Festival d’été de Québec

Pour que le Festival d’été devienne international en 1979 : Des pressions se font à Québec

Le Festival d’été de Québec pourrait devenir international dès l’an prochain. Et comme 1979 sera l’année internationale de l’enfant des Nations Unies, il pourrait avoir pour premier thème le théâtre pour enfant à travers la francophonie. Chose certaine, sa formule et son programme, qui se sont beaucoup modifiés en onze années d’existence, continueront à évoluer s’il n’en tient qu’à Noël Cormier qui le dirige depuis trois ans, après avoir été des équipes d’organisateurs de la Superfrancofétc en ’74 et de la Chant’août en ’75.

D’autres changements

D’ailleurs une subvention spécifique de $18,000 s’est ajoutée cette année aux quelque $600,000 de budget du festival pour financer une recherche sur sa vocation future. Des pressions nombreuses et influentes (« Le gouvernement, affirme Noël Cormier, aurait voulu que ça se soit fait y’a trois mois! ») poussent aussi dans le sens de l’internationalisation et d’une plus grande spécialisation (pour l’instant, le Festival d’été de Québec se consacre à tous les arts d’interprétation ou de scène : musiques populaire et classique, théâtre et danse éventuellement).

Mais Noël Cormier n’est pas partisan de l’improvisation, et verrait d’autres changements à apporter autant à la formule actuelle des dix jours de manifestations culturelles en plusieurs lieux du Vieux Québec (il faudrait déconcentrer, empêcher que chaque événement soit noyé dans vette abondance) qu’à l’organisation et au financement même de cette manifestation (si on veut être sérieux, surtout dans une perspective internationale, déclare Noël Cormier, il faudra engager des artistes jusqu’à un an d’avance et pouvoir compter sur nos budgets deux, trois ans d’avance).

La rue a gagné

C’est tout simplement le désir de faire bénéficier les Québécois de manifestations culturelles dont ils étaient encore trop souvent privés il y a onze ans, qui avait amené la création de ce Festival d’été. Dans un premier temps, on a surtout présenté de la musique classique dans la cours du Séminaire. Puis on a fait venir les grandes vedettes de la chanson. « En prenant le festival en main en ’76, on a voulu donner le festival au monde, arrêter de vendre des billets cinq dollars pour 3,000 personnes au Séminaire, sortir dans la rue, animer les parcs. Mais c’était encore une charnière.

Cette année, la rue a gagné. Le séminaire est revenu à la musique classique, mais gratuite, avec dix grands concerts.

Un portrait de la culture

Cet historique, Noël Cormier le fait hour bien préciser ce qu’est le Festival d’été. « On ne veut pas faire faire des steppettes au monde dans la rue. dit-il. On veut faire un événement culturel, d’abord dresser un portrait de la culture à un moment donné et ensuite rendre ce portrait accessible sous forme de fête populaire. Et je pense qu’on a prouvé que si on donne la chance à du monde de Limoilou d’écouter un quatuor à cordes, ils aiment ça. »

Le secteur le plus vivant

Il faudrait donc selon Noël Cormier que le festival passe de la responsabilité du Haut-Commissariat aux loisirs et aux sports où il est perdu parmi des festivals d’animation populaire, et qu’il revienne aux Affaires culturelles, dans le but d’en faire un événement culturel de première valeur, à l’affût des recherches les plus stimulantes dans la création, choisissant chaque année un thème nouveau permettant de faire le point sur le secteur le plus vivant cette année-là des arts d’interprétation.

Texte paru dans le journal La Presse, le 17 juillet 1978.

Par Bruno Dostie

Festival d'été de Québec
La scène du festival.Source de l’image : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:FEQ_Global.jpg. Licence Creattive Commons Attribution. Auteur : FEQ Communication. Photo prise le 11 juillet 2015.

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