Histoire du Québec

Historique du Chemin du Roy

Historique du Chemin du Roy

Au début du XVIIIe siècle, le réseau routier n’existe pratiquement pas en Nouvelle-France. En fait, il existe bien des bouts de route dispersés ça et là, mais aucune voie ne relie encore la capitale de la colonie à Montréal.

Une des premières routes relie des années 1660, Cap-Rouge et Cap-Tourmente, la plupart des voies de communication mène vers la ville de Québec et sur ces premières routes circulent des charrettes tirées par des boeufs transportant des produits agricoles vers le marché de Québec.

En 1665, le gouverneur Courcelle fait ouvrir un chemin de Longueuil à Chambly pour raccourcir le déplacement des troupes françaises. C’est donc une route militaire.

Dans l’ensemble, il s’agit davantage de chemins de grèves qui ne sont pas continus d’une ville à l’autre et qui sont tracés par l’usage, dans l’intervalle de deux perches (12 mètres).

Le courrier officiel est transporté par bateaux ou par des messagers à cheval sur ces routes à peine ouvertes.

Alors, en 1706, le Conseil supérieur prend la décision de construire une route qui longera le Saint-Laurent et reliera les habitations sur ses rives.

Mais entre 1709 et 1713, sur la rive sud, on aménage une route de 150 kilomètres entre la seigneurie de Rivière-du-Loup et Lévis. Cette voie carrossable rejoint le sentier d’un portage vers l’Acadie entre le Saint-Laurent et la rivière Saint-Jean par le lac Témiscouata.

Cependant, le grand voyer Eustache Lanouiller de Boisclerc peut entreprendre les travaux en 1731, avec ses «corvées du Roy». Le système de la corvée comprend la participation de chaque censitaire ayant une terre le long du chemin. Ces gens sont responsables de leur segment de chemin et il s’agit des travaux longs de défrichement, d’empierrement, de pontage. D’ailleurs, on engage parfois des journaliers payés.

En 1737, au terme du chantier, le Chemin du Roy s’étire sur 280 kilomètres et fait 7,4 mètres de largeur. La nouvelle voie traverse 37 seigneuries. À l’époque, la route est la plus longue route aménagée au nord du Rio Grande.

L’artère sert au courrier et aux voyageurs et au cours d’un siècle et demi suivants, des calèches, des diligences, des malle-postes, des carrioles d’hiver la parcourent.

Au galop des chevaux, on pouvait faire le voyage en deux jours, alors on y ouvre jusqu’à 29 relais. Parmi les plus fréquentés, le relais Berthier, où le repas de midi est servi, le relais Trois-Rivières, pour un arrêt nocturne, et le relais Deschambault.

Logo du Chemin du Roy

Logo du Chemin du Roy.

Voici un extrait du livre Voyage au Canada et aux États-Unis, en 1795, 1796 et 1797 (La Rochelle, éditions La Découvrance) de Isaac Weld, voyageur britannique (né en 1774 à Dublin, Irlande et décédé en 1856 à Bray, Irlande). Ce texte témoigne bien de l’état du Chemin du Roy vers la fin du XIXe siècle :

On ne trouve point dans tout l’Amérique septentrionale de route aussi commode et aussi bien servie que celle qui conduit de Québec à Montréal. Des postes sont établis à des distances réglées. Là, des chevaux, des calèches ou des carrioles, suivant la saison, paraissent attendre le voyageur. Chaque maître de poste est tenu d’avoir chez lui quatre calèches relais, ce que l’on appelle dans le pays un aide-de-poste, qui est tenu d’avoir un nombre égal de ces voitures, et de les fournir au maître de poste, lorsque celui-ci les requiert. Au privilège exclusif de fournir des chevaux et des voitures, il n’y a d’attaché que l’obligation de servir les voyageurs dans un quart d’heure, si c’est pendant le jour, et une demi-heure si c’est la nuit. Les postillons sont obligés de courir à raison de deux lieues par heure. Le prix d’une calèche attelée d’un seul cheval est d’un shilling… Quoique les calèches de poste soient lourdes et grossièrement construites, elles ne cahotent pas le voyageur et elles sont en tout point préférables aux diligences américaines dans lesquelles, si l’on n’a pas eu la précaution de se pouvoir de coussins, on est sûr d’avoir les côtes et les bras meurtris avant d’arriver au terme de son voyage.

Aujourd’hui, la route 138 emprunte, dans sa plus grande part, l’ancien tracé, de Saint-Augustin-de-Desmaures à Repentigny, en passant par Trois-Rivières.

Voici les municipalités reliées par le Chemin du Roy (dans ordre alphabétique):

  • Batiscan
  • Berthierville
  • Cap-Santé
  • Champlain
  • Deschambault
  • Donnacona
  • Grondines
  • L’Assomption
  • Lanoraie
  • Lavaltrie
  • Louiseville
  • Maskinongé
  • Neuville
  • Pont-Rouge
  • Portneuf
  • Québec
  • Repentigny
  • Saint-Barthélemy
  • Saint-Cuthbert
  • Saint-Léon-le-Grand
  • Saint-Sulpice
  • Sainte-Anne-de-la-Pérade
  • Sainte-Ursule
  • Saint-Augustin-de-Desmaures
  • Trois-Rivières
  • Yamachiche

Historique de Saint-Augustin-de-Desmaures

La communauté de Saint-Augustin-de-Desmaures remonte au tout premier siècle de la colonisation de la Nouvelle-France puisque des Poitevins s’installaient, en 1658, sur un territoire sis à 23 km à l’ouest de Québec, voisin actuellement de Sainte-Foy et de Cap-Rouge. La municipalité est rattaché, sur le plan administratif et territorial, à la communauté urbaine de Québec. Fondée en 1679, la paroisse de Saint-Augustin-de-Desmaures ou Demaure, suivant la forme qui paraît dans l’Arrêt du Conseil d’État du Roi de 1722, fera l’objet d’une érection canonique en 1691, bien qu’aucun document ne puisse le certifier, et les registres s’ovuriront en 1693.

La paroisse de Saint-Félix-du-Cap-Rouge en sera détachée en 1862. Ce n’est qu’en 1845 que sera créée la municipalité de paroisse actuelle. Abolie en 1847 et rattachée à la municipalité de comté, elle sera rétablie en 1855.

La dénomination retenue rappellerait, selon Pierre-Georges Roy, d’une part, Augustin de Saffray de Mézy, gouverneur de la Nouvelle-France de 1663 à 1665, dont le prénom a également servi à l’élaboration du gentilé reconnu Augustionois. D’autre part, Desmaures est tiré du nom de la seigneurie de Maur (attesté en 1681 pour la première fois) ou de Saint-Augustin, concédée à Jean Juchereau de Maur (vers 1584-1672) et à son frère, Noël Juchereau Des Chatelets, en 1647, par le gouverneur Montmagny.

Ami et collaborateur de Robert Giffard, de Maur arrive en Nouvelle-France en 1634 ; il entre en possession exclusive de la seigneurie en 1650, par suite du décès de son frère.

Anciennement, on orthographiait le nom de More (lieu de l’une des propriétés françaises de Jean Juchereau), Demaure ou De Maur, mais on ne relève pas la forme à allure plurielle Desmaures, laquelle peut avoir été suscitée par la prononciation « demor », Jean Juchereau de Maur est né à La Ferté-Vidame (Eure-et-Loir aujourd’hui).

Or, on trouve tout près de cet endroit Saint-Maur,lieu de pèlerinage ayant quelque célébrité en Normandie. Par ailleurs, Maur est le nom d’un moine du VIe siècle qui a fondé ne abbaye près d’Angers. La dénomination Saint-Maur peut être relevée dans l’odonyme parisienne et normande. Le bureau de poste local a tour à tour porté les dénominations de Saint-Augustion-de-Portneuf (1852-1918), Saint-Augustin-de-Québec (1918-1986) et Saint-Augustin-de-Desmaures depuis 1986. Saint-Augustin, comme on l’identifie quasi systématiquement, compte un parc industriel important ainsi qu’un campus intercommunautaire créé en 1965, regroupant alors onze communautés et connu sous le nom courant de Campus de Saint-Augustin.

Voir aussi :