Histoire du Québec

Expédition de Vasco da Gama

Expédition de Vasco de Gama

Pour poursuivre l’œuvre de Dias, le choix du roi Manuel se porta sur Vasco de Gama. On sait peu de choses de cet explorateur. Fils d’un peut fonctionnaire, il était né 1460 la mission que lui était assignée prouve qu’il possédait de bons états de service en tant que marin. Diaz, l’homme du jour, fut chargé de superviser l’armement de trois forts bâtiments à gréement carré, le vaisseau amiral Sao Gabriel, le Sao Raphael et un navire de ravitaillement, dont l’histoire n’a pas retenu le nom. Le Berrio, un bâtiment à gréement latin, complétait l’escadre.

Parce que sa caravelle à gréement latin avait été durement malmenée dans l’Atlantique sud, Dias avait porté son choix sur des navires à gréement carré. C’est également sur le conseil de Dias que Vasco de Gama a déterminé sa route ; il s’écarta franchement de la côte d’Afrique, à hauteur de Sierra Leone, et, piquant vers le large pour éviter les tempêtes côtières et les violents courants de la région, il se laissa ensuite ramener vers le cap de Bonne-Espérance par les vents d’ouest dominants.

Vasco de Gama appareilla de Lisbonne le 8 juillet 1497. Empruntant la route qui lui avait été suggérée, il adopta un itinéraire qui suivront désormais tous les grands voiliers partant d’Europe pour gagner le Cap. Au terme de trois mois de voyage et d’une navigation de 4 mille milles, Vasco de Gama atteignit la baie de Sainte-Hélène, juste au nord de l’actuelle ville du Cap, puis il poursuivit son voyage jusqu’à la baie de Mossel, au nord du cap des Aiguilles. Il y démantela son navire de ravitaillement pour réparer les autres bâtiments.

Au mouillage de la baie de Mossel, il érigea un padron qui fut d’ailleurs rapidement détruit par les indigènes. Il remit cap à l’est. Le littoral s’infléchissait vers le nord et les noms dont il baptisa la côte, Natal, en l’honneur de la Nativité, et les rivières, par exemple, la rivière des Bons Auspices, prouvaient son optimisme ; d’ailleurs, la mer se réchauffait.

Vasco da Gama. À la recherche d’une voie maritime vers les Indes, Diego Cao reconnut la côte occidentale d’Afrique. Un autre Portugais, Barthelemeu Dias, doubla le cap de Bonne-Espérance. Leur compatriote Pêro Covilha emprunta une voie mi-maritime, passant par l’Égypte. Vasco de Gama, s’écartant franchement de la côte de l’Afrique, doubla le cap de Bonne-Espérance et, en fin des comptes, atteignit les Indes en 1498. En 1524, date de l’exécution de ce portrait, il fut nommé vice-roi des comptoirs portugais.

Vasco da Gama. À la recherche d’une voie maritime vers les Indes, Diego Cao reconnut la côte occidentale d’Afrique. Un autre Portugais, Barthelemeu Dias, doubla le cap de Bonne-Espérance. Leur compatriote Pêro Covilha emprunta une voie mi-maritime, passant par l’Égypte. Vasco de Gama, s’écartant franchement de la côte de l’Afrique, doubla le cap de Bonne-Espérance et, en fin des comptes, atteignit les Indes en 1498. En 1524, date de l’exécution de ce portrait, il fut nommé vice-roi des comptoirs portugais.

Après avoir longé une côte désolée, il arriva à Mozambique, un port florissant, à la rade encombrée de grands vaisseaux singuliers, aux quais fourmillant d’Arabes et d’indigènes. Au lieu et place de ces chefs indigènes à demi-nus, qu’une poignée de grelots surexcitait, l’explorateurs rencontra un sultan qui le reçut et qui, traitant avec dédain les marchandises portugaises, luis demanda une pièce d’étoffe écarlate. Vasco de Gama n’en possédait pas.

En dépit de la surprise que lui causait cette reprise de contact avec un monde civilisé, Vasco de Gama demeurait optimiste. Un de ses marins qui avait appris l’arabe du temps de sa captivité chez les Maures, put lui révéler que, plus au nord, il trouverait des ports où se pratique le commerce des épices, des rubis et des perles. Selon un journal de bord tenu par un de ses compagnons, on affirma aux Portugais que « le royaume du Prêtre Jean se trouvait dans cette région et disposait de plusieurs ports, mais que sa capitale, située loin à l’intérieur des terres ne pouvait être atteinte qu’à dos de chameau.

Information trompeuse s’il en était, la nouvelle ne demeurait pas moins la bienvenue. Enrôlant un pilote, Vasco da Gama remit à la voile, cap au nord.

L’étape suivante du voyage fut mouvementée. Moins compétent qu’on aurait pu s’y attendre, le pilote indigène confondit les îles de Kerimba et la terre ferme. Vasco de Gama le fit fouetter. Im peu plus tard. Le Sam Raphael s’échoua sur un haut fond, mais la marée montante permit de le remettre à flot.

Carte du voyage de Vasco de Gama.

Carte du voyage de Vasco de Gama.

À Mombassa, port très actif de la côte de l’actuel Kenya, l’expédition fut l’objet d’une grande méfiance. Les indigènes tentèrent de s’emparer du vaisseau amiral. Rendu particulièrement soupçonneux, Vasco da Gama fit « questionner » (un mot qui figure entre guillemets dans son journal) deux prisonniers maures « en leur versant de l’huile bouillante sur la peau, de façon à ce qu’ils avouent les éventuels complots tramés contre nous ». Les informations recueillies au cours de cet interrogatoire le décidèrent à remonter la côte jusqu’à Malindi où, à sa grande satisfaction, le sultan le reçu avec chaleur.

Il existait à Malindi une communauté d’Hindous et l’explorateur convaincu, bien à tort, qu’il s’agissait de chrétiens, voulut y voir la preuve irréfutable de la proximité du royaume du prêtre Jean. Chose particulièrement importante, il réussit à s’attacher les services d’un nouveau pilote de Goudjerate (Indes occidentales). Celui-ci s’offrit à guider les Portugais jusqu’aux Indes et se révéla un des plus talentueux pilotes de son temps. Grâce à son précieux concours, Vasco de Gama, en mettant cap à l’est, put traverser l’océan Indien. Pour la première fois, des vaisseaux européens se montrèrent sur ces mers.

Vasco jeta l’ancre à Calicut ; le rapport établi en 1490 par Pêro Cavilha, signalait déjà ce port comme l’un des centres les plus actifs de la côte de Malabar. Les précédentes visites des Européens aux Indes ne pouvaient guère inquiéter Arabes et Perses, les maîtres du commerce maritime entre les Indes et la côte d’Afrique. Ces occidentaux étaient trop peu nombreux et leur efforts trop peu coordonnés pour menacer les intérêts des marchands et des armateurs, qui contrôlaient cette route maritime depuis des siècles. L’apparition de la petite escadre de Vasco de Gama constituait un tout autre événement.

De toute évidence, cette expédition qui venait de faire près de la moitié du tour de la terre, avait exigé une importante organisation préalable. En d’autres termes, un monarque européen entendait dorénavant jouer un rôle important dans le commerce des Indes. Ainsi, mis sur leurs gardes, les marchands musulmans réagirent ; ils firent preuve d’une extrême jalousie et de beaucoup de mauvaise volonté.

Exploration des îles.... Photo par Megan Jorgensen.

Exploration des îles…. Photo par Megan Jorgensen.

Du point de vue commercial, le séjour de Vasco de Gama à Calicut fut très décevant. Il eut les plus grandes difficultés à écouler ses cargaisons et a acheté des marchandises en contrepartie. Son assassinat fut même tramé, mais l’amitié dans Maure lui permit d’éventer le complot. Aux yeux de Portugais, toujours optimistes, cette tentative d’assassinat parut particulièrement choquante ; ils demeuraient convaincus que les Indiens étaient des chrétiens opposés par conséquence aux musulmans. Leur conviction était si bien qu’ils prièrent ensemble et la statue de la déesse pour celle de la Madone.

La conclusion du voyage de Vasco de Gama

En fin de compte, le 29 août 1498, Vasco de Gama décida que son séjour aux Indes ne pouvait guère lui rapporter davantage et il appareilla pour l’Europe. La traversée de l’océan Indien prit trois mois et le scorbut fit tant de ravages à bord des bâtiments que l’explorateur dut détruire le Sao Raphael dans les parages de Mombasa ; il n’avait plus assez d’hommes pour armer les trois navires.

Aucun incident major ne marqua le reste du voyage et, en septembre 1499, Vasco da Gama, après avoir parcouru 24 000 milles en près de deux ans, rentra à Lisbonne. Sur les 170 hommes que comptaient ses équipages au départ, il en restait 44.

À la nouvelle du succès de l’expédition, l’Europe réagit avec un mélange d’enthousiasme et d’inquiétude. Dans une lettre adressée à Ferdinand et à Isabel, le roi Manuel exprime sa jubilation : « le but major de ce voyage étant de servir Dieu Toupuissant, et aussi d’acquérir des avantages personnels, et lui a plu, dans Sa grande bienveillance, de favoriser leur voyage.

Un nouveau monde vient de s’ouvrir à l’œuvre missionnaire et, de plus », remarque Manuel avec exaltation, « chrétienté de cette partie de l’Europe pourra se procurer des épices et des pierreries ».

Cependant, les commerçants et les marchands, qui avaient mise sur la traditionnelle route des épices, en service depuis des siècles à travers la Méditerranée, étaient consternés. Selon leur habitude, les Portugais défendaient jalousement le secret des routes suivies par Vasco de Gama. L’Europe savait seulement qu’il avait atteint les Indes. À grand renfort d’espions et d’argent, les Européens – et surtout les Italiens – s’efforcèrent d’obtenir des détails sur la nature exacte du voyage. Le commerce mondial abordait une ère nouvelle.

Par ailleurs, une époque s’achevait. L’appareillage de Vasco de Gama de Malindi à destination des Indes mettait pratiquement un terme à la reconnaissance des côtes de l’Afrique entreprise par la Renaissance. En 1500, une tempête dérouta un navire de la seconde expédition vers les Indes, ce qui permit la découverte de Madagascar et au cours du sixième siècle, d’autres expéditions explorèrent en détail la côte orientale de l’Afrique du Sud. Certes nécessaires et fructueux, ces voyages n’eurent pas le même impact que les éblouissantes premières réalisées par Vasco de Gama au cours de l’entreprise qui avait pour la première fois amené des navires européens dans l’océan indien.

En atteignant l’Inde, le navigateur avait pris rang parmi les plus grands explorateurs. Pour vaincre les obstacles, la distance à couvrir, le difficile atterrage l’extrémité de la côte d’Afrique après un large proche en Atlantique, les violents courants contraires du Mozambique et de quelques autres lieux, il lui avait fallu faire preuve d’un courage, d’une science et d’un sens mo hors de pair, en un mot des qualités égalées seulement par son remarquable contemporain Christophe Colomb. Comme Colomb, Vasco de Gama contribua à donner aux Européens une conception du monde entièrement nouvelle. L’homme échappait à l’emprise des trois continents qu’il connaissait. Les océans s’ouvraient devant lui pour lui permettre d’explorer le monde et de l’exploiter.

L’Art des Indes. « Ils nous jetèrent de l’eau bénite », lit-on dans le journal de bord, « et nous donnèrent un peu de cette terre blanche, dont les chrétiens de ce pays ont l’habitude de se frotter le front, la poitrine, le cou et les avant-bras… Des peintures murales représentaient de nombreux saints, la tête ceinte d’une couronne ; ces peintures étaient d’une certaine diversité et les uns avaient plusieurs bras, les autres des dents pointant d’un bon pouce » (Vasco da Gama).

L’Art des Indes. « Ils nous jetèrent de l’eau bénite », lit-on dans le journal de bord, « et nous donnèrent un peu de cette terre blanche, dont les chrétiens de ce pays ont l’habitude de se frotter le front, la poitrine, le cou et les avant-bras… Des peintures murales représentaient de nombreux saints, la tête ceinte d’une couronne ; ces peintures étaient d’une certaine diversité et les uns avaient plusieurs bras, les autres des dents pointant d’un bon pouce » (Vasco da Gama).