Agriculture canadienne dans l’économie britannique

L’agriculture canadienne dans l’économie britannique après la Conquête

Au moment où le Canada passe entre les mains de l’Angleterre, on peut se demander quel rôle les Canadiens se voient appelés à jouer dans l’immense empire économique que les Anglais sont à établir à travers le monde. L’économie canadienne reste actuellement assise sur quatre piliers. Tout d’abord, c’est le commerce des fourrures. Tout comme les pêcheries, le commerce du bois, l’agriculture.

Alors que le rôle immédiat du commerce apparaît très nettement, qu’il s’agisse d’ailleurs du bois, du poisson ou des fourrures, la place de l’agriculture canadienne dans l’organisation économique de l’empire britannique ne semble pas aussi facile à déterminer.

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On accepte le principe qu’une colonie se met essentiellement au service de la métropole. On comprend que l’agriculture coloniale devra surtout s’orienter vers la production des denrées dont la métropole a le plus besoin. Soit pour son alimentation, soit pour la production manufacturière d’objets de toutes sortes. Elles les écoulera donc ensuite sur tous les marchés du monde, y compris les marchés coloniaux.

Envisageant l’agriculture canadienne dans cette perspective, le général Murray écrivait, dans son rapport de 1762, que le Canada pourrait très bien se situer dans la structure économique de l’empire anglais. Murray disait en effet : « On cultive le chanvre et le lin dans certaines parties de la contrée et plusieurs des terres sont très bien entretenues pour ce genre de produits. Il sera avantageux d’encourager le peuple à se livrer à la culture de ces produits si utiles à l’Angleterre et pour lesquels elle paye tous les ans de fortes sommes aux pays étrangers. Des primes distribuées avec discernement, et quelques Allemands et quelques Russes très versés dans ce genre de culture, qu’on encouragerait à venir s’établir ici, ne manqueraient pas de donner de l’impulsion à cette très utile branche de l’agriculture.

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« Ce genre d’industrie occuperait les femmes et les enfants pendant les longs hivers à préparer le lin et le chanvre pour l’exportation, les détournerait de se livrer à la confection d’articles grossiers pour leur propre usage et leur permettrait d’acheter des articles manufacturés, qu’on importerait d’Angleterre. »

Comme on peut le constater, Murray voit très clairement le rôle que doit jouer un peuple colonial vis-à-vis la métropole : produire les articles dont la métropole a le plus grand besoin et acheter les produits que la métropole fabrique en grande quantité.

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Murray va jusqu’à souhaiter qu’on occupe suffisamment les femmes des paysans canadiens pour que ceux-ci ne fabriquent plus chez eux les vêtements dont ils se servent et soient forcés de les importer d’Angleterre.

Cela nuirait à la saine expansion de l’économie dans la colonie mais le problème n’est pas là. Une colonie n’existe pas pour grandir et prospérer, elle existe pour faire grandir et prospérer la métropole.

Les intentions du général Murray, au moment où il écrivait ces lignes, étaient peut-être des plus pures. Mais nous ne saurions accepter qu’on fasse disparaître d’une façon aussi cavalière l’artisanat canadien au profit des grandes industries textiles de l’Angleterre.

(Source du texte : Boréal Express).

Voir aussi :

À compléter la lecture :

Agriculture canadienne dans l'économie britannique
llustration : L’Encyclopédie, dans un article consacré à l’agriculture, en 1762, faisait le bilan des progrès réalisés dans ce domaine en France. La gravure ci-haut, que nous avons puisée dans l’ouvrage de Diderot, d’Alembert et Cie, illustre quelques instruments en usage : le javelier, le rateau, la fourche, le trident, la faucille, etc.

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