Épisodes de l’histoire de Trois-Rivières

Épisodes de l’histoire de Trois-Rivières : la fondation et les premières années de la ville

Le poste de Trois-Rivières : Un avant-poste stratégique

Trois-Rivières — Lors de son exploration du Saint-Laurent, en 1603, Champlain avait signalé, comme endroit propre à y établir une habitation, les îles de l’embouchure de la rivière des Trois-Rivières. En 1608, il a choisi de se fixer à Québec, qui assurait un meilleur contrôle de la route de pénétration vers le cœur du continent. Mais, il n’avait pas oublié Trois-Rivières, qui, de 1611 à 1629, avait été le lieu de rencontre préféré des Indiens pourvoyeurs des indispensables fourrures. Dès son retour, en 1633, il a pris ses dispositions pour ériger aux Trois-Rivières un poste qui resterait le comptoir de traite le plus aimé des Indiens “qui se plaisent davantage aux Trois-Rivières que non pas à Québec”.

Depuis 8 ans, le petit poste tient le coup malgré les embûches des Iroquois. Ses 70 habitants y vivent comme des prisonniers. Durant les mois d’été, les bandes iroquoises, embusquées dans les bois d’alentour, rendent toute sortie périlleuse. On ne peut même pas se risquer sur le fleuve pour se ravitailler en poisson et il est impossible de s’occuper de culture et même de jardinage.

Cette situation ne peut durer. Si la France ne se décide pas à envoyer au pays quelques centaines de soldats pour protéger les postes de Trois-Rivières, du Richelieu et de Montréal, la colonie succombera. Québec ne sera pas en sûreté non plus, aussi longtemps que les Iroquois auront le passage libre sur le Saint-Laurent.

François Marguerie joue sa tête

Trois-Rivières — Au cours de février de l’année dernière, deux Trifluviens, Thomas Godefroy de Normanville et François Marguerie, ont été pris par les Iroquois au cours d’une excursion de chasse.

Conscients de l’importance de leur capture, les Iroquois voulurent s’en servir pour négocier un traité avantageux pour eux. Au début de juin, ils reparurent au nombre de 350 et installèrent un camp sur la rive sud, en face des Trois-Rivières.

Gardant Godefroy comme otage, ils envoyèrent François Marguerie offrir des conditions de paix. Les Iroquois exigeaient 30 fusils et ils refusaient d’inclure les tribus alliées des Français dans leurs engagements. Marguerie conseilla de refuse la paix à de telles conditions, puis il rt vint se constituer prisonnier, en disant que seul le Gouverneur Montmagny aval pouvoir de signer pareil traité.

Les deux Trifluviens savaient qu’il jouaient leur tête. Le gouverneur de Québec arriva le 10 juin avec une bonne escorte. Aidé de Jean Nicolet et du père Ragueneau, il réussit à persuader les Iroquois de libérer les deux Trifluviens, mais il ne signa aucun traité et les bandes ennemies se dispersèrent pour reprendre leurs déprédations.

Un groupe d’élite

Trois-Rivières — Le poste des Trois-Rivières compte peu d’habitants, mais il abrite un groupe d’hommes de choix, que Champlain avait en particulière estime. Les meilleurs coureurs de bois et les interprètes les plus écoutés des Indiens sont fixés aux Trois-Rivières. Jean et Thomas Godefroy, Jean Nicolet, Jacques Hertel, François Marguerie, pour ne citer que les principaux, connaissent les secrets de la vie en forêt et ils ont un ascendant spécial sur les indigènes. Si le poste survit, il le devra à ces hommes courageux et débrouillards

Le chef algonquin Capitanal avait prié les Français de s’établir à Trois – Rivières

Dès son retour à Québec, en mai 1633, Champlain se hâta d’assembler les nations amies. Il les pria de rester fidèles aux Français et de se garder de tout commerce avec les
Anglais qui continuaient de venir au Saint-Laurent malgré le traité de paix signé à Saint-Germain.

Parmi les délégués, se trouvait le chef algonquin Capitanal, venu des Trois-Rivières à la tête d’une flottille de dix-huit canots. Il fit un brillant discours pour persuader Cham-f
plain de construire une Habitation aux Trois-Rivières. « Quand tu viendras là-haut avec nous, tu trouveras la terre meilleure qu’ici, déclare-t-il. Tu feras, au commencement, une maison
pour te loger. Puis tu feras une grande maison pour nous et alors nous ne serons plus des chiens qui couchent dehors. Tu sèmeras des blés, nous ferons comme toi. Et nous n’irons
plus chercher notre vie dans les bois, nous ne serons plus errants et vagabonds. »

« Tu nous dis que les Pères vivront parmi nous et nous instruiront; ce bonheur sera pour nos enfants ». Samuel de Champlain aimait Capitanal, dont le père avait été tué à ses côtés au cours d’un combat. Il accueillit avec bienveillance la démarche du chef et il lui promit alliance. « Quand cette grande maison sera faite. Alors nos garçons se marieront à vos filles et nous ne serons plus qu’un peuple ».

Illustration : Monument à Laviolette, réalisé par Louis-Philippe Hébert vers 1887. Source de l'image : commons.wikimedia.org/wiki/File:Laviolette_-_01.jpg. Auteur : Jeangagnon.
Illustration : Monument à Laviolette, réalisé par Louis-Philippe Hébert vers 1887. Source de l’image : commons.wikimedia.org/wiki/File:Laviolette_-_01.jpg. Auteur : Jeangagnon.

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

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