Gouverneur James Murray

Le général James Murray, gouverneur général du Canada

Gouverneur James Murray : En même temps qu’elle annonce la division de ses colonies en trois provinces distinctes, la proclamation de George III nomme le général Murray gouverneur général de la « Province de Québec ». Le roi d’Angleterre reconnaît ainsi les talents d’administrateur et les qualités de chef que le général Murray a toujours mis au service de son souverain, en particulier depuis son arrivée en Amérique, en 1758. Le général devient donc le gouverneur général le 10 août 1764.

Les Canadiens ne seront certainement pas déçus du choix fait par le roi. Leurs relations avec le général Murray, depuis la capitulation de Montréal, leur ont appris à connaître et à apprécier l’honnêteté fondamentale et le souci de compréhension et d’objectivité qui caractérisent le nouveau gouverneur dans ses relations avec ses administrés.

La droiture avec laquelle il exposa, à l’intention du roi d’Angleterre, la situation et l’attitude des Canadiens et celle, hautaine, jalouse et vile des négociants et des aventuriers anglais qui ont fondu sur le pays depuis 1760, reste encore bien vivace à la mémoire de la majorité des vaincus d’hier. Son rapport de 1762, preuve éclatante de la justice que le général Murray entend appliquer aux Canadiens, est un gage que la nouvelle juridiction sous laquelle ils passent désormais saura respecter leurs droits.

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Il ne semble pas cependant que les négociants anglais de Montréal et de Québec voient d’un aussi bon oeifl la nomination du nouveau gouverneur général. Ils se disent insatisfaits, en premier lieu, de ce que le pouvoir
civil passe entre les mains d’un militaire. Ils craignent aussi que Murray continue, par son attitude, à nuire à la liberté avec laquelle, en tant que vainqueurs, ils entendent « organiser » le pays.

Commençant sous ces auspices, le gouvernement de Murray ne sera pas de tout repos. Même s’il a la sympathie de la majorité de la population, Murray ne pourra probablement pas résister longtemps aux tractations de la puissante minorité que constituent les marchands anglais. Ceux-ci entendent bien que la nouvelle conquête leur permette de s’enrichir rapidement et ils prendront tous les moyens pour faire sauter les obstacles qui se dresseront sur leur chemin. Le Gouverneur leur apparaît actuellement comme le plus dangereux de ces obstacles. Leur lutte sera impitoyable.

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Québec est désigné comme le siège du nouveau gouvernement colonial qui comprend une bande de terre rétrécie sur les deux rives du Saint-Laurent. D’un trait rectiligne la frontière nord s’élance des sources de la rivière Saint-Jean au lac Nipissing à l’ouest, pour descendre de là, encore en droite ligne, au lac Saint-François, et y suivre le 45e de latitude jusqu’au 78e de longitude ouest. La frontière sud pour sa part suit au bas du Saint-Laurent le partage des eaux pour s’en aller, à l’est, cerner la péninsule de Gaspé et remonter d’un trait rectiligne, encore, aux sources de la rivière Saint-Jean.

Texte paru dans le journal Le Boréal Express, volume 3, #1.

Portrait de James Murray réalisé vers 1762. Auteur inconnu. Image libre de droit.
Portrait de James Murray réalisé vers 1762. Auteur inconnu. Image libre de droit.

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