Fondation de la Nouvelle-Écosse

Fondation de la Nouvelle-Écosse et de ses établissements

En 1763, les Lords du Conseil des Plantations ont tranché la fameuse question des frontières de la Nouvelle-Écosse. Elle sera « bornée au nord, jusqu’à l’extrémité ouest de la Baie-de-Chaleurs, par la limite Sud de notre province de Québec. À l’est par la Baie-de-Chaleurs et par le golfe Saint-Laurent jusqu’au cap ou promontoire appelé Cap-Breton, dans l’île de ce nom. Y compris cette île, l’île Saint-Jean et toutes les îles en-deçà de six lieues de la côte; au sud par l’océan Atlantique depuis le Cap-Breton jusqu’au Cap Sable, y compris l’île de ce nom et toutes les îles en-deçà de quarante lieues de la côte avec leurs droits, appartenances et dépendances.

Ensuite, à l’ouest, bien que notre dite province autrefois s’étendait de droit jusqu’à la rivière Pentagoet ou Penobscot, la bornera une ligne partant du Cap Sable. S’étendant par la suite à travers la baie de Fundy jusqu’à l’embouchure de la rivière Sainte-Croix. Par cette dernière rivière jusqu’à sa source. Par une ligne s’étendant de cet endroit. Directement au nord jusqu’à la frontière du sud de la province de Québec. »

Par cette délimitation se trouve réglé le problème de frontières entre la Nouvelle-Écosse et le Massachusets

Quels aspects présentent les principaux établissements de la Nouvelle-Écosse

Chas. Morris, arpenteur en chef de la Nouvelle-Écosse, a rédigé un mémoire pour les Lords commissaires du Commerce et des Plantations. Nous reproduisons la description qu’il y donnait de quelques endroits de la colonie. Halifax illustré de gravures de R. Short.

Lawrence Town ou la colonisation systématique

Afin de promouvoir la colonisation du pays, le gouverneur Lawrence concéda, en 1754, vingt mille acres de terre à vingt propriétaires, à environ quatre lieues à l’est de Halifax et l’érigea en canton sous le nom de Lawrence Town.

Les propriétaires s’obligeaient d’y établir vingt familles à leurs frais et le gouvernement promettait d’y construire un fort et d’y entretenir une garnison. Vingt familles s’y établissent en conséquence. Les aident les propriétaires qui les aidèrent et leur donnèrent des bestiaux.

Ces habitants y demeurèrent trois ans et par leurs améliorations commençaient à pouvoir y vivre sans l’aide d’autrui, lorsque le général Hopson, alors commandant des forces de la Nouvelle-Écosse, en retira la garnison et ordonna la démolition des maisons et dépendances, faisant ainsi encourir aux propriétaires une perte de six cents livres sterling qu’ils avaient dépensées pour l’amélioration de la colonie et qu’ils ne purent recouvrer.

Lunenburg – une colonie allemande

Les premiers établissements datent de 1753. Ce canton fut colonisé par des Hollandais et des Allemands qui y avaient été transportés durant les deux années précédentes.

Il y avait alors environ quatre cents familles et propriétaires comprenant environ quinze cents personnes. On donna à ces habitants des matériaux de construction, mille louis sterling, qui servirent à acheter des bestiaux et le gouvernement les fit vivre pendant neuf ans. Ils reçurent une grande quantité de farine. Lors de la déportation des Français, ils eurent autant d’animaux qu’ils en pouvaient garder.

Ils reçurent alors du grain d’année en année jusqu’à l’année dernière. Leur nombre a plutôt diminué qu’augmenté. Quelques catholiques romains, tant Allemands que Français, se sont réfugiés chez les Français. Plusieurs familles ont quitté leurs fermes et sont allées s’établir à Halifax. Les habitants actuels ont défriché et amélioré une dizaine d’acres en moyenne. Ils vendent à Halifax des racines, du bois de chauffage, du bois carré et de la planche. Ils ne sont pas portés vers la pêche quoiqu’ils soient bien situés pour cela. Comme ils s’occupent surtout à défricher et à améliorer leurs terres, ils seront bientôt en état de se suffire à eux-mêmes et d’aider aux établissements voisins.

Liverpool – endroit d’avenir

La ville suivante en allant vers l’ouest est Liverpool. Cette ville fut fondée en 1760. La population actuelle est de quatre-vingt-dix familles comprenant cinq cent quatre personnes, et habite Port Senior. Elle subsiste principalement de la pêche et du commerce du bois. Il y a soixante et dix maisons et on emploie dix-sept goélettes à la pêche. On y prépare environ huit mille quintaux de poisson et une quantité considérable de bardeaux, douves et merrains.

On y a érigé ensuite un moulin à scie pour faire de la planche. Le canton comprend les terres situées sur l’océan depuis le Port Medway, à quatre milles à l’ouest de la rivière jusqu’au Port Senior. Le havre est barré, n’ayant que neuf pieds de profondeur à l’eau basse, mais il est sûr et commode dans la rivière avec de bons mouillages dans trois brasses d’eau.

Cornwallis – un pays rude

Le canton de Cornwallis fut concédé à cent cinquante propriétaires. Ce canton, le premier du Bassin des Mines, fut ouvert à la colonisation en 1760. Il y a actuellement cent quinze familles composées de six cents personnes.

Les deux tiers du canton consistent en montagnes impropres à la culture. La partie qui borde la baie de Fundy est inaccessible. La ville est située sur sur la rivière jadis nommée Habitant et maintenant Cornwallis.

Chester – 30 familles

Vers l’ouest vient ensuite le canton de Chester. Les autorités ouvrene ce canton ouvert à la colonisation en 1769. Il contient actuellement (donc en 1764) une trentaine de familles comprenant environ cent vingt personnes venues de la Nouvelle-Angleterre avec des bestiaux. Il n’y a d’autres améliorations que celles faites par les habitants actuels.

Dublin – établissement délaissé

Ce canton se situe sur le havre et la rivière La Hève. L’autorité le concéda en 1760 à deux cent soixante propriétaires de la colonie du Connecticut. Un petit nombre essaya de s’y établir, et ils n’avaient aucun moyen. Ils y demeurèrent à peine neuf mois puis s’en retournèrent. Il n’y a point d’habitants à présent.

Darmouth – ville fantôme

La ville de Darmouth, située de l’autre côté du havre, n’a, à présent, que deux familles résidentes qui gagnent leur vie à couper du bois.

Fondation de la Nouvelle-Écosse
Illustration : Plan du port de Chebucto et de la ville de Halifax. Gravure créée en 1750. Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, Halifax. Image libre de droit.

Source du texte : Boréal Express.

Pour en apprendre plus :

Laisser un commentaire