La chute de Louisbourg, prélude à la défaite
Chute de Louisbourg : Pour les responsables de la stratégie anglaise en Amérique, prendre Louisbourg, c’était mettre la main sur Québec et tout le Canada. C’est pourquoi tous les plans d’attaque sur la vallée du Saint-Laurent commençaient infailliblement par une attaque contre la puissante forteresse de l’île Saint-Jean.
En 1758, les forces anglaises qui se présentèrent devant Louisbourg étaient très imposantes. En effet, il y avait 23 navires de ligne, 18 frégates, 15l transports de troupe, 12,000 marins. La flotte commandée par l’amiral Boscawen, 12,000 soldats sous les ordres du général Amherst.
La forteresse ne peut opposer à cette masse d’hommes que treize navires de ligne, 3,500 marins commandés par l’amiral Des Gouttes, 3,000 soldats réguliers, 1,000 miliciens et 500 Indiens.
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Il reste, pour rétablir l’équilibre de ces deux armées, la puissance des murs de Louisbourg. Or, au moment où le commandant Drucourt prend son poste, le 15 août 1754, aucune réparation n’a été effectuée depuis le siège et la prise de la ville en 1745, même si celle-ci a été retournée à la France en 1748.
Drucourt ayant demandé à tous ses hommes de se replier sur la ville, les Anglais s’emparent sans coup férir des batteries extérieures et les tournent contre la ville.
Après plusieurs tentatives infructueuses, les Anglais réussissent enfin à établir une solide tête de pont près de la forteresse. Commandés par Wolfe, les Britanniques investissent rapidement la place, l’entourent de tranchées et de mines. Sans arrêt les assaillants bombardent la ville où l’on reçoit jusqu’à 1,200 obus par jour.
Le bombardement détruit tout: murs, maisons, hôpitaux, etc. L’épouse du commandant fait elle-même le coup de canon jusqu’à trois fois par jour. Drucourt étire le siège tant qu’il peut, sachant bien que Louisbourg est la clé du Saint-Laurent et qu’aussi longtemps qu’il maintiendra la résistance la voie de Québec demeure fermée aux Anglais.
Il doit pourtant rendre la place le 26 juillet devant un ultimatum des assiégeants. Drucourt voulut d’abord refuser et se battre jusqu’au bout. Mais une pétition des civils enfermés dans les casemates depuis le début du siège le décida à plier devant l’ultimatum anglais. Humiliés, les soldats et les officiers des régiments réguliers-disent tout haut leur mécontentement. Le régiment de Cambrise brise ses mousquets et brûle ses drapeaux plutôt que de les rendre à l’ennemi.
C’était bien la fin, cette fois, pour la grande forteresse de l’île Saint-Jean. Le Gouvernement français y avait englouti de trente à quarante-cinq millions. On a souvent dit que si tout cet argent avait vraiment été employé à la fortification de Louisbourg, la place n’aurait jamais pu être prise d’assaut
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
