Le pouls de notre pays : enquête ethnologique sur la population du Canada
Les spécialistes que le Boréal Express avait envoyés à travers tout le pays pour y mener une enquête ethnologique scientifique sur la population ont terminé leur travail. On éditera bientôt leur volumineux rapport. Il constituera donc un ouvrage indispensable pour tous ceux qu’intéressent la sociologie et la géographie humaine. Nous donnons dans cette page une série de précisions. On les a empruntées à ce rapport qui fera époque.
Les résultats de notre enquête ethnologique
Un des résultats les plus intéressants de la grande enquête sociologique et ethnologique que nous avons menée c’est de constater que la population du pays continue d’augmenter à un rythme régulier. Cela indique de manière indiscutable la santé des peuples qui de l’Atlantique au Pacifique vivent sur notre immense territoire.
Nous avons constaté, grâce aux techniques les plus récentes, que la population qui vit au nord du quarantecinquième degré de latitude nord atteint le chiffre record de deux cent vingt mille habitants. Si nous y ajoutons les soixante-douze mille indiens qui vivent en Alaska et les dix mille habitants du Groenland, nous arrivons au chiffre incroyable de trois cent deux mille habitants.
Nous sommes évidemment encore loin des huit cent quarante-six mille indiens qui vivent dans l’immense pays qui est notre voisin du sud. Il n’est pas impossible cependant que certains facteurs économiques comme la migration des troupeaux de bisons dans les plaines de l’Ouest ou l’augmentation des échanges commerciaux dans la région du nord Outaouais viennent jouer en notre faveur. Notre population semble donc appelée à atteindre de nouveaux sommets d’ici un quart aie siècle.
D’où venons-nous, quel âge avons-nous ?
Une des questions qui a le plus fasciné nos experts est celle de nos origines. D’où viennent les indiens et depuis quand habitent-ils le territoire qui se situe au nord du 45e degré de latitude nord ?
Il semble bien que d’après les traditions qu’ils ont pu relever dans les différentes tribus, nos enquêteurs soient capables de répondre avec assez d’exactitude à ces questions d’une importance primordiale.
Nous venons de l’Asie. Cela ne fait aucun doute. C’est du moins l’avis d’un des ethnologues qui ont participé à l’enquête. Celui-ci base ses dires sur la configuration du visage qui est le nôtre : pommettes protubérantes, yeux bridés légèrement.
On affirme aussi que la seule voie pour venir au pays autrefois était celle du détroit de Béring qui, il y a plusieurs mille ans étaient entièrement couvert de glace.
Cette venue eut-elle lieu il y a bien longtemps ? Certains affirment qu’elle remonte à vingt-cinq mille années. D’autres soutiennent qu’il faut aller encore plus en arrière dans l’histoire et remonter jusqu’à il y a quarante mille ans. Nous ne prétendons pas entrer dans cette querelle de savants.
Disons tout simplement que nous sommes depuis bien longtemps au pays puisque nous y sommes
venus il y a vingt-cinq ou quarante mille ans.
Les OJIBWAYS et les CRIS: les nations les plus populeuses du pays
Le recensement entrepris à l’occasion de notre enquête sociologique et ethnologique nous permet désormais de comparer la population non seulement des 7 grandes familles indiennes qui habitent au nord du 45e degré de latitude nord mais aussi la population des tribus distinctes qu’on retrouve à l’intérieur de chacune de ces grandes familles.
C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la tribu la plus populeuse est celle des Ojibways, qui compte vingt mille membres. Elle est suivie par la tribu des Cris qui a à-peu-près la même population.
Par contre il semble bien que la tribu la moins populeuse soit celle des Sards, une tribu des plaines de l’Ouest. On dit même assez couramment dans les milieux indiens de l’Ouest que les Sards qui comptent à peine huit cents membres disparaîtraient rapidement n’était la protection dont les entourent leurs puissants voisins, les Pieds Noirs qui eux sont au nombre de sept à huit mille.
L’algonquin est la langue la plus courante
L’algonquin est certainement la langue utilisée par le plus grand nombre de personnes dans notre pays. On peut dire que l’algonquin est employé depuis les rives de l’Atlantique jusqu’aux Montagnes rocheuses. En effet tous les indiens des tribus nomades des boisés de l’Est parlent l’algonquin. Cela nous conduit donc jusqu’aux plaines de l’Ouest puisque les Ojibway, qui sont de cette famille occupent un territoire qui va du nord-ouest des Grands Lacs jusqu’à l’intérieur des plaines.
Ce qui est plus surprenant, c’est que certaines tribus des plaines utilisent elles aussi ce langage. C’est le cas, entre autres de la tribu des Pieds Noirs et de la tribu du Sang.
Nos enquêteurs ont, en tout, dénombré onze langues différentes sur tout notre territoire. Après l’algonquin, la plus répandue d’entre elles est l’iroquois. Nous terminons par une note très curieuse.
Parmi les onze langues parlées dans notre pays, six sont des langues qui ne sont utilisées que chez les indiens de la côte du Pacifique. Cette multitude de langues qui se rencontrent dans un territoire relativement limité crée un problème de communication presqu’insurmontable à certains moments.

Pour en apprendre plus :
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.