Une économie en transformation au Bas-Canada au début du XIXe siècle
Vers la fin du 18e siècle, l’économie de la Grande-Bretagne s’est transforme radicalement. Les progrès scientifiques et technologiques, dont l’invention des machines à vapeur, amènent la construction d’immenses manufactures et des grandes usines. La capacité de production de marchandises ne cesse d’augmenter. La métropole est en pleine révolution industrielle. Elle compte plus que jamais sur ses colonies pour l’approvisionner en matières premières.
L’empire britannique et le protectionnisme
Pour répondre à ses besoins en matières premières et favoriser la vente de ses marchandises, la Grande-Bretagne applique des politiques mercantilistes basées sur le protectionnisme. Ces politiques encouragent les échanges commerciaux à l’intérieur de l’Empire britannique, tout en limitant et en contrôlant l’entrée de matières premières et des marchandises provenant de l’étranger.
Parmi ces politiques, on trouve les Navigation Acts, les plus anciennes lois protectionnistes britanniques. Ces lois interdisent aux navires étrangers d’utiliser les ports et les voies maritimes qui appartiennent à la métropole. Les Navigation Acts garantissent aux marchands britanniques l’exclusivité du commerce dans l’empire colonial.
La Grande-Bretagne applique également des tarifs préférentiels afin de favoriser l’achat de matières premières en provenance de ces colonies. Par exemple, les Corns Laws, une série de lois adoptées par Londres en 1815, encourageant l’achat de céréales produites dans les colonies britanniques et surtaxent l’importation des céréales qui proviennent de l’étranger. Au Bas-Canada, c’est le commerce du bois qui profite le plus des politiques protectionnistes britanniques.
Le déclin du commerce des fourrures
Vers 1791, les fourrures constituent environ 50% des exportations du Bas-Canada. Toutefois, au début des années 1800, la demande européenne pour les fourrures diminue, ce qui fait chuter les prix. De plus, l’éloignement des territoires de traite à l’ouest des Grands lacs, occasionne une hausse des coûts de transport. Le commerce des fourrures n’est plus aussi rentable.
La compagnie du Nord-Ouest et la compagnie de la Baie d’Hudson se livrent une féroce concurrence qui nuit également à la rentabilité du commerce des fourrures. En 1821, Londres demande d’ailleurs aux deux compagnies de fusionner pour n’en former qu’une seule : la compagnie de la baie d’Hudson. Les fourrures sont dorénavant expédiées au Royaume-Uni à partir des ports de la baie d’Hudson et non plus à partir de Montréal.
Notes
Révolution industrielle : Transformation rapide des moyens de production des biens marquée par le passage d’un mode de production artisanale a un mode de production en très grande quantité.
Protectionnisme : Politiques qui visent à protéger l’économie d’un État contre la concurrence étrangère.
Tarifs préférentiels : Tarifs plus bas que celui du marché qui donnent un avantage concurrentiel aux marchands, aux entreprises et aux colonies qui en bénéficient.
Fusionner : Regrouper, éloigner plusieurs compagnies pour n’en former qu’une seule.
Illustration : Une manufacture au début de la révolution industrielle. Entre 1750 et 1820, la révolution industrielle transforme la Grande-Bretagne de façon significative.
Source du texte : Le Québec en deux temps. Par Virginie Krysztofiak, Paul Ste-Marie, Raymond Duchesne, Geneviève Goulet. Éditions Pearson, 1989.
