du royaume de Clovis, la Neustrie et l’Austrasie vont se livrer une lutte meurtrière et incessante pour s’assurer l’hégémonie sur le territoire des Francs.

Dès la mort de Clotaire (561), le royaume franc est à nouveau partagé entre ses quatre fils: Sigebert (roi d’Austrasie, au nord-ouest), Chilpéric (roi de Neustrie, à l’ouest et au sud-ouest), Gontran (roi de Bourgogne) et Caribert (roi de Tournai). Bien plus, l’Austrasie et la Neustrie vont se livrer une guerre de quarante ans, en partie fomentée par l’impitoyable Frédégonde.

L’assassinat devient un moyen habituel de politique, entre des rois pourtant proches par leurs liens familiaux, et dont l’autorité décline face aux grands (riches propriétaires, officiers…) qui cherchent à s’émanciper de la tutelle royale. Cela est d’autant plus vrai que, pour récompenser leurs loyaux serviteurs (les chefs militaires qui les portent au pouvoir et les aident à y rester), les rois doivent distribuer une partie de leur domaine. Au VIIe siècle, ils n’ont guère plus de terres à offrir, et trouvent donc moins de fidèles alors que les mieux lotis sont devenus aussi puissants que les rois.

Si, à l’issue de la guerre entre Brunehaut et Frédégonde, le fils de celle-ci, Clotaire II, roi de Neurasie, devient seul roi théorique en 1613, son autorité est faible, face aux pouvoirs locaux.

Les maires du palais

La réalité du pouvoir va revenir à ceux qui sauront le prendre ar les armes. C’est ce que tenteront de faire les « maires du palais » terme impropre pour rendre compte des fonctions du « major domus » (premier de la maison du roi), sortes d’intendants généraux qui font revivre les rivalités royales. En battant les Neustriens à Terry en 687, Pépin de Herstal, maire du Palais d’Austrasie, s’impose comme protecteur de Thierry III, roi unique. Le fils de Pépin de Herstal ne sera autre que Charles Martel.

La succession de Clotaire

Clotaire : fils Sigebert, Chilpéric 1er (Neustrie), Gontran, Caribert + Brunehaut – Childebert II, Thierry II. + Audovère, + Galovinthe, + Frédégonde – Clotaire II.

Les rois fainéants

Les descendants de Clotaire II (Dagobert 1er, Sigebert II…) ne seront que des rois sans influence : oisifs, débauchés, ils meurent tôt et leurs enfants arrivent trop jeunes au pouvoir. Ces derniers Mérovingiens sans envergure sont les fameux « rois fainéants ».

Le royaume Franc en 561

À la mort de Clotaire, il est à nouveau divisé en 4 parties dont les principales sont la Neustrie et l’Austrasie.

Brunehaut et Frédégonde : Les mœurs sanguinaires de ces siècles cruels

Brunehaut (534-613) épouse Sigebert, roi d’Austrasie. Brunehaut a une sœur, Golowinthe, qui est la femme de Chipérice 1er, roi de Neustrie. Frédégonde (545-597), maîtresse de Chipéric, après l’avoir poussé à répudier sa premier épouse, Audovère), fait assassiner Galowinthe, afin de devenir reine de Neustrie.

Pour venger la sœur de Brunehaut, Sigebert oblige Chilpéric à lui remettre le domaine de sa belle-soeur : Bordeaux, Cahors, Limoges, le Béarn et la Bigorre. Il s’ensuit une guerre entre la Neustrie et l’Austrasie. Sigebert est assassiné (575) et Brunehaut, prisonnière, exilée à Rouen où elle épouse Mérovée, fils de Chipéric.

Peut-être inquiète du risque de cette nouvelle alliance, Frédégonde fait assassiner Mérovée et tous les proches gênants. Curieusement, Brunehaut est relâchée, et exerce en Austrasie la régence pour son fils Childerbert II. Elle se rapproche du roi de Bourgogne Gontron (frère de Chilpéric) et le traité d’Andelot (587) doit assurer à Childerbert l’héritage de la Bourgogne. À la mort de Gontran (592) elle règne en fait sur l’Austrasie et la Bourgogne.

Mais elle doit à nouveau faire face à Frédégonde (et à son fils Clotaire II) qui règne sur la Neustrie (après l’assassinat de Chilpéric à Chelles en 584).

Après la mort de Frédégonde (en 597), Brunehaut est chassée par les Leudes (grands seigneurs d’Austrasie); elle se réfugie en Bourgogne et pousse son petit-fils Thierry II à combattre Clotaire II. Thierry est vaincu et Brunehaut tombe entre les mains de Clotaire II qui la fait supplicier pendant trois jours et la met à mort en l’attachant à la queue d’un cheval sauvage (en 613).

Statue de la reine Brunehaut qui couronne la colonne de la reine dans la commune de Bavay.

Statue de la reine Brunehaut qui couronne la colonne de la reine dans la commune de Bavay.