Champlain, victime d’un attentat
Québec. 1608. — Les débuts de l’établissement à Québec ne furent pas exempts d’heures sombres. On était à peine arrivé à Québec qu’un nommé Duval trama un complot contre la vie de Champlain. Le motif, à première vue, semble être le mécontentement des Basques qui n’acceptaient pas que soit établi un monopole de commerce en Nouvelle-France. La rencontre Français-Basques à Tadoussac, l’an dernier, en est la preuve.
Sans doute, lors de cette rencontre en juin 1608, Jean Duval entra en contact avec les Basques qui lui promirent une récompense s’il réussissait à supprimer Champlain et empêcher ainsi l’établissement de Québec.
L’appât du gain fit que, en quelques jours, la plupart des compagnons de Champlain, à Québec, acceptèrent de participer au meurtre du géographe. Même son laquais céda, sans doute à la suite de menaces de mort.
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L’on délibéra quelque temps sur le genre de mort : le poison, l’étranglement, une traînée de poudre qui ferait sauter le personnage, une fausse alarme de nuit où l’on profiterait de la sortie de Champlain pour lui tirer dessus. Le tout devait se faire avant le retour de la barque partie chercher les vivres à Tadoussac.
Heureusement, le remords pousse le serrurier Natel à tout révéler au capitaine Testu qui vient d’arriver de Tadoussac. Ce dernier donne à Champlain un rendez-vous dans un bois environnant, où il dévoile au chef le danger qu’il court. Pour s’emparer facilement des rebelles, on imagine le stratagème suivant : un jeune homme de la barque de Testu dira à Duval et à ses galants que les Basques leur envoient, en guise de présent, deux bouteilles de vin. S’ils désirent en prendre possession, il n’ont qu’à se rendre à la barque. Sur le coup de dix heures, Champlain les met sous arrêt, puis il fait lever ceux qui restent et les force à avouer leur machination.
Six sont sous arrêt, mais on relâche deux immédiatement. Soit le chirurgien Bonnerme et un nommé LaTaille. Après un procès sommaire, Duval est condamné à être pendu à Québec. Sa tête sera mise au bout d’une pique et plantée au lieu le plus éminent du fort. Quant aux trois autres, ils furent eux aussi condamnés à être pendus. Pourtant, on les remit à la justice de la métropole.
Ce complot inqualifiable met une ombre tragique sur les commencements de l’habitation de Québec.
Pour en apprendre plus :
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
