Construction navale à Montréal

Construction navale à Montréal au XIXe siècle

Le développement de la navigation avait fait naître à Montréal une industrie nouvelle, dont Québec avait jusque-là le monopole: la construction de navires. En 1806 David Munn, plus tard en société avec Robert Hunter, créa un premier chantier de construction, d’où sortirent plusieurs vaisseaux à voile ou à vapeur, pour la navigation sur le fleuve. De 1806 à 1838 d’autres constructeurs mirent en chantier des navires, d’un tonnage variant de 150 à 600 tonnes. Mais la compagnie la plus importante dans cette industrie fut organisée par MM. Shay & Merritt en 1829.

Durant les neuf années qui suivirent, de leurs cales, situées au pied du Courant Ste-Marie, furent lancés plus de vingt vaisseaux, pour la navigation fluviale et même maritime, pour le compte des armateurs et des marchands de Montréal, et aussi de l’Angleterre. Il est intéressant de noter qu’il y a cent ans, Montréal possédait des chantiers de construction maritime comme le montre le tableau suivant :

Bateaux à vapeur Longueur Destination

British America 170 pieds Torrance & Co., Montréal
John Bull 182 pieds id
St. George 160 pieds id
Canada 175 pieds id

Eagle 140 pieds James Greenfield, Commerce
Canadian Patriot 130 pieds
Britannia 130 pieds Torrance & Co.
Varennes 140 pieds Rasco & Co.
Montreal 96 pieds James Wait, Montréal-Qu.bec

Voliers Tonnage Destination

Brilliant 345 tonnes Montréal et Londres
Toronto 345 tonnes
Thalia 472 tonnes dans la mer Baltique
Douglas 348
Gypsey 572 Millar & Co, Londres
John Knox – 347 Angleterre
Glasgow – 347 id
Thistle 260 – Indes Occidentales
Colborne 340 – Angleterre
Wetherall 252 – id.

Dans cette branche de l’industrie n’apparaît encore aucun nom canadien.

L’on remarquera, dans le tableau suivant, que le tonnage moyen des vaisseaux d’outre-mer était inférieur d’au moins trente pour cent à celui des vaisseaux construits à Montréal après 1829, d’une capacité moyenne de 363 tonnes, alors que les navires étrangers n’enregistrent que 232 tonnes comme moyenne.

Année 1832 117 vaisseaux, 27,713 tonnes
1833 – 137 30,864
1834 – 89 20,105
1835 – 108 22,729
1836 – 93 22,133
1837 – 91 22,668
1838 – 63 15,750

Le mouvement des vaisseaux dans le port indique pour l’époque une grande activité commerciale, relativement au chiffre peu élevé de la population de Montréal, — 30 à 35 mille habitants.

Le commerce d’importation en 1836, atteignait £1,241,933. Les exportations étaient loin de se comparer avec les importations en ce temps-là; et pourtant, le Canada, Montréal tout particulièrement, jouissait d’une prospérité toujours grandissante. Malgré que l’inverse se produise souvent de nos jours dans les échanges internationaux, l’on constate qu’une contraction des forces économiques paralyse les diverses formes de l’activité commerciale-industrielle et amène partout la gêne, la pauvreté, le chômage.

(Source : Camille Bertrand, Histoire de Montréal, part II).

Port de Québec
Port de Québec au 19 siècle, gravure de l’époque, image libre de droits.

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