Les Haïdas, maîtres de la mer

Les Amérindiens canadiens Haïdas, maîtres de la mer

Dans un pays comme le nôtre, où mers intérieures, lacs, rivières couvrent le territoire par milliers et constituent des voies de communication excellentes, l’embarcation devient un des outils les plus précieux de l’homme. Le Boréal-Express nous ayant demandé de faire une étude comparative des embarcations utilisées par les différents peuples qui habitent le pays, nous nous en tiendrons à trois types principaux : le canot de bouleau, le canot d’orme et le canot de cèdre.

Le canot de bouleau

Le canot qu’utilisent toutes les tribus de l’immense famille algonquine est constitué d’une structure de cèdre ou d’épinette recouverte de larges pièces d’écorce de bouleau. On le fabrique souvent sur place, au moment où on en a besoin et une bonne équipe peut facilement achever un canot parfait en une quinzaine de jours. Comme les morceaux d’écorce de bouleau se maintiennent au cadre par des liens de racine d’épinette blanche et que l’étanchéité est assurée par de la « gomme » de sapin ou d’épinette, on trouve toujours facilement les matériaux dont on a besoin. Cela où qu’on soit dans l’immense forêt qui recouvre lé centre et l’est du pays.

Ce canot répond magnifiquement aux conditions économiques de ces régions. On peut le fabriquer sur place. Extrêmement léger, il n’est pas difficile de le transporter d’un point à un autre quand on veut sauter une chute ou circuler entre deux lacs. Si léger qu’il soit, le canot d’écorce, comme on le nomme couramment, est robuste et porte aisément quatre personnes. On comprend tous les avantages qu’il représente pour les nomades que sont les indiens des Boisés de l’Est.

Le canot de guerre iroquois

Les tribus iroquoises de la vallée du Saint-Laurent et des Grands-Lacs ne pratiquent pas tellement la navigation. Sédentaires, ces cultivateurs voyagent à pied quand ils doivent se déplacer.

Les impératifs de la guerre les ont cependant amenés à développer un fort canot qui n’a pas l’élégance et la légèreté du canot de bouleau. Pourtant il répond très bien aux exigences pour lesquelles on l’a inventé.

Très long, puisqu’il porte jusqu’à dix guerriers, le canot iroquois est bâti de la même manière que le canot de bouleau. On le couvre cependant avec de l’écorce d’orme. Celle-ci est plus épaisse et plus solide que l’écorce de bouleau mais elle se prête moins bien au travail de l’artisan. C’est ce qui donne au canot iroquois sa forme lourde et grossière si éloignée des courbes gracieuses du canot algonquin.

Le grand canot Haïdas

Le monarque de nos embarcations est certainement le grand canot Haïda. Taillé dans le tronc d’un de ces cèdres géants qu’on rencontre sur les côtes du Pacifique, le canot Haïda est un maître vaisseau qui atteint souvent soixante-dix pieds de longueur. Extrêmement robuste puisqu’il est d’une seule pièce, le canot Haïda prend facilement la mer. Il peut supporter alors les plus fortes lames de l’océan.

Les indiens de ces contrées sont des artisans très habiles. Ils sont au goût prononcé pour le dessin et la sculpture. Aussi on voit souvent la proue de leur canot qui s’élève fièrement pour mieux prendre la vague sculptée et ornée de figures aux lignes étonnantes de hardiesse et d’habileté.

Les indiens Haïdas utilisent parfois leur immense embarcation pour une expédition de guerre le long de la côte. Mais le plus souvent ils s’en servent pour faire la pêche à la baleine. Il faudra qu’un jour un de nos poètes décrive la course affolante du grand canot aux lignes effilées. Tiré par la baleine qu’un bras musclé vient de harponner. C’est un des spectacles les plus merveilleux qu’il nous ait été donné de voir.

Pour en apprendre plus :

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

Haïdas Canot d'écorce. Source de l'image : Boréal Express.
Canot d’écorce. Source de l’image : Boréal Express.

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