La guerre de Pontiac

La guerre de Pontiac : Pontiac vaincra-t-il les Anglais ?

Pontiac prépare sa prochaine campagne à son quartier d’hiver aux Miamis

Le succès de Pontiac

Maître de tout le bassin des Grands-Lacs, chef incontesté de toutes les tribus de l’Ouest, installé sur les frontières de la Virginie et de la Pennsylvanie, Pontiac s’est retiré au fort des Miamis pour y préparer sa prochaine campagne.

L’état des armées insurgées exigeait ce temps d’arrêt afin de permettre un regroupement nécessaire et l’élaboration d’une stratégie d’ensemble avant la reprise des opérations. La réussite fulgurante des premiers mois d’insurrection a quelque peu essoufflé les troupes de Pontiac.

En six semaines, de mai à juin, Pontiac, à la tête d’une armée de 56,000 hommes, s’est emparé de la majeure partie des forts des Grands-Lacs, de Mickillimakinac jusqu’à Pittsburg. Ses troupes ont tout ravagé, forcé les colons anglais à un exode massif vers l’Est et fait perdre près de 1,000 hommes à l’armée gouvernementale.

Le succès est total. Malgré l’abstention des Iroquois et la résistance invincible de Détroit, Pontiac s’affiche en vainqueur et, malgré les conseils contraires de ses amis canadiens, il est fermement décidé à refuser tout armistice et à mener jusqu’au bout la lutte contre le gouvernement anglais.

Pourquoi Pontac a-t-il réussi ?

Les plus hautes autorités militaires s’interrogent anxieusement sur les raisons profondes qui ont permis à Pontia cun succès aussi fulgurant que dangereux. On dit bien, pour calmer l’inquiétude du peuple, que les forts de l’Ouest étaient sans garnison ou presque et qu’une bonne troupe anglaise les mettra vite à la raison. Mais cela n’explique pas tout.

Cela n’explique pas surtout pourquoi Pontiac a réussi à soulever tout l’Ouest comme un seul bloc. On sait la puissance d’attraction du chef Outaouais, son autorité incontestée, la fascination presque magique qu’il exerce sur tous les Indiens de la grande famille algonquine. Mais la personnalité de Pontiac, sa haine des Anglais, son génie de l’organisation ne peuvent suffire à soulever tant de tribus.

On soupçonne, on accuse même la politique indienne poursuivie depuis 1760 d’être la grande responsable. Privés de la concurrence entre Français et Anglais, soumis à des négociants arrogants parce qu’ils sont seuls. Aussi choqués de la défaite française pour plusieurs, les Indiens sont dans un état d’insatisfaction coléreuse depuis trois ans. La révolte de Pontiac reste à être matée et elle devra l’être. Mais elle aura servi une sérieuse leçon aux maîtres de la politique indienne.

Cause du rappel de Amherst

Dans les milieux de la haute bourgeoisie new-yorkaise, on chuchote que le rappel à Londres du généralissime Amherst. Ensuite, son remplacement par Gage seraient dus en grande partie au succès de l’insurrection de Pontiac.

On sait jusqu’à quel point Amherst était considéré par la cour le Londres depuis la capitulation de Montréal. Comblé d’honneurs et de titres, il était le bras droit du roi en Amérique.

Qu’il soit rappelé brusquement sans qu’on lui confie de hautes fonctions à Londres, laisse planer un soupçon de disgrâce. Seules les victoires de Pontiac pourraient expliquer pareil état de choses.

Pontiac accuse les Anglo-Américains d’utiliser des armes bactériologiques

Le chef des insurgés indiens, Pontiac, vient de porter contre les autorités anglaises uns accusation extrêmement grave. Pontiac affirme en effet que les Anglo-Américains
utilisent des armes bactériologiques dans la lutte qui les oppose aux troupes indiennes.

Pontiac soutient que les soldats du colonel Bouquet distribuent en secret aux Indiens des couvertures contaminées de germes de la petite vérole. Poussant plus loin son accusation, le grand chef indien prétend que c’est sur l’ordre explicite des quartiers généraux d’Amherst à New York que Bouquet essaie de faire naître des épidémies de petite vérole dans les tribus indiennes.

L’accusation de Pontiac est si grave que nous avons décidé de mener notre propre enquête sur le sujet. Nous n’avons pu constater aucune épidémie dans les tribus indiennes de l’Ouest. Cet état de choses n’innocente pas les troupes de Bouquet. Les Indiens, mis en garde, ont peut-être réussi à échapper à l’infernale machination.

Car il semble bien que la machination soit réelle. Certain lieutenant de l’état-major de Bouquet s’en ouvre facilement après quelques verres de « petit blanc ». Il nous a même parlé d’une lettre d’Amherst à Bouquet. Le généralissime y aurait demandé au commandant des territoires de l’Ouest si on ne pourrait pas « tenter de répandre la petite vérole parmi ces déloyaux sauvages ». Toujours selon notre lieutenant. Bouquet aurait répondu qu’il tenterait de le faire « par le moyen des couvertes.

Pontiac, par ses dons oratoires, a réussi à soulever plusieurs nations indiennes qui, par suite de la cession définitive du pays, ont cru leur liberté menacée. La victoire du général Bouquet, le 6 août dernier, a ralenti les ardeurs des soldats de Pontiac. Alors, Pontiac doit redoubler d’éloquence.

Le major Henry Gladwin démasque Pontiac.

Le 6 mai de cette année (1763), soit avant le début des hostilités, le major, commandant du fort Détroit, avait Pontiac, par ses dons oratoires, a réussi à soulever plusieurs nations indiennes qui, par suite de la cession définitive du pays, ont cru leur liberté menacée. Appris par une jeune Indienne que Pontiac voulait s’emparer du fort par traîtrise. Le lendemain matin, lorsque le chef indien se présenta, tous les hommes du fort portaient les armes. Nous voyons ici Pontiac en pourparlers avec Gladwin. Auteur de l’illustration : Northrop, Henry Davenport, 1836-1909. Image du domaine public.

La guerre de Pontiac
Pontiac et Gladwin. Auteur de l’illustration : Northrop, Henry Davenport, 1836-1909. Image du domaine public.

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