Histoire du Québec

Baie d'Ungava

Baie d’Ungava

Cette baie est s’étend sur la côte nord du Québec. Elle séparant, avec le détroit d’Hudson, le Nunavik de l’île de Baffin (au Nunavut). La rive de la baie d’Ungava une longueur d’environ 180 kilomètres et couvre une surface estimée à 50 000 kilomètres carrés. Elle est plutôt peu profonde, bien qu’à sa jonction avec l’océan Arctique, elle atteigne une profondeur d’environ 150 mètres. Des îles qui sont situées dans la baie d’Ungava, la plus large est l’île Akpatok qui fait partie du territoire du Nunavut.

Luc Tunulliup

Mesurant environ 3,5 km sur 2 km, le lac Tunnulliup se situe à 2,5 km au sud-est de la baie d’Ungava. Il résulte de l’élargissement de la rivière Lagrevé que se jette dans la baie d’Ungava. On note, sur toute sont étendue, de nombreux îlots et presqu’îles, ces derniers longiformes, qui scindent le lac en deux nappes d’eau presque distinctes. Son nom, provenant de l’inuktitut, souligne probablement cette particularité géographique : le lac qui appartient à celui en arrière. Il fut relevé sous la forme Tunulliq, en 1968, puis remplacé par Tunulliup, en 1983, à la suite des nouvelles données recueillies sur le terrain.

Cap William-Smith

Point le plus septentrional du Québec continental du côté est de la baie d’Ungava, ce cap est baigné par les eaux du bras de mer appelé Forbes Sound, en face de Killiniqu, lieu-dit situé sur l’île du même nom. Il s’agit davantage d’une pointe que d’un cap. Ce dernier tire son nom de William Smith, sous-ministre de la Marine et des Pêcheries du Canada en 1868 et 1869. Le nom de C. William Smith a paru sur la carte du district d’Ungava accompagnant le neuvième rapport de la Commission de géographie du Canada de 1911 préparé par James White. De leurs côté, les Inuits le connaissent sous le nom de Nuvukuluk, terme qui signifie le petit cap ou la petite pointe.

Anse Tasiujakuluk

Cette anse est située dans le Nord québécois, à l’embouchure de la rivière Korok, dans la partie sud-est de la baie d’Ungava, à environ 15 km au nord de la municipalité du village nordique de Kangiqsualujjuaq et de la rivière George. Paraissant sur divers documents cartographiques depuis le début des années 1970, le spécifique Tasiujakuluk signifie la petite anse qui ressemble à un lac en langue inuite.

Tuttutuuq

Nom d’une rivière, mais aussi d’un lac et d’une pointe qui font partie du bassin hydrographique de la baie d’Ungava. Longue de 93 km et entrecoupée de rapides, la rivière Tuttutuuq, en élargissant, crée le lac du même nom, à 20 km en amont de l’embouchure. Cette rivière rejoint la baie d’Ungava en un point de la côte situé à 80 km à l’est-nord-est de Kuujjuaq, entre les rivières de la Baleine et George. La pointe Tutturuuq, quant à elle, prolonge le côte ouest de la baie Alukpaluk où se déverse à Yiyyiyiiq. De langue innuite, ce nom signifie qui appartient au domaine des caribous. Tuttutuup Kuunga (la rivière), Tuttutuup Nuvua (la pointe) et Tuttutuup Tasinga (le lac) sont les toponymes d’usage courant chez les Inuits. C’est en 1956 que la Commission de géographie du Québec avait accepté le nom Rivière Tuctuc, forme ancienne du nom officiel actuel. On connaît aussi les variantes Tuktuk, Tuktokuk et Tuktukuk.

Passe Peregrine

Passe du Nord-du-Québec, située à 115 km au nord-ouest de Kuujjuaq. Longue de 20 km et large de 1,75 à 4,5 km, elle permet le passage de la baie aux Feuilles à la baie d’Ungava, entre les îles Qikirtajuaq et Tiercel. Cette dernière appartient aux îles Gyrfalcon dont le nom, avec Tierecel et Peregrine, évoque le vocabulaire de la fauconnerie, ces trois termes anglais signifiant respectivement gerfaut, tiercelet (c’est-à-dire un faucon mâle) et faucon pèlerin). Le nom d’origine, Peregrine Sound, a été accepté par la Commission de géographie du Québec en 1951. Ce n’est toutefois qu’en 1989 que la Commission de toponymie, l’a inclus pleinement dans la nomenclature géographique officielle du Québec, avec le générique français qu’on lui connaît. Il existe aussi une autre appellation pour cette passe, Ikirassaluk, nom inuit qui veut dire « la grande passe ».

Rivière Daniélou

Le lac Tasirpaarusiq, situé à près de 65 km au sud-est de l’endroit où la rivière à la Baleine disparaît dans la baie d’Ungava, constitue la principale source de ce petit cours d’eau. Long d’environ 15 km, il coule vers le nord-ouest, crée le lac Maujarjuaq et termine sa course dans la Qurlutuq, rivière qui se jette dans la baie d’Ungava. Paru vers la fin des années 1950, cet hydronyme honore la mémoire du jésuite français Jean-Pierre Daniélou. Né à Brest le 15 juillet 1696, il arrive jeune à Québec et enseigne les humanités au collège des Jésuites de 1715 à 1720. Il retourne ensuite en France étudier la philosophie et la théologie. Ordonné prêtre en 1727, le père Daniélou revient dans la colonie laurentienne dès l’année suivante. On lui confie en 1731 la mission de la rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), en particulier Médoctec, village fortifié permanent situé près de la rivière, habité par des Amérindiens malécites. Le missionnaire y demeure jusqu’en 1740. Il décède à Québec le 23 mai 1744.

Rivière Manereuille

Petit cours d’eau du territoire non organisé de Rivière-Koksoak, la rivière Manereuille, issue du lac du même nom, constitue une des nombreuses sources de la rivière à la Baleine qui se jette dans la baie d’Ungava. Elle parcourt une distance de 5 km suivant une orientation est-ouest. C’est la Commission de géographie qui, au début des années 1950, a attribué son nom qui rappelle Charles de Goudon de Jeu, vicomte de Manereuille, chevalier, seigneur du Grand Rosoy, enseigne de la compagnie de La Fouille dans le régiment de Carignan-Salières (1665). Ce personnage a été fort honoré dans la toponymie québécoise puisque l’on retrouve dans le même secteur les lacs Goudon, De Jeu, Grand Rosoy et La Fouille.

Lac Hasté

Ce lac d’une vingtaine de kilomètres de longueur fait partie d’un ensemble hydrographique fort complexe. À près de 600 m d’altitude, il baigne un terrain de gneiss granitique et de toundra. Situé à environ 160 km au nord du réservoir Manicouagan, il appartient cependant aux dernières kilomètres méridionaux du bassin hydrographique de la Koksoak qui se rattache à la baie d’Ungava. Cette appellation apparemment exotique n’est autre que celle d’un pionnier originaire de Paris, tué par les Iroquois le 27 juin 1662 ; on ignore où et dans quelles circonstances ce drame s’est déroulé.

Lac La Jannaye

Situé près de la ligne de partage des eaux entre la baie d’Ungava et la mer du Labrador, à environ 80 km au nord-ouest de Fermont, ce plan d’eau du Nord québécois fait partie du territoire non organisé de Caniapiscau. Le lac La Jannaye présente un contour très irrégulier, comprenant plusieurs îles dont l’une s’élève à 40 m au-dessus du niveau du lac. Il s’étire sur plus de 25 km de longueur et atteint une largeur de 3,4 km à son extrémité sud. Les eaux se déchargent vers le lac Pouterel, dans le bassin de la rivière Caniapiscau. L’appellation de ce lac a été officialisée peu avant 1945. Elle se rattache à Étienne Chaton de La Jannayé, capitaine de la Marine royale et maître pilote de Saint-Malo. Même s’il n’est apparemment jamais venu au Canada, il y a obtenu en janvier 1588 certains privilèges du roi, en association avec Jacques Noël, neveu et prétendu héritier des droits de Jacques Cartier. Il s’agissait d’un monopole du commerce des fourrures et des mines ; en retour, les associés s’étaient engagés à bâtir des forts et à peupler le pays. À cause des vives protestations des marchands de Bretagne, notamment de Saint-Malo, qui voulaient la liberté de commerce et s’opposaient à la colonisation, Henri III est revenu sur sa décision quelques mois plus tard et n’a laissé aux deux associés que leurs privilèges sur les mines, auxquels ils ont peu après renoncé.

Rivière de Thury

Du lac Aqutik où elle prend sa source, cette rivière parcourt environ 90 km avant de se déverser dans la rivière Arnaud, non loin au sud-ouest de Kangirsuk, sur la rive occidentale de la baie d’Ungava. Adopté en 1955, le toponyme évoque Louis-Pierre Thury (vers 1644-1699), missionnaire d’origine normande arrivé à Québec en 1675. Envoyé en Acadie en 1684, il contribua à diverses occasions à maintenir les Abénaquis sous l’influence française. Nommé vicaire général de l’évêque de Québec et supérieur des missions d’Acadie en 1698, l’abbé Thury, décédé à Chibouctou (Halifax aujourd’hui) l’année suivante, n’eut pas le temps de réaliser tous ces projets, celui notamment de regrouper les Micmacs dans une vaste mission près du bassin des Mines. Variante : Akulujjuup Kuunga.

Rivière False

Longue de 125 km depuis les lacs Turgis, cette rivière se déverse dans la baie d’Ungava, à quelque 55 km au nord-nord-est de Kuujjuaq. C’est le premier cours d’eau d’importance à l’est de la Koksoak. Cette situation est d’ailleurs à l’origine de son nom False, c’est-à-dire «fausse » dans le sens de trompeuse, allusion directe au fait que des navigateurs se sont souvent mépris sur l’embouchure très large de la rivière, plus vaste encore que celle de la Koksoak, croyant entrer dans cette dernière. C’est en 1945 que la Commission de géographie du Québec a accepté le nom Rivière False. On retrouve le nom False R. inscrit sur la carte 24 N-W intitulée Fort-Chimo et publiée en 1946 par le ministère fédéral des Mines et des Ressources. Il s’agit de la plus ancienne attestation connue. Les Inuits la connaissent sous les noms d’Assaasijuq ou d’Assaasijuup Kuunga. Ce sont des noms difficiles à traduire. Ils font écho à une réalité nordique bien particulière, celle du passage d’un troupeau de caribous dont la masse en déplacement suggère que le paysage lui-même avance ou bouge comme une multitude de rouleaux.

Lac Payne

D’une superficie de 513 km carrés, longue de 103 km et large de 12 km, cette nappe d’eau de la région administrative du Nord-du-Québec, sise à environ 180 km à l’est de la baie d’Hudson, rejette son trop-plein dans la baie Payne, un rentrant de la baie d’Ungava, par la rivière Arnaud, dont elle constitue la principale source. Plusieurs îles et presqu’îles se retrouvent dans ce lac tout en longueur formé, en fait, de deux parties réunies par un passage plus ou moins étroit. Son étendue lui a valu, chez les Inuits, le nom de Tasirruaq, « le grand lac ». On relève également, dans un rapport daté de 1927, la forme Tasurak. Paraissant dans des documents cartographiques au moins depuis 1911, cet hydronyme est adopté par la Commission de géographie en 1945 afin d’honorer la mémoire de Frank F. Payne. Né en 1855 dans le Surrey en Angleterre, il se joint au Service météorologique canadien, à Toronto, dès 1877. Huit ans plus tard, Payne participe à l’expédition dirigée par le lieutenant Andrew Gordon dont l’objectif est de déterminer les périodes de l’année où le détroit d’Hudson est ouvert à la navigation. Il devient alors responsable de la station météorologique de la baie Stuart, située au nord-ouest de la baie d’Ungava, et y passe notamment l’hiver 1885-1886. Lors de son séjour, il a l’occasion d’explorer la région de la baie Payne et d’observer la flore et la faune de ce territoire nordique. Il rédige d’ailleurs un article sur les Inuits du détroit d’Hudson, publié en 1899 dans « Proceedings of the Canadian Institute ». Payne quitte le service en 1922.

Lac Gabriel

Cette étendue d’eau de 36 km carrés est située à environ 20 km au nord-ouest de Kuujjuaq dans une région de plateaux d’une altitude moyenne de 150 m. Elle draine plusieurs lacs situés au sud et se déverse dans le lac Berthier pour alimenter la rivière Nepihjee quelques kilomètres en amont de son embouchure dans la baie d’Ungava. Même si on trouve une dizaine de plans d’eau ainsi dénommés au Québec, l’origine de ces noms varie. L’appellation de ce lac a été décidée par la Commission de géographie en 1951 ; elle rappelle un des navires de sir Martin Frobisher (vers 1539-1594) qui prirent part à ses explorations des terres arctiques en 1576, 1577 et 1578. Le Gabriel était un bateau de vingt tonneaux qu’il avait fait construire pour ces expéditions. C’est à bord de ce navire qu’il entreprit son premier voyage, au cours duquel il atteint la terre de Baffin avec sa flotte de trois unités. L’année suivante, il se rend au Groenland où il découvre de la marcassite, un composé de fer utilisé en bijouterie. Il y retourne pour fonder une colonie et exploiter une mine mais ces tentatives n’ont pas connu de suite. Les Inuits dénomment ce lac Qingaujaq ou Quingaujaup Tasing qui signifient lac ressemblant à un nez.

Lac Guers

Le lac Guers est situé au sud de la baie d’Ungava. Un paysage essentiellement dénué d’arbres entoure cette étendue d’eau de 46 km carrés. Sa configuration est complexe et il comprend de nombreuses baies, îles et presqu’îles. Il avoisine au sud le lac la Moinerie ainsi qu’à l’ouest le lac Saffray et se décharge dans la rivière Danguy qui rejoint ensuite la rivière Marralik, laquelle se déverse dans la baie d’Ungava. Cette appellation remonte à 1944. Jean-Baptiste de Guers était chargé d’affaires du duc de Montmorency, vice-roi de la Nouvelle-France, quand il arriva à Québec en 1620 sur le même bateau qui ramenait Samuel de Champlain. Il fut par la suite capitaine du seul bateau de pêche qui Champlain possédait dans le golfe du Saint-Laurent. Capturé par des commerçants basques en 1623, il fut conduit avec son navire sous les canons du site fortifié de l’île Saint-Jean (île du Prince-Édouard). Les Naskapis désignent ce plan d’eau par le nom Ministikuch, qui se traduit par « petite île » ; ce lac en contient effectivement une multitude. Pour leur part, les Inuits l’appellent Qaarliik, ce qui signifie « culotte » et pourrait évoquer la forme de la portion nord-ouest du lac.

Lac Koenig

Cette étendue d’eau est située dans la péninsule d’Ungava, à la hauteur d’Akulivik, sur la côte nord-est de la baie d’Hudson. Le lac Koenig forme un quadrilatère grossier de 4,5 km sur 2,9 km ; ses eaux s’écoulent dans la rivière Sorehead, qui se jette dans la baie d’Hudson. Ainsi désigné en 1945, il rappelle John Van Koenig, qui a participé aux trois expéditions du capitaine Joseph-Elzéar Bernier dans les mers arctiques en 1906-1907, 1908-1909 et 1910. Koenig était chef ingénieur sur l’Artic, vapeur de 650 tonnes à bord duquel une vingtaine d’hommes naviguaient. Ces entreprises avaient pour but d’exercer la souveraineté canadienne dans l’océan Arctique par la reconnaissance et la prise de possession de territoires partiellement explorés, par l’approvisionnement de postes de relais et par l’établissement de relations avec les populations autochtones.

Dans ces noms viellots, puisés à même une vieille terre, et qui me touchent encore, il y a la trace d'un cordon ombilical que la ville n'en finit jamais tout à fait de trancher. Photographie de la baie d'Ungava par Megan Jorgensen.

Dans ces noms vieillots, puisés à même une vieille terre, et qui me touchent encore, il y a la trace d’un cordon ombilical que la ville n’en finit jamais tout à fait de trancher. Photographie de la baie d’Ungava par Megan Jorgensen.