La Corriveau a disparu : on ne peut trouver son corps
Lévis — Les gens de la Pointe-Lévis n’entendent plus, la nuit, les grincements des chaînes de la Corriveau. Son corps noirci ainsi que la cage qui l’emprisonnait disparaissent mystérieusement au cours d’une nuit, il y a plusieurs mois. On ignore ou l’on feint d’ignorer où s’est rendu le tout.
Les enfants et les passants nocturnes n’auront plus crainte maintenant d’avoir le haut-le-cœur ou la frousse à la vision de la pendue qui a bien payé pour son crime. Tous les paroissiens de Saint-Vallier de Québec se rappellent les coups de théâtre de ce fameux procès de 1763. On venait d’accuser Marie-Josephte Corriveau du meurtre de son mari. La Justice accusa d’abord son père, Joseph, d’avoir assommé Louis Didier, son gendre, à coups de broc et de l’avoir traîné à l’écurie pour faire croire à une mort due à la ruade.
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Le 10 avril 1763, la Cour Martiale condamnait Joseph Corriveau à la pendaison. Ensuite, sa fille devait recevoir « 60 coups de fouet à 9 branches sur le dos nu, à trois différents endroits. Savoir : sous la potence, sur la place du marché de Québec et dans la paroisse de Saint-Vallier. Vingt coups donc à chaque endroit. À se voir marquée d’un fer rouge à la main gauche avec la lettre « M ». La Cour condamna Isabelle Sylvain, convaincue de parjure, à subir le même sort que la Corriveau, sauf que la lettre était le « P » pour parjure.
Quelques jours après le prononcé de la sentence, le père Corriveau se ravisa et déclara tout à la justice. Il n’avait pas trempé dans le meurtre et sa fille était seule coupable. Thomas Mills, le major de la ville, prononça la sentence suivante : « Marie-Josephte Corriveau sera mise à mort pour ce crime et son corps sera suspendu dans les chaînes à l’endroit que le gouverneur croira devoir désigner. »
La Corriveau, après sa pendaison, fut exposée aux carrefours des chemins, à la Pointe-Lévis, à un arpent du chemin. Une cage de fer, suspendue à un po*teau, contenait le cadavre.
La rumeur publique affirme que la Corriveau aurait assassiné son premier mari, en lui versant « du plomb fondu dans l’oreille.
(Source du texte : journal Le Boréal Express).
