Cantons de la région de l’Eeyou Istchee

Cantons, lacs et rivières de la région de l’Eeyou Istchee

Canton Joutel

Canton de la région administrative du Nord-du-Québec qui s’étend à 100 km au nord d’Amos. Son territoire est baigné par quelques petites nappes d’eau, notamment par les lacs Jouve, Bergevin, Lauzon et Joutel, Les collines Cartwright et le village de Joutel, à vocation minière, font également partie du canton. Ce nom de lieu choisi en 1945 évoque Henri Joutel, bourgeois de Rouen, qui participa à la dernière expédition de Robert Cavelieer de La Salle au Mississippi et en Louisiane. Il rédigea la Relation de ce voyage qui couvre les années 1684 à 1688 et qui sera publiée à Paris, en 1713. Le père Charlevoix écrit au sujet de Joutel, qu’il était un fort honnête homme, et le seul de la troupe de La Salle sur qui le célèbre voyageur pouvait compter.

Lac Jules-Léger

Sur le territoire de la vaste municipalité de Eeyou Istchee et dans le voisinage des monts Otish se trouve cette nappe d’eau qui s’étire sur quelques 8 km. Attribué en 1982, le toponyme évoque la mémoire de Jules Léger (1913-1980), ancien gouverneur général du Canada. Né à Saint-Anicet, dans Huntingdon, il détiendra un doctorat en droit de Paris et pratiquera le journalisme avant d’entreprendre sa carrière diplomatique, en 1940. Successivement ambassadeur à Mexico, Rome, Paris et Bruxelles, il fut nommé sous-secrétaire d’État aux Affaires extérieures en 1968. De 1974 à 1979, enfin, il sera gouverneur général du Canada. Il était le frère aîné du cardinal Paul-Émile-Léger, décédé en 1991.

Rivière Chauvreulx

Embranchement sud-est de la rivière Kanaaupscow, qui se jette dans le réservoir LG Deux, la rivière Chauvreulx se trouve dans le Nord québécois. Prenant sa source aux environs des lacs Kawinawasich et Mistasckakw, elle sillonne une contrée relativement unie et élevée sur une distance de 112 km en direction ouest-sud-ouest. En usage depuis 1963, le nom de ce cours d’eau rappelle Claude-Jean-Baptiste-Chavreulx, prêtre, sulpicien, missionnaire, originaire d’Orléans (né vers 1706 et mort ers 1760). Ordonné prêtre par monseigneur Dosquet, évêque coadjuteur de Québec, en 1730, Chavreulx est d’abord nommé à la paroisse de Notre-Dame-de-Montréal. Il retourne en France en 1732, puis accepte de revenir en Acadie en 1735. Il devint alors le premier curé résident de la paroisse de Pisiquid (aujourd’hui, Windsor) en Nouvelle-Écosse. En 1749, seul prêtre du bassin des Mines, il s’installe à Saint-Charles-de-Grand-Pré. En 1755, peu avant la déportation des Acadiens, il est fait prisonnier par les Anglais, conduit à Halifax puis à Portsmouth. Il passe par la suite à Saint-Malo pour finir ses jours à Orléans, dans sa famille. Les Cris identifient ce cours d’eau sous le nom Amamustikwayach, « rivières qui coulent parallèlement ».

Canton de Saint-Simon

Baigné par l’extrémité sud du lac Albanel, le territoire de ce canton est imbibé de fondrières à filaments et compte de nombreuses étendues d’eau parmi lesquelles se distinguent les lacs Paul-Denis et Marchant. Son relief sur lequel courent quelques eskers s’élève à 472 m d’altitude. Paul Denys de Saint-Simon (1649-1731), en l’honneur duquel cette unité géographique a été nommée, fut prévôt de la maréchaussée (corps de police) de 1689 1714, membre intérimaire (1710), puis membre en titre du Conseil souverain (1714- à 1731). Du mois d’août 1671 au mois d’août 1672, il a accompagné le père Charles Albanel dans un voyage qui l’a mené de Tadoussac à la baie James. Il planta le drapeau de la France, au lac Nemiscau, le 9 juillet 1672. Son nom est donc inscrit dans la région qui rappelle cette expédition.

Canton de Marest

Situé à quelque 55 km au sud-est de Matagami, dans la région administrative du Nord-du-Québec, ce canton est arrosé par la rivière Belle et le chenal de l’Ouest qui délimitent un vaste territoire d’environ 200 kilomètres carrés appelé Île Canica. Dans sa partie ouest se rencontre un autre important cours d’eau, la rivière Daniel. Le nom évoque le père jésuite Pierre-Gabriel Marest (1662-1714), qui est arrivé au Canada en 1694. Il est alors nommé aumônier dans l’expédition de Pierre Le Moyne d’Iberville à la baie d’Hudson. Dès l’été 1695, d’Iberville retourne en France mais Marest demeure avec la garnison. Fait prisonnier l’année suivante par les gens de la Compagnie de la Baie d’Hudson, il est conduit en Angleterre. Revenu dans la colonie en 1697, Marest se rend à la mission des Illinois. Il y séjournera jusqu’à son décès à Kaskaskia, des suites d’une épidémie.

Canton de Margry

Ce canton, qui est compris dans le territoire de la vaste municipalité de Baie-James, renferme notamment les lacs Nicobi et Margry. Il est situé à environ 115 km au sud-ouest de Chibougamau. Attribué en 1947, le nom de ce canton rappelle, Pierre Margry (1818-1894), archiviste et paléographe français. Entre 1879 et 1888, ce savant a publié deux importants recueils documentaires, formant douze volumes et portant sur les découvertes et les établissements des Français dans l’Ouest et le Sud de l’Amérique septentrionale, entre 1614 et 1754.

Canton de Clérin

Le canton de Clérin se trouve à une latitude correspondant à la rive sud du grand lac Mistassini. Il est constitué par de nombreuses collines dont les plus élevées atteignent 440 mètres. Par les cours d’eau qui l’arrosent et se jettent dans la rivière Maicasagi au sud, cet espace géographique appartient au réseau hydrographique de la rivière Nottaway dont l’embouchure s’ouvre sur la baie James. Le nom de Clérin a été attribué en l’honneur de Denis d’Estienne Du Bourgué de Clérin (vers 1660-1719), officier qui a servi au fort Niagara en 1688 et à Montréal, de 1689 à 1701, où il fut remarqué comme aide-major. Le nom d’Estienne lui venait de son père et celui de Clérin, de sa mère.

Canton de Comtois

Le nom de ce canton a été attribué en l’honneur d’Alfred-Odilon Comtois (1876-1945), prêtre, professeur au séminaire de Trois-Rivières, qui eut comme élève, notamment, Maurice Duplessis, futur premier ministre du Québec. Par la suite, il devint directeur du Grand Séminaire, principal de l’École normale, vicaire du diocèse et finalement évêque de Trois-Rivières, en 1935. Le canton est situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Lebel-sur-Quévillon. Limité à l’est par la rivière Bell, il appartient, de ce fait, au bassin hydrographique méridional de la rivière Nottaway qui débouche dans la baie James. Entre la rivière Bell et la rivière Laflamme qui coupe la partie nord-ouest, le terrain dépasse à peine 300 mètres. Le canton paraît en 1946 sur la carte officielle du Québec.

Canton Currie

À une trentaine de kilomètres au nord de Lebel-sur-Quévillon, se trouve le canton inhabité de Currie qui comprend, entre autres, les lacs Madeleine et Esther. Son relief se situe à une altitude variant entre 300 et 420 m. Le personnage ici honoré est sir Arthur William Currie, militaire, né à Napperton (Ontario), en 1875, général de brigade (1914) et général divisionnaire (1915) ayant commandé le corps expéditionnaire canadien en France, de 1917 à 1919. Après son service outremer durant la Première Guerre mondiale, il occupa le poste de directeur et vice-chancelier de l’Université McGill, de 1920 jusqu’à sa mort, survenue en 1933. Une année plus tard, la Commission de géographie attribuait son nom au canton.

Canton Cuvier

Le baron Georges Cuvier (1769-1832), zoologiste et paléontologue, qui a établi les principes anatomiques fondamentaux de la subordination des organes et de la corrélation des formes, était partisan du fixisme. Il a publié son important « Discours sur les révolutions de la surface du globe », en 1825. Son nom identifie, depuis 1930, un canton inhabité situé à 25 km à l’ouest de Chibougamau, arrosé par la rivière Opémisca et le lac du même nom qui en occupe la partie sud. Le mont Opémisca, à une altitude de 537 m, domine d’environ 170 m le relief plat et marécageux qui l’environne. Près de cette division territoriale deux autres cantons honorent, par leur nom, les savants français Lamarck et Brongniart.

On se figure généralement dans le grand public, qu’il suffit de se procurer une grosse lunette et de la braquer sur les mondes planétaires pour y apercevoir des merveilles. C’est là une très grave illusion. (Abbé Moreux La vie sur Mars (1924). Photographie de Megan Jorgensen.
On se figure généralement dans le grand public, qu’il suffit de se procurer une grosse lunette et de la braquer sur les mondes planétaires pour y apercevoir des merveilles. C’est là une très grave illusion. (Abbé Moreux La vie sur Mars (1924). Photographie de Megan Jorgensen.

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