L’Église et la vie religieuse en Nouvelle-France
Dès 1664, Monseigneur de Laval vois à l’organisation du clergé séculier dans la colonie. Pour se faire, il divise le territoire en paroisses et encourage la construction d’églises dans les seigneuries, où la population est suffisamment nombreuse. L’église est au cœur de la vie religieuse et sociale des paroisses. Le parvis de l’église, la place située devant l’église, est en lieu de rassemblement important pour les habitants d’une paroisse, les paroissiens.
Chaque paroisse et son église sont sous la responsabilité d’un prêtre du clergé séculier, qui porte le titre de curé. Celui-ci encadre la vie spirituelle des paroissiens. Il célèbre les messes et il veille au respect des rites et des règles catholiques, comme faire la prière du matin et du soir, ne pas travailler le dimanche, ne pas manger de viande le vendredi ou observer le carême. Le curé organise des événements pour souligner la fête de certains personnages importants du catholicisme comme la Vierge Marie, ou encore pour rendre grâce à Dieu.
Le rôle social et économique de l’Église
La communauté religieuse joue un rôle social important, car ce sont elles qui assument l’éducation, les soins aux malades et l’aide aux pauvres, des domaines dont l’État ne s’occupe pas.
Le clergé séculier encadre également la vie sociale de la population de la Nouvelle-France. Dans les paroisses, les curés critiquent publiquement les comportements qu’ils jugent contraire à la morale chrétienne, comme des tenues jugées non convenables pour les femmes, la consommation d’eau-de-vie dans les cabarets ou encore le trafic de cet alcool par les coureurs des bois. Les nobles et les grands marchands de la colonie sont eux aussi visés par les critiques du clergé. Par exemple, en 1694, le nouvel évêque de Québec, Monseigneur de Saint-Vallier, réussit a empêcher la présentation de la comédie Tartuffe de Molière, une pièce de théâtre pourtant approuvée par Louis XIV. Cette pièce très populaire à la cour du roi, déplait à l’Église, car l’un de ses principaux thèmes est la critique de la religion.
L’église joue aussi un rôle important dans le développement économique de la Nouvelle-France. Vers 1750, plus du quart du domaine seigneurial appartient à des communautés religieuses : les Sulpiciens à Montréal, les Jésuites, les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec et les prêtres du Séminaire de Québec. Ces communautés investissent beaucoup d’efforts et d’argent pour peupler leurs seigneuries et y développer l’agriculture. Leurs seigneuries sont parmi les plus riches et les plus peuplées de la colonie.
Notes
Paroisse : division territoriale à l’intérieur d’une diocèse.
Carême : Période de jeûne et de privation d’une durée de 40 jours qui précède la fête chrétienne de Pâques.
Cabaret : Petite auberge où les habitants peuvent consommer des boissons alcoolisées et de la nourriture.
Domaine seigneurial : Ensemble du territoire couvert par les seigneuries.
