La garde-robe idéale

La garde-robe idéale : Page féminine à l’époque de la Nouvelle-France

Pour la future mariée

Future mariée : Pour répondre à de nombreuses demandes, nous vous donnons la liste des effets personnels qu’une jeune fille doit posséder.

2 coiffes, soit en crêpe, soit en taffetas, de couleur noire, de préférence,
2 coiffures de dentelle,
6 cornettes de toile,
1 gorgette ou collerette de toile,
1 mouchoir de col noir,
1 habit de camelot noir de Hollande,
1 habit de bougran,
1 jupe de férandine bleue,
1 jupe de serge,
1 déshabillé de ratine,
1 camisole blanche de ratine de serge de Londres,
1 corps piqué,
1 chemisette de toile blanche,
2 paires de bas d’étame blanc,
5 grands mouchoirs carrés,
2 paires de gants de mouton,
1 manchon de peau de chien noir,
2 paires de souliers.

Cela n’est que le minimum qu’une jeune fille doive posséder. Graduellement, suivant le revenu de son mari, elle pourra compléter sa garde-robe.

Nous remercions le notaire Bénigne Basset, de Montréal, qui nous a aidé à dresser notre liste.

Pour le futur marié

Malgré l’époque troublée, il convient que tous soient bien vêtus. Les arrivages de France se font plus nombreux et plus réguliers, de sorte qu’il est possible de se procurer ici les vêtements nécessaires.

Aujourd’hui, nous nous proposons de dresser la liste des pièces essentielles d’une garde-robe masculine bien garnie. Il est indispensable de posséder au moins deux chapeaux, un bonnet et huit couvre-chef. Un chapeau noir et un gris demi vigogne, avec un ou deux tours de plumes ou tout simplement comme ornementation, un cordon ou un ruban. Il faut surveiller la qualité du feutre.

On peut, c’est là matière de goût, remplacer le chapeau par le tap-abord. Ce chapeau mou dont les bords peuvent se rabattre convient mieux aux gens du peuple. Pour les froids d’hiver, il est peut-être préférable de porter un bonnet fourré, soit de laine rouge ou de castor. Les coiffes serviront à agrémenter le bonnet.

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Si l’habit ne fait pas le moine, il ne révèle pas moins la qualité de celui qui le porte. Un manteau, quatre pourpoints, et deux justaucorps sont le minimum que doit posséder l’homme bien mis. Un manteau en drap de couleur grise nous semble le préférable. Le drap doit être préféré au camelot; cette étoffe de laine est sans grande valeur et s’use trop rapidement.

Pour que le manteau ait meilleure apparence, on doit le doubler de revêche. On peut facilement se procurer ce tissu au coût de trois livres l’aune. Personnellement, nous préférons le manteau au capot tout fait que nous pouvons acheter chez certains marchands. Les pourpoints et les justaucorps, avec ou sans basques, devront être bien ajustés. Ils couvriront avantageusement le corps, de la ceinture au cou.

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Une bonne garde-robe doit nécessairement contenir au moins une quinzaine de rabats, quatre cravates et deux douzaines de mouchoirs à moucher. La toile de batiste est certes toute désignée pour le col de toile. Il ne faudrait pas croire que la cravate soit réservée aux gentilshommes, les habitants peuvent très bien la porter. Pour la cravate, il importe de bien choisir le ruban. Si l’on ne veut pas sombrer dans le recherché, il faut se rappeler que les couleurs habituelles de la cravate sont le blanc, le noir, le jaune et le rouge. En plus des mouchoirs de col, on doit posséder un certain nombre de mouchoirs de nez, en toile fine, si possible.

Pour lacer les habits, une ceinture de coton et trente boutons de crins suffiront. Un manchon de castor et une paire de gants doublés de chamois serviront l’hiver à protéger les mains de monsieur. A l’item sous-vêtement, une camisole et six caleçons sont le minimum que l’on doive posséder. La camisole doit conserver le corps chaud. Elle le fera, si elle est en futaine ou en serge doublée de peau. Le caleçon ou « le canneson », comme certains se plaisent à l’écrire, peut aussi bien être en molleton qu’en peau de mouton ou d’orignal, tout dépendra de la saison.

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Les messieurs de grande famille doivent posséder dans leur garde-robe une douzaine de jansénistes. Ce genre de mitaine cachera agréablement l’avant-bras lorsque l’on porte manche courte.

Quant aux bas, une douzaine de paires d’étamine gris ou blanc et même de ratine, d’étame ou de serge, suffiront aux besoins.

Le tout sera complété par huit paires de chaussettes à étrier de toile blanche et autant de paires de chaussons de toile.

De préférence aux sabots, on doit porter le dernier modèle de soulier français, le soulier à bout carré. On peut le choisir à boucle d’argent ou d’acier. Pour les jours de pluie, nous déconseillons le port de souliers sauvages.

Il faut se rappeler, en terminant, qu’un homme bien mis a ses entrées partout, même dans la haute noblesse.

Voir aussi :

Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.

La garde-robe idéale
« Le mariage est une institution qui permet à deux personnes de supporter ensemble les ennuis qu’ils n’auraient pas eus s’ils étaient restés seuls. » (De l’auteur inconnu). Un par des sabots de l’époque. Source de l’image : grandquebec.com.

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